Qui ne gueule pas la vérité dans un langage brutal quand il sait la vérité se fait complice des menteurs et des faussaires. (Charles Péguy)

 

  

 

Documentation de Mars 2003 à Décembre 2003.

 

 

DOCUMENTATION EN RAPPORT AVEC LA MYOFASCIITE A MACROPHAGES ET LE VACCIN CONTRE L'HÉPATITE  B.

 

 

 

AVERTISSEMENT.

TOUS LES DOCUMENTS CITES SUR CE SITE, NE SONT QUE DES EXTRAITS, QUI, ONT ETE TIRES DE LIVRES, BROCHURES, REVUES, JOURNAUX ET CERTAINS SITES WEB. TOUT LE MERITE REVIENT, A LEURS AUTEURS ET EDITEURS. 

  

 

L'IMPATIENT ( REVUE ALTERNATIVE SANTE ).

Mars 2003 N° 298 pages n° 11 et 12

 

LE LABORATOIRE PASTEUR A NOUVEAU CONDAMNE

Dans un jugement clairement motivé, le tribunal de Nanterre vient une nouvelle fois de reconnaÎtre le lien de causalité entre la vaccination anti-hépatite B et la maladie dont souffre une de ses victimes.

 

« C'est une grande victoire. Je suis très contente, parce que c'est une reconnaissance pour moi, mais aussi, parce qu'elle donne de l'espoir pour l'avenir pour d'autres victimes du vaccin anti-hépatite B souffrant de rectocolite hémorragique » (1). Anne Toczé ne cache pas sa joie de voir aboutir cinq trop longues années de procédure à l'encontre du laboratoire Pasteur-Vaccins (2). Le jugement rendu le 20 décembre dernier est clair, net et précis sur la responsabilité de celui-ci.

 

«  Attendu que [. ..} les présomptions réunies au profit de Madame Toczé [. ..} doivent être jugées suffisamment graves, précises et concordantes pour qu'il soit admis qu'a été ainsi rapportée pour elle la preuve d'un lien de causalité de la vaccination de juin-août 1995 à la révélation d'une rechute de rectocolite hémorragique du 18 septembre 1995 [. ..] », le tribunal de grande instance de Nanterre" déclare la Société Pasteur- Vaccins responsable du préjudice subi par Madame Toczé à l'occasion de sa vaccination par le produit Genhevac B ..

 

Des douleurs épouvantables.

1995 : la  campagne  de  vaccinations  contre  l'hépatite  B  bat son plein. Kinésithérapeute, Anne Toczé entend dire qu'elle fait partie des professions exposées. Dès la première injection, elle est atteinte d'une diarrhée importante.

 

 « Le lendemain de la seconde injection, je suis clouée au lit par un nouvel épisode diarrhéique avec douleurs épouvantables au rectum.

Je suis hospitalisée quelques jours plus tard. Pendant six mois, c'est l'horreur, Outre la reprise de ma RCH, j'ai d'autres manifestations d'origine auto-immune, notamment des douleurs arthritiques.

Pendant deux ans, je suis un traitement de corticoïdes à haute dose, que je ne pourrais progressivement diminuer que grâce à un traitement de micro - immunothérapie. » (3).

 

Certes, il s'agit d'une rechute de sa RCH : Anne Toczé avait déjà subi, en 1981, une première atteinte de cette maladie auto-immune grave. Mais, à la suite d'une intervention chirurgicale (ablation du côlon), sa maladie était stoppée depuis quatorze ans.

 

Le jugement du tribunal se fonde notamment sur un rapport d'expertise qu'il avait ordonné à la suite d'une demande du fabricant. « Les experts ont bien fait leur travail, mais le représentant de Pasteur n'a cessé de me dénigrer pendant toute la durée de l'expertise, avec des propos très inhumains à mon égard. »

Leurs conclusions ont été toutefois plus que mesurées, puisqu'ils estimaient qu'il ne pouvait être formellement affirmé un lien de causalité direct et certain, ni que puisse être formellement éliminé ce lien. Mais le tribunal de Nanterre a tranché nettement en faveur de ce lien.

 

Répondant par avance à une objection constamment avancée par les fabricants du vaccin et de nombreux médecins, il précise que « le tribunal ne saurait fonder son jugement sur le constat d'une impossibilité de la science médicale à reconnaître un lien de causalité direct et certain » .

«  Dès lors qu'existe une possibilité de lien de causalité {...], il appartient au tribunal d'en vérifier les éléments constitutifs par tous moyens de preuve réguliers, notamment par présomptions graves, précises et concordantes . » 

 

Vaccin mis en cause dans différentes Maladies auto-immunes.

Parmi les éléments de preuve qu'il retient, le tribunal note par exemple que l'expertise constate l'absence d'autres causes, et que la documentation scientifique et médicale ainsi que les études épidémiologiques « n'éliminent pas des cas rares, voire exceptionnels, dont te vaccin pourrait être ta cause ». La rareté des cas comme celui de Mme Toczé n'est pas un élément de preuve de l'inexistence du préjudice individuel, souligne-t-il par ailleurs.

 

Les laboratoires Pasteur-Vaccins sont condamnés à verser à Mme Toczé une somme de 51 000 euros pour son préjudice personnel, ce qui est évidemment très peu face à l'épreuve qu'elle a dû traverser et qui s'est soldée par une invalidité empêchant la reprise de son activité professionnelle.

 

Anne Toczé a vu son état aggravé par un cancer du col utérin qui sera opéré début 1998. Même si le lien entre ce cancer et la vaccination n'a pas été retenue par le tribunal, comment ne pas penser que son état physique et psychologique ainsi que les traitements de sa RCH ont pu jouer un rôle dans ces nouveaux problèmes ?

 

Il est fort probable que les laboratoires feront appel de la décision du tribunal de Nanterre. Mais Anne Toczé est décidée à se battre jusqu'au bout. Elle a créé à cet effet « RCH Association »  qui a pour but de rassembler les victimes du vaccin hépatite B atteintes de RCH ( lire encadré ). Elle entend ainsi rappeler que ce vaccin n'est pas seulement mis en cause dans le déclenchement de cas de scléroses en plaques, mais aussi de différentes maladies aut-immunes comme la sienne.

 

ENCADRÈ

 

UNE NOUVELLE ASSOCIATION DE VICTIMES DU VACCIN ANTI-HEPATITE B.

RCH Association a pour objectif de défendre les victimes de vaccin hépatite B atteintes de rectocolite hémorragique (voir note 1) après ce vaccin ou éventuellement une autre vaccination. La création de l'association a pour but de recenser et rassembler ces victimes, afin que les cas soient étudiés de manière précise par les spécialistes de l'épidémiologie.

« Nous voulons aussi aider les victimes à se défendre au niveau juridique et à trouver des solutions thérapeutiques à cette maladie très difficile à soigner. J'ai moi-même bénéficié avec succès de la micro-immunothérapie. Bien entendu, nous travaillerons avec les autres associations de victimes du vaccin hépatite B, comme le Revahb », explique Anne Toczé. 

RCH Association

18, rue de la Gobeline

Bretonville

78660 Boinville-le-Gaillard  Tel :01 - 30 - 59 -1 6 - 75

E-Mail : annesti@wanadoo.fr

 

(1) La RCH est une maladie auto-immune qui se traduit par des lésions au niveau du côlon et du rectum et des diarrhée hémorragiques qui évoluent par poussées.

(2) Nous avions donné un premier témoignage d'Anne Toczé en octobre 1997.

(3) La micro-immunothérapie est dérivée de l'homéopathie voir les numéros 278 (mai2001) et 290 (juin 2002).

Régis Pluchet 

 

LE GENHEVAC EST-IL UN VACCIN DEFECTUEUX ?

«  C'est un véritable acharnement qui s'exerce contre moi. » Auteur d'un rapport retentissant concernant le vaccin hépatite B (1), le Dr Girard s'expliquait le 22 janvier dernier devant la cour d'appel de Versailles sur le montant des frais d'expertise qu'il réclame dans l'affaire Lainier, 30 000 euros, une somme que le laboratoire Pasteur-VaccIns juge excessive atteinte d'un syndrome de Guillain-Barré, après vaccin anti-hépatite B, Mme Lainier a été, il y a six ans, la première victime à gagner un procès contre un laboratoire (2). Son affaire doit venir en appel en mai prochain.

 

Le Laboratoire a déjà essayé par deux fois d'obtenir que je sois récusé dans cette affaire  dénonce le Dr Girard, qui explique: " Je suis le seul expert à avoir demandé l'ensemble du dossier d'autorisation de mise sur le marché du vaccin Genhevac."

Il lui a fallu près de trois cents heures pour analyser l'ensemble de ces pièces - qui remplissent deux volumineux cartons et rédiger son expertise. Résultat: " le Genhevac est un produit défectueux et iatrogène ", assure le Dr Girard qui met en cause les conditions dans lesquelles il a été mis sur le marché : " Pasteur a obtenu qu'il soit prescrit selon un schéma vaccinaI aberrant: quatre injections au lieu de trois dans tous les autres pays.

 

Cette injection supplémentaire a potentialisé la toxicité du vaccin. " Des accusations graves qui seront développées lorsque la cour d'appel de Versailles se réunira pour examiner la plainte de Mme Lainier, en mai prochain.

(1) ALTERNATIVE Santé – L’Impatient  n° 297, décembre 2002.

Régis Pluchet

 

L’IMPATIENT ALTERNATIVE SANTE

Adresse : 11, Rue Meslay

75003 Paris Tel : 01- 44- 54- 87- 00

 

Site : http://www.alternative-sante.fr

 

 

 

MEDECINES NOUVELLES.

1er Trimestre 2003 Revue N° 110  Pages N) 17 à 33.

 

LE MEDECIN DU TRAVAIL ET LES VACCINATIONS

UNE LEGISLATION SOUVENT CONTOURNEE.

Si les  vaccins de routine sont administrés avant tout aux enfants, il ne faut pas oublier que les adultes subissent de plus en plus de pressions vaccinales pour certaines injections de rappel ou pour des vaccins plus spécifiques comme celui contre la grippe ou le pneumocoque. La médecine du travail, dans sa démarche de prévention des risques professionnels, participe à cette incitation et se charge du contrôle des vaccinations des adultes dans le cadre professionnel et des jeunes qui suivent des études professionnalisées. Il nous a paru important de faire le point son rôle au regard des vaccinations.

 

Le médecin du travail est le conseiller de la direction, des chefs de service, du comité d'entreprise, des délégués du personnel, du comité d'hygiène et de sécurité, des services sociaux. Quand la ou les causes de nocivité ou de désadaptation ont été décelées, le médecin du travail doit les faire disparaître. Pour cela, quels sont ses moyens ?

Il ne prend pas lui-même les mesures destinées à remédier aux lacunes ou aux défectuosités trouvées. Mais il doit signaler ces défectuosités ainsi que les remèdes qu'il propose à la personne capable de les ~faire cesser. Il doit respecter le secret médical de façon absolue.

 

Le médecin du travail est un médecin comme les autres, il fait des diagnostics et des pronostics. Mais il ne traite pas avec des médicaments ou des opérations. Il n'est habilité qu'à donner des soins d'urgence dans le cadre de l'entreprise. La loi du 11 octobre 1946 dit: ". ..médecin du travail dont le rôle exclusivement préventif consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs."

 

Un rôle social et médical défini par décret.

Ses  armes  sont  les  améliorations  des  conditions  de  travail  ou  les  mutations  de  poste. Mais l'importance sociale de ses  conclusions et de ses soins est, souvent, au moins aussi grande que celle de certaines conclusions thérapeutiques.

Le médecin du travail doit obligatoirement faire partie du Comité d'hygiène et de sécurité et doit participer activement  à ses travaux. Il a son rôle à jouer dans la propagande et dans l'éducation de la prévention.

Il est qualifié pour prendre des mesures de prévention médicales lorsqu'il le juge nécessaire pour protéger la santé d'un  travailleur ou lorsque celui-ci, pour des raisons médicales individuelles, risque de constituer un danger pour la santé.

 

Page n° 18

VACCIN ANTI-HEPATITE B ET APTITUDE AU TRAVAIL LE CAS DE MADEMOISELLE L.

Sous la signature du Pr Jean-François Caillard, les laboratoires Pasteur Mérieux MSD ont fait para!tre sous la rubrique "Le cercle de la Vaccination" un article où est évoqué le cas de Mademoiselle L., née en 1954. Elle travaille dans un cabinet dentaire depuis plusieurs années. Elle se fait vacciner contre l'hépatite B et reçoit une première injection de Hévac B en 1986.

 

Le lendemain et pendant 48h surviennent des nausées et vomissements, asthénie marquée et sensations vertigineuses. La deuxième injection est réalisée le mois suivant: des réactions identiques, plus marquées  s'accompagnent d'une perte de poids de 3 kg. Il est alors décidé de surseoir à la troisième injection, qui ne sera réalisée que 4 ans plus tard. Cette injection est suivie d'une réaction d'intolérance identique, mais plus immédiate et beaucoup plus violente, justifiant un alitement de 4 jours.

 

Une vérification du titrage d'anticorps anti HBs révèle un taux de protection insuffisant bien que non nul (8, 7% mUI/ml).  Cette situation amène le médecin du travail à décider d'une inaptitude pour contre-indication vaccinale définitive, ce qui amène l'employeur à envisager le licenciement. Le médecin traitant fait appel à la Consultation de Pathologie Professionnelle et d'Aptitude au Travail du CHU lequel propose une nouvelle injection de Genhévac sous surveillance  médicale stricte.

 

Celle-ci est réalisée au cours d'une hospitalisation de 48 h au CHU. L'injection est faite en deux fois et ne s'accompagne d'aucune symptomatologie. Le titrage d'anticorps fait 6 semaines après a permis de conclure à un taux protecteur (>150 mUI/ml).

La levée de l'inaptitude est obtenue et la patiente conserve son emploi.

L'histoire ne dit pas si la patiente a conservé sa santé !

Quotidien du Médecin (n" 6221 du 12/2/98 p. 9)

 

  Page n° 19 , 20 et 21

La  sécurité  des  autres.  Le  chef  d'entreprise  est  tenu  de  prendre  en  considération  les  avis  qui  lui  sont présentés par le médecin  du travail.

Le Décret du 13 juin 1969 relatif à l'organisation des services médicaux du travail définit les moyens d'action du médecin du travail. Celui-ci peut demander, aux frais de l'entreprise, des examens complémentaires nécessaires soit à la détermination de l'aptitude médicale soit au dépistage des maladies de caractère professionnel.

 

Médecine du travail et Fonction publique.

Le code du travail n'étant pas applicable aux administrations, les fonctionnaires des services administratifs de l'Etat et de ses établissements publics en ont longtemps été privés. Dans les années 80 les négociations avec l'Etat aboutirent à la signature du décret du 28 mai 1982 qui instaurait la médecine préventive dans la fonction publique. Peu efficace faute de moyens, il fallut d'autres négociations entre le ministère et les fédérations de fonctionnaires pour aboutir le 28 juillet  1994 à la signature d'un protocole d'accord renforçant le rôle de la médecine préventive.

 

A cette occasion le ministre d'alors, André Rossinot, avait reconnu en substance "qu'il n'y a pas de différence fondamentale en matière de risques  entre les fonctionnaires et les salariés du secteur privé". Le protocole prévoyait: une visite médicale annuelle obligatoire pour les agents les plus exposés et une visite tous les cinq ans pour les autres. Ces dispositions, ont été reprises dans le décret n° 95-680 du 9 mai 1995. Mais vu le nombre de fonctionnaires et vu le nombre de médecins de médecine préventive, tous débordés, les mesures énoncées dans le décret ne sont pas mises en application. Rappelons qu'il n'y a pas de vaccins obligatoires pour les fonctionnaires, aucune loi ne les exigent.

 

Des Académies bien trop zélées !

Néanmoins, il semblerait aujourd'hui que certaines Académies se montrent zélées et plus exigeantes sur les vaccinations lors de l'inscription aux concours de l'enseignement Capes, Agrégation etc...).

Ainsi, l'Académie de Nice a-t-elle envoyé la lettre suivante aux candidats : "Vous devez effectuer une visite médicale obligatoire dans le mois qui suit votre prise de fonction. Pour ce faire, vous devez vous présenter, dans les plus brefs délais, chez un médecin agréé muni des documents suivants :

-compte rendu d'interprétation d'un cliché thoracique de face datant de moins de 3 mois et effectue chez un radiologue ou dans un dispensaire (il est inutile d'apporter la radio elle même), -test du BCG positif datant de moins de 5 ans, vaccination ou rappel du tétanos-poliomyélite datant de moins de 10 ans, - la vaccination contre l'hépatite B n'est pas obligatoire mais elle est conseillée. Votre titularisation est assujettie à cette visite médicale" Qu'une visite d'embauche permettant d'établir une aptitude à l'emploi soit exigée, c'est un fait acquis pour tous les salariés, mais, en l'occurrence, exiger des vaccinations à jour, alors qu'il n'existe aucune obligation légale, cela s'apparente à de l'abus de pouvoir.

 

Les visites médicales dans le cadre professionnel.

Toutes  les  entreprises  doivent  inscrire  leurs s alariés  à  la  médecine  du  travail,  c'est  une  des  démarches  obligatoires  à l'embauche.

Le salarié doit passer les examens obligatoires. Il doit en subir un soit à l'embauche, soit au plus tard à la fin de la période d'essai (art. R 241-48 du Code du travail). Une autre visite sera faite dans les douze mois après l'embauche et renouvelé tous les ans.

 

Un salarié peut demander à voir le médecin du travail à tout moment. Après l'examen médical du salarié, le médecin du travail établit une fiche d'aptitude en double exemplaire. Il est soumis au secret professionnel et ne doit communiquer les dossiers médicaux qu'aux médecins-inspecteurs régionaux ou à tout médecin désigné par le salarié. Le refus par le salarié de se soumettre à cette visite obligatoire constitue un motif réel et sérieux de licenciement (Cour de cassation 29 mai 1986).

 

Un examen est également prévu à la reprise du travail après une absence due à une maladie professionnelle ou à un accident du travail. Si au cours de cette visite le salarié est reconnu inapte à la reprise, une seconde visite aura lieu deux semaines plus tard.

Entre-temps, une étude sera engagée par le médecin du travail et si après la seconde visite le salarié est toujours inapte, l'employeur dispose d'un mois pour trouver au salarié un poste adapté à ses nouvelles aptitudes de travail compatibles avec son état de santé. Il peut aussi lui proposer une modification de son contrat de travail (mutation, aménagement du temps de travail...). Ce n'est que si ce reclassement est impossible ou si le salarié le refuse qu'un licenciement peut être envisagé.

 

Pendant son arrêt de travail et en attente du résultat des deux examens médicaux, l'employeur doit reprendre le versement du salaire. Par deux arrêts, la Cour de cassation (10/2/98 et 19/5/98) affirme sans ambiguïté que le salaire correspond à un montant forfaitaire et ne peut subir aucune réduction.

 

L'obligation uniquement déterminée par l'exposition au risque.

Ne relèvent  de  la  compétence  du  médecin  du  travail  que  les  vaccinations  liées  à  l'exercice de la profession. L'obligation vaccinale est uniquement déterminée par l'exposition au risque. L'évaluation du risque est de la responsabilité de l'employeur. Le médecin du travail est amené à proposer ou à pratiquer les vaccinations, avec le consentement des travailleurs, dans le but exclusif de prévention des risques professionnels. Il conseille la vaccination en fonction des agents biologiques et du risque de contamination selon les données scientifiques disponibles, et du risque individuel aux postes exposés.

En aucun cas la vaccination ne peut se substituer à la mise en place d'une protection collective et individuelle efficace, elle ne peut que renforcer cette protection (circulaire du ministère de l'emploi du 26 avril 1998).

 

Une législation claire sur la surestimation des risques.

Depuis le 15 mars 1993, les infirmières sont habilitées à vacciner sur prescription médicale. Mais le salarié conserve le libre choix du médecin vaccinateur. La secrétaire d'Etat à la santé avait souligné, dans une réponse à la question du parlementaire Gilbert Meyer, que l'obligation vaccinale était une obligation contractuelle du salarié [question n° 33977 du 16 août 1999 réponse du JO le 22 mai 2000 p.3133].

 

Gilbert Meyer rappelait, dans sa question, que la responsabilité du médecin du travail pouvait être engagée en cas de surestimation des risques (accident vaccinai survenant alors que la vaccination est simplement recommandée) ou en cas d'inapplication des textes (sujet contractant une maladie dans le cadre de son travail alors que le vaccin, théoriquement obligatoire, présentait selon le médecin un certain nombre de contre-indications pour l'individu concerné et n'a, de ce fait, pas été administré ).

 

A propos des vaccinations obligatoires des personnels de santé.

Un arrêté du 26 avril 1999 (JO du 5 mai 1999) précise les modalités de l'obligation vaccinale des personnels de santé définie par l'article L.10 (devenu L. 3111- 4) du Code de la santé publique.

Est concernée par cette obligation vaccinate : "toute personne qui, dans un établissement ou un organisme public ou privé de soins ou de prévention, exerce une activité susceptible de présenter un risque d'exposition à des agents biologiques tels que le contact avec des patients, avec le corps de personnes décédées ou avec des produits biologiques soit directement (contact, projections), soit indirectement (manipulation et transport de dispositifs médicaux, de prélèvements biologiques, de linge ou de déchets d'activité de soins à risque infectieux)". Le médecin du travail apprécie individuellement le risque en fonction des caractéristiques du poste et recommande les vaccins nécessaires. 

Des effets indésirables curieusement négligés. Cette obligation vaccinale concerne l'hépatite B, la diphtérie, le tétanos et la polio-myélite.

 

Page n° 22

Vaccins auxquels s'ajoute celui contre la typhoïde pour les personnes travaillant dans les laboratoires d'analyses de biologie médicale. Le personnel médical doit en outre être vacciné par le BCG (art.L.3112-1 et 2).

La vaccination peut être réalisée par le médecin du travail ou tout autre médecin, selon le choix de l'intéressé. La preuve de la vaccination est apportée par une attestation médicale comportant la dénomination de la spécialité utilisée, son numéro de lot, les doses et les dates des administrations. Dans le cas de l'hépatite B, le résultat du contrôle du taux d'anticorps antiHBs doit être fourni par les personnes vaccinées après l'âge de 25 ans.

 

Ce contrôle doit être fait un ou deux mois après le dernière injection. Le taux considéré comme protecteur est de 1OmUI/ml. Mais le Comité technique des vaccinations précise que les études biologiques ont montré que la diminution du taux d'anticorps au-dessous du seuil de 1OmUI/ml ne signifie pas l'absence de protection.

Il ajoute aussi qu'il existe une absence actuelle d'arguments scientifiques justifiant le maintien des rappels et qu'il n'est pas possible d'exclure formellement d'effets indésirables liés à la vaccination [BEH n° 31 du 4 août 1998].

 

La preuve de la vaccination doit être apportée au moment de l'entrée en fonction des personnes concernées ; dans le cas contraire, la personne ne peut exercer les activités à risque d'exposition.

L'obligation vaccinale ne s'impose pas aux personnes présentant une contre-indication à une ou plusieurs vaccinations. Le médecin du travail peut  être amené à proposer une nouvelle affectation pour ces personnes.

 

 

 

La liste des établissements concernés par l'obligation vaccinale.

Elle été précisée dans l'arrêté du 15 mars 1991. curieusement, cette liste ne mentionne pas les cabinets médicaux ni les pharmacies.

Etablissements relevant de la loi hospitalière.

Dispensaire ou centre de soins -PMI (protection maternelle et infantile).

Etablissements de soins dentaires -Etablissements sanitaire des prisons.

Laboratoires d'analyses de biologie médicale.

Centres et postes de transfusion sanguine.

Etablissements de conservation et de stockage de produits humains autres que sanguins.

Etablissements pour l'enfance et la jeunesse handicapée.

Etablissement et service d'hébergement pour adultes handicapés.

Etablissements pour personnes âgées.

Services sanitaires de maintien à domicile.

Etablissements de protection de l'enfance.

Etablissement de garde d'enfants d'âge préscolaire.

Etablissements de formation des personnels sanitaires.

Services communaux d'hygiène et de santé.

 

Page n° 23 et 24

Entreprises de transport sanitaire.

Service de médecine du travail.

Centre de médecine préventive scolaire.

Les blanchisseries.

Les entreprises de pompes funèbres.

Les entreprises de transport de corps avant mise en bière.

 

 

 

 

La liste des personnels soumis à l'obligation vaccinale.

Elle a été précisée dans l'arrêté du 23 août 1991 :

Médecins.

Chirurgiens dentistes.

Sages-femmes.

Aides soignants.

Ambulanciers.

Audio-prothésistes.

Auxiliaire de puériculture.

Ergothérapeutes.

Infirmiers diplômés d'Etat et infirmiers spécialisés.

Laborantins d'analyses médicales.

Manipulateurs d'électroradiologie médicale.

Masseurs kinésithérapeutes.

Orthophonistes.

Pédicures-podologues.

Pharmaciens.

 

 

Chez les sapeurs-pompiers : des vaccinations exigées abusivement.

Suite au recours déposé par ALIS, l'article 17 de l'arrêté du 6 mai 2000 a été modifié par l'arrêté du 1er  août 2002 (JO du 24 août 2002 p. 14121) lequel précise que les vaccinations jusque là exigées abusivement ne sont que recommandées: "En fonction de spécialités pratiquées et des risques de contamination encourus, le médecin sapeur-pompier chargé du contrôle de l'aptitude doit proposer les vaccinations adaptées, notamment: le BCG, la vaccination contre l'hépatite B, la leptospirose, l'hépatite A, la typhoïde, la méningite A et C, la rage.

 

Ces vaccinations n'ont pas un caractère obligatoire. En cas de refus, le médecin sapeur-pompier susvisé devra avertir l'autorité territoriale d'emploi". Il est important de faire connaître et de faire respecter cet arrêté, car dans certaines unités de sapeurs pompiers, il ne semble pas qu'on veuille en tenir compte, pour preuve un document fourni par un de nos adhérents, sous-officier de sapeur-pompier professionnel en Dordogne. Il s'agit d'une note de service mise à jour le 11 octobre 2002 où sont présentés comme obligatoires les vaccinations susmentionnées avec sanctions pour refus de vaccination.

"L'obligation d'immunisation est donc une obligation vaccinale, les agents étant tenus d'apporter la preuve qu'ils ont subi les vaccinations exigées. Il appartient à l'employeur de vérifier la preuve vaccinale, le médecin n'agissant que par délégation.

 

C'est pourquoi il est indispensable que tout médecin informe l'autorité d'emploi dès lors qu'un agent ne répond pas ou ne répond plus aux obligations légales. Dans ce cas tout médecin sapeur-pompier en informe directement et par écrit Monsieur le Médecin-chef, charge à ce dernier de reporter l'information au bureau des personnels." Outre ces informations erronées, cette note de service recèle toute la perversité du système. En effet, concernant les vaccinations non obligatoires, il est dit: "Ces vaccinations  doivent être considérées comme des mesures spéciales de protection individuelles, appréciées comme nécessaires. [La vaccination] est à la charge de l'employeur et ne pourra être exigée, restant, après information claire et précise du médecin, de la libre volonté de l'agent. Toutefois, dans le choix des agents postulant pour une activité à risque, la priorité pourra être donnée par l'autorité d'emploi à ceux qui apporteront la preuve de leur immunité".

On joue sur le mot immunité; néanmoins, de quel droit une telle discrimination, qui bafoue la législation ?

 

Cas particuliers : des égoutiers... aux entreprises agro- alimentaires.

Un arrêté préfectoral (n° 76-739 du 17 mai 1976) et un décret (n° 94-352 du 4 mai 1994) contraint les égoutiers de la ville de Paris a être vaccinés contre la leptospirose uniquement pour leur embauche.

Par ailleurs certaines entreprises agro-alimentaires et certaines entreprises de transport exigent parfois le BCG pour leur personnel manipulant des denrées alimentaires en vertu d'un arrêté (du 26 février 1965) rendu caduque par l'abrogation du décret du 5 mai 1964. Aujourd'hui le BCG n'est obligatoire que pour le personnel de santé, et bien entendu les enfants en collectivité.

 

Le 5 septembre 1996 est paru un arrêté relatif à la vaccination par le BCG. Le personnel de restauration ne figure pas dans la liste des professions soumises à la vaccination.

Le décret na 64-417 du 5 mai 1964 relatif à la vaccination BCG pour les entreprises de transport et de denrées alimentaires et  son arrêté d'application du 26 février 1965, sont abrogés. En conséquence, l'obligation de la vaccination par le BCG pour le personne! permanent ou saisonnier manipulant ou transportant des denrées alimentaires, n'existe plus. La prévention dans le domaine de la restauration doit passer par une formation à l'hygiène, au respect des chaînes alimentaires et des circuits propre et sale ainsi que la maintenance des installations. [Concours médical du 4/10/1997 vol. 119 na 30 p. 2258].

 

Les métiers sur machines dangereuses et le personnel de laboratoire.

Le vaccin antitétanique, notamment, peut être exigé pour le personne! qui travaille sur machines dites "dangereuses" y compris  les étudiants et apprentis (Code du travail article R.234-22 décret n° 80- 57 du 30 octobre 1980).

Le vaccin antirabique, en vertu de l'arrêté du 4 juin 1975 (JO du 4 juillet 1975), est conseillé pour les vétérinaires, les personnels de laboratoire,

 

Page 25

Les  équarrisseurs,  les  personnels  des  fourrières,  les  naturalistes,  les  gardes-chasse  et  gardes forestiers, les personnels d'abattoirs.

 

La Circulaire du 26 avril 1998.

Selon cette circulaire relative à la pratique des vaccinations dans le milieu du travail et hormis les cas précédemment cités, les vaccinations dans le milieu du travail sont facultatives. L'employeur recommande les vaccinations adaptées aux salariés non immunisés et en tenant compte des propositions vaccinales du médecin du travail. L'employeur prend en charge le coût des vaccinations dès lors qu'elles ont un lien direct avec l'exposition professionnelle. Pour les vaccinations non obligatoires, l'employeur ne peut exiger la vaccination qui reste, après information claire et précise du médecin, de la libre volonté du salarié.

Le refus de vaccination ne peut justifier l'éviction d'un poste à moins d'un risque caractérisé particulièrement grave, non ou difficilement traitable, et pour lequel on dispose d'un vaccin dont l'efficacité et l'innocuité sont reconnues. On se demande bien lequel !

 

Le devoir d'information du médecin du travail.

En  1996,  le  Conseil   médical  d'un  groupe  d'assurances  médicales  a  rapporté  dix déclarations de plaintes concernant des médecins du travail. Deux d'entre elles étaient imputables à un préjudice post-vaccinal. A titre d'exemple également, en 2001, le GAMM (Groupe des Assurances Mutuelles Médicales) signalait deux plaintes contre des médecins du travail pour complications après vaccin DTPolio (dont un abcès).

Depuis l'arrêt Hédreul (Cour de cassation du 25 février 1997) plusieurs jurisprudences ont modifié le devoir d'information du médecin du travail déjà précisé dans l'article 35 du code de déontologie médicale. L'accident post-vaccinal représente le préjudice qui risque le plus d'engager la responsabilité du médecin du travail.

 

Celui-ci dans sa pratique devra apporter la preuve de l'information donnée au salarié sur les risques prévisibles ou exceptionnels, majeurs  et mineurs des vaccinations [Les magistrats ont l'habitude de qualifier d'exceptionnels les risques que les experts estiment égaux ou inférieurs à 1 %]. Cela pré-suppose que la vaccination soit assimilée à un traitement préventif, que l'acte vaccinai soit considéré comme un acte invasif pouvant porter atteinte à l'intégrité du corps humain (puisqu'il peut exister un accident post-vaccinal), qu'un salarié soit assimilé à un patient du médecin du travail et que la vaccination soit reconnue comme un acte thérapeutique nécessaire et efficace.

 

Pour authentifier la réalité de l'information délivrée, le GAMM préconise une formule type à faire signer au salarié une fois informé "Je reconnais que la nature de l'acte vaccinai et du vaccin ainsi que ses risques et avantages m'ont été expliqués en termes que j'ai compris et qu'il a été répondu de façon satisfaisante à toutes les questions que j'ai posée".

 

Page n° 26

Des questions épineuses à propos de "Hépatite B.

Pour l'Hépatite B les rappels systématiques ont été supprimés. Mais pour les salariés vaccinés après l'âge de 25 ans, le médecin du travail doit procéder à une évaluation de l'opportunité de doses additionnelles si le seuil protecteur de 10mUI/ml n'est pas atteint. Cette disposition met les médecins du travail dans l'embarras, car ils ne disposent pas de moyens réglementaires ou scientifiques sur lesquels s'appuyer pour prendre une telle décision. "On laisse au médecin du travaille soin de prendre une décision importante malgré la persistance de zones d'incertitudes scientifiques" se lamentent M. Benbrik et Domont [5]. Ce n'est là qu'un aspect récurrent de l'absence totale de sérieux des politiques vaccinales.

 

Une circulaire inappliquée.

Une circulaire lettre morte: Le 7 septembre 1978 le ministère de la santé a publié une circulaire demandant aux médecins un rapport détaillé du suivi post-vaccinal avec "indication de la procédure de vaccination, des dates des différentes opérations, des antécédents médicaux de la victime, de la nature et de la date d'apparition des troubles ainsi que leur durée, des constatations  ultérieures faites, de l'évolution de la maladie, de l'état de santé actuel de la victime...". Oui aujourd'hui applique cette circulaire, tant dans les cabinets médicaux qu'en médecine du travail ?

 

L'arrêté du 6 février 1991 précise que "les personnes assujetties aux vaccinations sont considérées comme valablement immunisées lorsque...". Commentaire de M. Benbrik et Domont qui précise que "Lorsque l'administration assimile l'obligation d'immunisation à une obligation vaccinale, elle confond un problème administratif avec un problème médical. Dans la pratique, comme l'employeur ne peut connaître l'état immunitaire des salariés pour raisons de secret médical, seule peut lui être accessible l'information administrative sur la couverture vaccinale. En ce qui concerne l'état immunitaire, seul le médecin du travail (et le médecin traitant) en aura éventuellement connaissance et c'est dans ce contexte qu'il émettra son avis médical d'aptitude au poste de travail. En cas de vaccination obligatoire, on notera au passage qu'une interrogation peut se poser en matière de sélection professionnelle fondée sur des arguments médicaux.

 

Est-ce que ceci est bien conforme à la loi sur la non discrimination à l'embauche et sur les attentes sociales actuelles ? Pour mémoire, le lecteur pourra consulter l'arrêt en Conseil d'Etat du 15 novembre 1996 : Association liberté Information Santé, par lequel il a été considéré que le ministre de l'agriculture et de la pêche avait méconnu sa compétence en prenant un arrêté soumettant des agents publics à des vaccinations autres que celles qui sont rendues obligatoires par le code de la santé publique."

 

Page n° 27 et 28

Le médecin du travail face à sa responsabilité.

La responsabilité du médecin du travail est-elle délictuelle ou contractuelle ? La question n'est pas tranchée. Pourtant, comme le médecin du travail est embauché avec l'accord des représentants des salariés, il y a bien un contrat entre les salariés et le médecin du travail applicable en matière de vaccination.

Les termes de ce contrat engagent le médecin du travail à délivrer des soins attentifs, consciencieux et conformes aux données acquises de la science.

Sur le plan du droit pénal, la responsabilité du médecin du travail pourrait être engagée pour violation du secret médical (art. 226-13 du code pénal), pour atteinte involontaire à la vie des salariés (art. 221- 5 du code pénal), pour atteinte à l'intégrité de la personne  (art. 222-19 et 20 du code pénal).

 

Pratique vaccinale au travail : les dernières dispositions.

Un médecin inspecteur régional a fait passer une lettre à l'attention des médecins du travail de sa région en leur donnant un certain nombre de recommandations intéressantes. En voici des extraits.

" Chers confrères, Un nombre croissant d'entre vous me signale ici ou là des salariés refusant certains vaccins... Un doute sur l'innocuité des vaccins et notamment le vaccin anti HB semble germer dans les esprits. ..En conséquence, je vous invite à beaucoup de discernement et de rigueur quant à votre pratique de la vaccination en milieu de travail au bénéfice des salariés.

 

Je vous conseille notamment de renoncer à pratiquer un vaccin "pour rendre service", acte qui engage totalement votre seule responsabilité et ceci pour des années. ... J'attire votre attention sur l'avis du Conseil Supérieur d'hygiène Publique du 12 mai 2000 qui diffuse le calendrier des vaccinations et qui indique: "en milieu de travail, le risque d'exposition est évalué par le Médecin du travail". .. Cette assertion précise votre rôle et renforce votre responsabilité quant au choix des vaccins à pratiquer en milieu de travail. ..

Enfin, si vous estimez que les conditions requises pour pratiquer l'acte vaccinai ne sont pas réunies, rien ne vous oblige à exécuter l'acte, même réglementairement justifié. 'Loi du 4 mars 2002 relative au droit des malades et à la qualité du système de santé " (Loi n° 2002-303 JO du 5 mars 2002, p. 4118-4158).

 

Cette lettre était accompagnée d'un document élaboré par ce même médecin inspecteur précisant la démarche de prévention des risques professionnels. On y lit les informations suivantes: "Cas particulier de la vaccination contre l'hépatite B : à ce jour, des incertitudes semblent se faire jour sur ce vaccin.

Il est donc urgent de raisonner la vaccination en milieu de travail comme un Equipement de Protection Individuelle (EPI) et de réserver son utilisation dans les situations professionnelles où existe réellement des risques résiduels de INTERPRÉTATION DES TEXTES LÉGISLATIFS DIALOGUE ENTRE MÉDECINS.

 

L'entretien qui suit a été relevé dans le Concours Médical du 7161975 vol. 119 na 21 p. 1505. 

Question :

" Médecin du travail, j'ai à surveiller le personnel de plusieurs institutions pour handicapés. Ma connaissance des postes de travail qui ne sont pas médicalisés mais qui imposent un contact intime avec les enfants handicapés, en particulier avec la salive (professeurs, instituteurs, éducateurs spécialisés...) et mon interprétation des textes m'ont fait mettre en place (avec l'accord de la direction des établissements) une vaccination de tout le personnel contre l'hépatite B.

Plusieurs cas de sujets réfractaires à la vaccination se sont présentés, appuyés par des certificats médicaux d'homéopathes opposés au principe de la vaccination.

 

Le premier salarié a demandé en 1991 un avis au ministère de la santé, qui répond en limitant le risque infectieux au seul contact avec le sang ou ses dérivés. De ce fait il autorise les salariés à refuser cette vaccination.

Deux autres cas d'opposition sont en cours et concernent deux professeurs spécialisés dans l'enseignement des sourds.

J'ai rédigé leur fiche d'aptitude comme suit: "Aptitude non prononcée tant que la vaccination obligatoire contre l'hépatite B ne sera pas valablement exécutée".

 

Un des salariés a soumis  la question au conseil départemental de l'Ordre des médecins, lequel a demandé un avis au médecin inspecteur départemental de la santé: dans sa réponse, ce dernier se réfère à l'arrêté du 23 août 1991 relatif à la liste des professions [soumises à la vaccination] et conclut que, si la vaccination contre l'hépatite B est à proposer, elle ne peut être considérée comme obligatoire. Il considère qu'un enseignant n'est pas sur cette liste.

 

Quelle doit être l'attitude du médecin du travail devant un tel problème ? Quelle est sa responsabilité ?

Qu'en sera-t-il si un salarié a une hépatite et la déclare en maladie professionnelle ? Comment le médecin du travail doit-il rédiger sa fiche d'aptitude ? Quelle est la responsabilité de l'employeur ? »

 

Réponse du médecin du travail :

« Votre  courrier  illustre  bien  les  difficultés  auxquelles  peut  être  confronté  le  médecin  du   travail en tant que conseiller de l'employeur et du salarié.

[...] Il me semble que les salariés que vous surveillez relèvent de l'article L.10 (devenu 3111- 5) si leurs activités professionnelles les exposent à des risques de contamination. [...] Sa responsabilité et celle de l'employeur peuvent être engagées si un salarié non vacciné est contaminé à l'occasion de son activité professionnelle.

 

Dans le cas de refus de la vaccination, il convient de bien éclairer la personne réticente sur les risques de contamination et les avantages de la vaccination. Si une contre-indication est avancée, le médecin du travail peut prendre l'avis d'un confrère spécialiste.

Les termes de la fiche d'aptitude peuvent être : "Apte sous réserve de la réalisation de la vaccination contre l'hépatite B". Si, malgré les conseils, le salarié refuse toujours la vaccination, le litige peut être soumis au médecin inspecteur du travail.

L'interprétation des textes législatifs reste donc délicate ». Et l'on a envie d'ajouter : ... et lourde de conséquences pour les salariés !

 

Page n° 29, 30 et 31

"Contamination après mise en oeuvre de toute mesure de prévention des risques professionnels".

Traitements de prévention : une information rigoureuse des risques.

La nouvelle loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, introduit dans le code de la santé publique deux articles L.1111- 2 et L.1111- 4 s'appliquant à la pratique notamment à la vaccination par le médecin du travail L'article L. 1111-2 stipule que: "Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus.

 

Lorsque, postérieurement à l'exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, la personne concernée doit en être informée, sauf en cas d'impossibilité de la retrouver".

Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel.

En cas de litige il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen.

 

Le médecin doit respecter la volonté de la personne.

L'article L. 1111- 4 stipule que toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l'avoir informée des conséquences de ses choix. Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne.

Ce document, qui s'appuie sur la loi du 4 mars, est extrêmement important car que devient l'obligation vaccinale dans ce contexte ?

On est en face d'une contradiction fondamentale qui rend impossible l'exécution autoritaire d'une vaccination qu'elle soit obligatoire ou non.

 

Monsieur J. et l'obstination vaccinaliste.

Je vous propose un extrait d'un courrier de nos adhérents: " Victime de la vaccination tétracoq (syndrome de West et séquelles variées), j'ai depuis lors une contre-indication à toute vaccination. Je remplis actuellement un contrat à durée déterminée comme charpentier de marine. La médecine du travail me harcèle pour que je subisse les vaccins contre le tétanos et la polio et me laisse craindre qu'elle veuille me déclarer inapte."

 

A méditer vaccin antitétanique pour les salariés du bâtiment.

Relevé dans le Quotidien du Médecin no6333 10/9/98 p.11 "Le cercle de la vaccination" Pasteur Mérieux MSD signé du Dr Poirier médecin du travail à Rouen: "ll paraît bien naturel que tous les salariés du BTP soient protégés contre le tétanos tant le risque d'effractions cutanées est présent dans ce secteur.... L'essentiel pour le médecin du travail est moins d'assurer l'exécution du geste vaccinal que d'évaluer, d'informer le salarié et de le motiver. En dernier lieu, le patient lui-même est responsable et libre de l'organisation du geste vaccinal".

 

Tétanos et folie sécuritaire : le cas de madame F.

Le courrier suivant a été reçu à notre association. Il s'agit de Madame F. Elle travaille en tant que caissière dans le service administratif d'un grand hôpital parisien.

Le médecin du travail exige qu'elle soit revaccinée contre le tétanos puisque sa dernière vaccination date de plus de 10 ans. Elle refuse. Le médecin la déclare inapte alors qu'elle travaille dans ce service depuis de nombreuses années!

 

Peu après, elle se voit mise à pied, son salaire bloqué, ses congés payés supprimés.

Après consultation de l'inspection du travail, des syndicats et de notre association, elle décide de faire, faire un dosage d'anticorps, lequel se révèle positif. Elle est donc considérée comme immunisée aux termes de la loi. Elle se présente devant le médecin du travail qui lève les bras au ciel en s'écriant "mais vous êtes folle, vous allez ruiner la sécu. Ces analyses sont très chères, je refuse de vous rembourser; rendez-vous compte, si tout le monde faisait comme vous !"

 

Qu'est-ce qui importe le plus : vaccination ou immunité ?

Pourtant c'est bien la démarche que chacun devrait faire, car pourquoi vacciner des personnes déjà porteuses d'un taux d'anticorps suffisant, la sur-vaccination ne peut être que source de complications. Finalement, le médecin du travailla déclare apte que pour un an et exige un contrôle tous les cinq ans. De plus il lui annonce qu'il va prévenir l'ordre des médecins. On croit rêver en voyant de telles scènes d'hystérie, causée d'une part par la peur du tétanos, maladie diabolisée à l'excès et d'autre part par la peur de ne pas être couvert au cas où les ayants droits portent plainte, s'il y a tétanos, contre le médecin qui n'aurait pas vacciné. Dans un système aussi perverti, les médecins sont amenés à agir en absence de tout bon sens.

 

Friction entre la médecine du travail et le MEDEF.

Le journal Libération du 25/9/2000 notait que Le Medef avait proposé une réforme qui remet en cause un certain nombre de verrous auxquels tiennent les organisations de médecins du travail. La visite annuelle des salariés ne serait plus obligatoire que pour ceux d'entre eux dont l'activité présente des risques spécifiques identifiés par les partenaires sociaux dans la branche.

Grogne du Conseil de l'Ordre des Médecins qui juge dangereux d'enlever aux médecins du travail l'initiative de la définition des populations à risque dans l'environnement du travail.

 

Tout bon sens n'est pas perdu ! A propos de l'Hépatite B pour les Agents Territoriaux Spécialisés des Ecoles Maternelles dans une lettre du service de médecine professionnelle de l'Eure du 18/2/1999) le Dr A. Lery s'exprime ainsi : "Après lecture multiple des textes, discussions et réflexion, nous avons clairement décidé que les textes ne nous obligeaient nullement à exiger la vaccination contre l'hépatite B chez les Agents Territoriaux Spécialisés des Ecoles Maternelles. En effet, non seulement elles ne sont pas exposées, mais si les établissements de garde d'enfants d'âge préscolaire (arrêté du 15 mars 1991) font partie de la liste des établissements visés à l'article L.10 (devenu L. 3111- 4), ceux-ci ne sont en aucun cas des établissements de prévention ou de soins"..

 

Suites vaccinales en milieu de travail : Les angoisses du Dr C.

Dr c. est médecin du travail en milieu hospitalier (89). Il écrit "Le vaccin antidiphtérique étant obligatoirement associé au vaccin antitétanique, nous sur-vaccinons une personne déjà protégée [en pratiquant un rappel]... D'une manière générale, la multiplication des différents vaccins nous conduit à nous interroger sur les possibilités d'effets intervenant à moyen et à long terme.

 

Concernant l'hépatite B... est-il logique de s'obstiner à pratiquer des injections régulièrement ? Y a-t-il des risques potentiels à court et à long terme et lesquels ?" Réponse d'un confrère: "Effectivement, il y aura "sur-vaccination" anti-tétanique, mais il n'y a pas d'autre choix pour protéger contre la diphtérie que de refaire un cycle complet de vaccin DT. La multiplication des différents vaccins que nécessitent les personnels hospitaliers est bien tolérée. Il n'y a pas de risque, à notre connaissance, à répéter les injections, il n'y a que des échecs".

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, celui de l'ignorance !

 

Page n° 32

Le dispositif vaccinaI a ses propres limites.

Pour conclure donnons la parole à Alain Domont, médecin chef de la ville de Paris et Eric Benbrik qui se demandent si visites médicales et vaccinations sont la seule solution: "C'est un leurre de faire croire qu'une visite médicale va régler tous les problèmes ;. Les pathologies du travail sont d'abord des pathologies environnementales et c'est donc aussi sur l'environnement professionnel qu'il faut agir"... d'autant que la pression de la productivité conduit à prendre des risques aberrants.

 

D'autres médecins plaident pour la suppression de l'aptitude médicale : "Censé préserver la santé des salariés, le certificat d'aptitude médicale a démontré son inefficacité. Mais il est toujours susceptibles d'être détourné dans une optique de sélection. Sa suppression permettrait aux médecins du travail de recentrer leur action sur la prévention des atteintes à la santé dues au travail". L'activité primordiale du médecin du travail devrait porter sur la transformation des conditions de travail.

 

Une nécessité absolue de réflexion et de dialogue.

Certains syndicalistes souhaiteraient des réformes pour démocratiser la médecine du travail. Un délégué CFDT fait remarquer : "Les médecins du travail, rémunérés par l'entreprise, ne peuvent repousser la main qui les paie si bien, quitte à oublier le secret professionnel, et le salarié, clientèle captive, n'est qu'un pion entre leurs mains".

Pour lui, le droit d'accès (et de rectification) par le salarié à son dossier médical et le libre choix du médecin du travail par le salarié constitueraient des avancées qui permettraient d'améliorer le fonctionnement de la médecine du travail.

Dominique Huez affirme: "Le vaccin n'est pas la seule arme du médecin. Deux attitudes prédominent dans les entreprises vis-à-vis des risques infectieux : d'une part, une forte sous-estimation, d'autre part, la priorité à des campagnes massives de vaccination.

 

Ces deux orientations compromettent les chances d'une prévention mieux adaptée à la diversité des situations".

Ce médecin du travail parle de vaccinations intempestives notamment dans le cas de campagne de vaccinations non obligatoires pour des risques professionnels non démontrés. Et il donne l'exemple de la grippe: "Si l'on n'a pas affaire à une population potentiellement fragile, aucune recommandation en santé publique n'est établie dans ce domaine. S'agissant de travailleurs en bonne santé, des médecins défendent même la thèse selon laquelle la vaccination interdit l'acquisition des défenses immunitaires durables que déclenche la rencontre du virus. Dans ces conditions, les justifications du vaccin sont à rechercher dans la politique managériele , au nom principalement d'une stratégie de lutte contre l'absentéisme, stratégie dont l'efficacité n'a d'ailleurs jamais été prouvée.

Une conception "utilitaire" du rôle de la médecine du travail est alors clairement à I'oeuvre".

 

Page n° 33

Empruntons  la   conclusion  au  Docteur  Annie  Leprince " Les  salariés  doivent  s'approprier  la   prévention...  en  ayant une réflexion commune... et en comprenant ce qu'ils font".

Françoise Joët :Présidente de l'Association Alis

 

POUR EN SA VOIR PLUS :

Le Courrier d'Alis

(Association liberté information santé)

19 rue de l'Argentière

63200 Riom

Tél. : 04 73 63 02 21

 

MEDECINES NOUVELLES

B.P. N° 19

14360 Trouville-Sur-Mer

Tél : 02 31 87 58 22

 

 

 

MEDECINES NOUVELLES.

2eme trimestre 2003 revue N° 109 Pages 45 à 51.

 

Justice et risques post-vaccinaux.

 

VACCINATION CONTRE L'HÉPATITE B FACE À UNE  MÉDIATISATION ABUSIVE ET TROMPEUSE : LE SUBTIL TRAVAIL DES EXPERTS ET DES JUGES.

 

Dans l'histoire judiciaire de la vaccination contre l'hépatite B, l'année 2001 semble devoir s'inscrire comme celle du paradoxe médico-légal : trois mois, presque jour pour jour, séparent d'une part la publication dans le prestigieux New England Journal of Medicine (le 01/02/01) de deux études épidémiologiques unanimement médiatisées comme exonérant la vaccination contre l'hépatite B de toute suspicion toxicité neurologique et, d'autre part, deux arrêts de la 14e Chambre de la Cour d'Appel de Versailles (le 02/05/01) qui, pour la première fois, retiennent la responsabilité d'un fabricant dans la survenue de complications neurologiques après cette vaccination.

 

Les colonnes du journal le Monde avaient à l'époque estimé "grave de voir une justice devenir dogmatique, triomphante, suffisante, préférant ses convictions aux données scientifiques". La situation avait été jugée également assez préoccupante par Libération pour qu'un "médecin et psychanalyste" de l'hôpital Lariboisière se voit mandé aux fins d'analyser les juges qui se sont rendus responsables d'une telle aberration...

Il est intéressant de remarquer qu’à notre connaissance, aucun des journaux qui se sont complus à amplifier le message rassurant des études sponsorisées par des fabricants de vaccins n'a cru bon d'informer ses lecteurs du débat qui a fait rage, ensuite, dans la rubrique Courrier du New England Journal of Medicine, quant aux failles et aux insuffisances Pourtant évidentes de ces investigations.

 

Des études passées inaperçues

Dans le même temps, d'autres études, pourtant parues dans des revues fort honorables, sont passées totalement inaperçues et à l'opposé, il existe sur le même sujet des antécédents de médiatisation abusive, de nouveau et comme par hasard toujours sur la base d'études sponsorisées par les fabricants: présentées elles aussi comme exonérant la vaccination, l'étude de Zipp et ColI et celle de Sadovnick et Sheifele se sont finalement vues disqualifiées par l' Agence du médicament en raison de leurs insuffisances méthodologiques, évidentes en première lecture.

 

Page n° 46

Une question cruciale pour un expert.

Une question technique-cruciale  pour un expert – ressort de ce bref constat: comment se protéger intellectuellement de ces dynamiques de médiatisation à la fois subtiles et cependant spectaculaires pour peu que l'on parvienne à les déchiffrer ?

En fait, quelques semaines après, quelques-unes parmi les plus grandes des revues médicales -dont le New England- ont annoncé leur volonté de resserrer les procédures de contrôle sur l'indépendance des études qui leur sont soumises pour publication.

 

Des études épidémiologiques effectuées à l'étranger.

Avant d'entrer plus avant dans l'analyse méthodologique des deux études de février, quelques principes de base méritent aussi d'être rappelés: les études épidémiologiques publiées sur le vaccin contre l'hépatite B ont été, pour l'essentiel, effectuées à l'étranger, avec des spécialités qui ne sont pas nécessairement celles vendues en France et, plus encore, un schéma de appel qui peut être très différent de celui retenu dans notre pays  détail dont l'importance ne peut échapper pour des complications soupçonnées d'être en rapport avec un trouble de l'immunité. Il n'existe donc aucun motif de considérer que les données étrangères soient facilement extrapolables à notre situation sanitaire compte tenu, de plus, que la fréquence sclérose en plaques (SEP) varie largement en fonction de la géographie.

 

A propos des complications neurologiques après vaccination.

Quant au détail de ces études soupçonnées par Libération de dépasser le Qi du magistrat moyen, que constate-t-on ? La première n'apporte rien de précis au problème tel qu'il se pose dans notre pays. D'une part, elle est consacrée au risque des vaccinations en général et le nombre des sujets inclus ayant été immunisés contre l'hépatite B est trop faible (n = 39) pour que l'on en infère quoi que ce soit sur cette vaccination précise: personne n'ayant jamais prétendu que le risque examiné dans  cette étude (exacerbation d'une SEP) était équivalent pour toutes les vaccinations, il se peut très bien que le risque spécifique à certaines vaccinations soit noyé dans la globalisation.

 

D'autre part, la question soulevée en France est celle de l'apparition éventuelle d'une complication neurologique après vaccination et, en aucun cas, celle de l'aggravation d'une SEP pré-existante : or, c'est à ce dernier risque qu'est consacrée l'étude en question.

Enfin, la contre-indication des vaccinations, en général, chez les sujets présentant une SEP ayant été diffusée depuis fort longtemps, on pouvait s'attendre à ce que, dans une population de tels malades, ceux qui subiraient une vaccination en dépit de cette contre-indication serait les plus  gravement atteints.

 

Précisément le Tableau 1 de l'article montre que la seule caractéristique qui distinguait les sujets vaccinés des non-vaccinés avant la vaccination était la moindre fréquence des poussées de SEP chez les premiers. En d'autres termes, les sclérosés en plaque ayant reçu une vaccination étaient, dès l'origine, moins gravement atteints que ceux n'ayant pas été vaccinés...

 

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Des failles méthodologiques.

Si  la  seconde  étude,  de  son  côté,  est  bien  consacrée  au  problème  de  santé  publique  tel  qu'il  se  pose  en  France,   la méthodologie choisie ne laisse pas d'étonner : une population d'infirmières est la dernière à laquelle on aurait pensé pour une étude cas/témoins sur un tel sujet puisque, immunisés massivement à titre professionnel contre le risque de l'hépatite B, les témoins se trouvent surexposés au facteur de risque soupçonné (la vaccination elle-même), alors qu'au contraire, en raison de la contre-indication rappelée par l'étude précédente, les infirmières présentant une pathologie neurologique préexistante ou un risque d'une telle complication avaient, a priori, plus de chances d'être dispensées du vaccin.

 

Le Tableau 1 de l'article retrouve plus de vaccinés chez les témoins (60%) que chez les cas (43%) : on est donc typiquement dans la situation de ce que l'on appelle un "biais" en épidémiologie, puisque les témoins avaient plus de chances d'être exposés au facteur de risque présumé que les cas .ce qui est aberrant. D'autres failles méthodologiques pourraient être relevées, comme le regroupement indistinct de deux cohortes d'infirmières chez lesquelles des données antérieures de la même équipe montrent que le risque de SEP était très hétérogène.

 

Des études peu démonstratives.

Première conclusion: ces deux études n'apportent rien au problème de santé publique posé en France par la vaccination contre l'hépatite B et ne pas les avoir retenues comme démonstratives n'est pas le signe d'une pusillanimité intellectuelle ou d'une déficience cognitive-pour reprendre les cadres diagnostiques évoqués par notre confrère de Libération.

Notons en passant qu'aucun des zélés commentateurs de ces études commanditées ne semble avoir noté qu'au chapitre Discussion de leur article, Ascherio et ColI éprouvaient le besoin de justifier l'apparente contradiction entre leurs résultats qu'ils jugeaient rassurants et ceux des trois études cas/témoins menées dans le cadre de l'enquête française de  pharmacovigilance cette-fois présentés comme suggérant une augmentation du risque: c'était la première fois, à notre connaissance, que ces résultats français se voyaient présentés comme tels, en contradiction frappante avec le discours des autorités sanitaires de notre pays qui ont plutôt soutenu que les résultats disponibles ne montraient pas d'élévation significative du risque lié à la vaccination. A la fin de d'année 2001, on pouvait totaliser une cinquantaine de publications internationales.

 

Page n° 48

Présentant des observations (parfois sur des séries de plusieurs dizaines de patients) de complications neurologiques après vaccination: d'expérience de pharmacovigilance, c'est beaucoup, notamment pour un traitement à visée strictement préventive.

Quoique ce point ait manifestement échappé aux auteurs de la seule synthèse de pharmacovigilance après commercialisation actuellement publiée, il suffit de reprendre leurs chiffres pour voir se dégager une impressionnante proportionnalité entre le nombre d'unités vendues de vaccin et le nombre rapporté de SEP: en pharmacovigilance, semblable rapport de proportionnalité est classiquement considéré comme un fort argument d'imputabilité.

 

Une élévation statistique qui ne veut pas dire son nom.

Trois études cas/témoins ont été réalisées dans le cadre de l'enquête française de pharmacovigilance qui ont toutes conclu à une élévation du risque relatif (entre 1,4 et 1,7) de SEP après vaccination : certes, à chaque fois, cette élévation s'est révélée statistiquement non significative, mais contrairement à ce qu'a laissé croire une médiatisation là encore abusive, cette aspect non significatif de la statistique n'indique pas une absence de relation causale, mais représente simplement la conséquence attendue d'un manque de puissance statistique alors que si les valeurs du risque relatif étaient dues au simple hasard, on voit mal pourquoi elles convergeraient systématiquement vers une élévation.

 

Les statistiques publiées de la CPAM.

Les statistiques publiées de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie attestent une augmentation progressive des prises en charge en affection de longue durée (ALD) pour les scléroses en plaques invalidantes, et plus encore pour les formes graves d'affections neuromusculaires. De plus, on note un déplacement du pic d'âge vers les sujets les plus jeunes, tout à fait compatible avec les caractéristiques démographiques connues de la population exposée à la vaccination dans notre pays.

 

Au total, l'intégralité des données publiées converge vers une augmentation du risque de complication neurologique liée à la vaccination.

Certes, il est toujours possible, au coup par coup, de discuter le déterminisme de telle ou telle tendance.

 

C'est précisément cet argument d'imputabilité qui a été développé par la Cour d'Appel de Versailles le 02/05/01, à l'insu des psychanalystes mais en conformité avec une réflexion que nous avions nous-même proposée aux juristes en remarquant qu'il était étonnant qu'on exige la notion d'un "lien direct et certain" en l'espèce, alors que la "certitude" était rigoureusement absente de la méthode d'imputabilité imposée par l'Agence depuis près de 20 ans et que la pharmacovigilance ne pouvait faire mieux que raisonner sur la convergence de preuves partielles.

 

Page n° 49 et 50

Le risque de pathologies auto-immunes.

Il semble que le risque de pathologies auto-immunes lié à la vaccination contre l'hépatite B soit encore mieux documenté que celui des complications neurologiques. On retiendra à titre d'exemples évocateurs :

 

1) la conclusion peu ébruitée d'une étude commanditée par l'Agence française concernant une élévation du risque de lupus chez les vaccinés de plus de 40 ans (cf. le compte rendu de l'enquête, diffusé par l'AFSSAPS en date de février 2000),

 

2) une étude épidémiologique, passée totalement inaperçue, relatée dans le New England Journal of Medicine, et qui conclut à l'élévation significative du risque de pathologie rhumatismale après vaccination contre l'hépatite B chez l'enfant de moins de six ans, c'est-à-dire dans une population où le discours de l'administration française s'est constamment voulu rassurant.

 

Peu auparavant, il avait été publié dans une revue des notifications spontanées sur les réactions rhumatismales après vaccination, concluant que le vaccin contre l'hépatite B était à lui tout seul associé à plus de réactions articulaires que l'ensemble des autres vaccins.

En parallèle, de nombreuses observations individuelles publiées attestent la réalité des complications rhumatologiques ou auto-immunes survenant après la vaccination contre l'hépatite B. Une assez récente publication française présente une série de 22 patients ayant développé des complications rhumatismales après vaccination contre l'hépatite B et fournit en bibliographie d'assez nombreuses références sur le sujet.

 

Au total, la situation avec les maladies réputées auto-immunes ressemble à celle rencontrée avec les complications neurologiques, à ceci près que, dans la seconde, l'évidence anecdotique pourtant massive se trouve niée au motif que les études épidémiologiques "formelles" sont réputées "négatives" alors que, dans la première situation, l'on dispose en plus d'études épidémiologiques démonstratives (celle de l'AFSSAPS et celle de Fisher et Coll).

 

Des réactions post-vaccinales très variables.

Des observations  cliniques  et  épidémiologiques  convergentes  ainsi  parues  dans  la littérature  internationale, il ressort que pour des raisons encore mal déterminées, la vaccination contre l'hépatite B semble avoir une propension toute particulière à déclencher des réactions d'expression très variable, mais dont le point commun est qu'elles sont toutes susceptibles d'être liées à une réaction dysimmunitaire mettant notamment en jeu des phénomènes d'auto-immunité. Il existe, d'ailleurs, une vaste littérature sur les mécanismes susceptibles d'expliquer tel ou tel type de réactions indésirables après cette vaccination, mais il ne semble pas que l'idée d'intégrer l'ensemble de ces désordres dans un vaste spectre commun de dysimmunité iatrogène ait été, à l'heure actuelle, souvent évoquée. Parmi les principaux mécanismes susceptibles de rendre compte des observations cliniques disponibles, et qui ne sont pas nécessairement incompatibles les uns avec les autres, on mentionnera :

 

1) une auto-immunité induite par homologie de séquence entre l'antigène injecté et telle ou telle structure du corps ;

 

2) une réaction immunitaire mettant en jeu les complexes immuns fabriqués après la vaccination, et provoquant, par exemple, des lésions de vascularité ;

 

3) une destruction par les lymphocytes T du sujet des cellules infectées par un antigène viral ;

 

4) une  réaction  au   thimerosal  utilisé  comme  conservateur  ou  à  l'aluminium  utilisé  comme  adjuvant:   dans  ce  type d'hypothèse, cependant, il conviendrait d'expliquer pourquoi les réactions incriminées seraient plus fréquemment associées au vaccin contre l'hépatite B qu'aux autres vaccins utilisant les mêmes adjuvants ou conservateurs.

Enfin divers éléments laissent penser que la vaccination contre l'hépatite B ait pu être, au moins en certaines circonstances, sur-dosée par rapport tant à chaque dose injectée qu'au rythme des rappels.

 

Au total, il est envisageable, et compatible avec les observations cliniques, de dire que dans une maladie comme l'hépatite B dont les évolutions complexes et imprévisibles ne peuvent toutes être rapportées à une cytopathogénicité directe du virus, la vaccination par injection d'une fraction antigénique crée, au moins chez certains sujets et de façon iatrogène, les conditions des désordres immunitaires observés au cours de la maladie naturelle et ce, d'autant plus que, dans le cas de la vaccination par rapport à l'infection naturelle, les antigènes sont administrés chez l'homme avec des adjuvants (aluminium), censés stimuler la réaction immunitaire de l'hôte.

 

Le rôle délicat et subtil des juges en la matière.

Attendu que nous ne pouvons dispenser les magistrats d'établir en l'espèce leur jurisprudence de l'incertitude, le mieux que nous puissions faire pour être à la hauteur des missions qu'ils nous confient est d'établir à leur usage une typologie des indices de causalité et de leur pondération: indices chronologiques, indices sémiologiques, indices de terrain -l'idée de base étant de se représenter la causalité comme une échelle croissante allant de "exclu" à  " probable", et de tenter, dans chaque affaire, de positionner la victime sur cette échelle à charge pour les Juges de déterminer les seuils à partir desquels ils prendront telle ou telle décision.

 

La notion, toutefois, d'un risque globalement plus élevé que ne le laisse entendre une  médiatisation abusive, nous ouvre une seconde perspective : les sujets vaccinés ont-ils été correctement informés, en termes de risque direct d'une part, en termes de rapport bénéfice/risque, d'autre part ?

Mais pour envisager un bénéfice dans une stratégie de prévention, encore faudrait-il que l'on dispose des données épidémiologiques de base sur la maladie que l'on entend prévenir; et où sont les données épidémiologiques de base sur l'hépatite B, dans notre pays ?

 

Page n° 51

Des exigences à ne pas oublier.

Comme nous exposés au risque d'un Alzheimer précoce, pas nécessairement sortis de ces problématiques oedipiennes qui font la fortune des psychanalystes, les Juges de Versailles, par leur décision du 02/05/01, nous ont néanmoins rappelé quelques exigences, dont celle de l'exhaustivité dans la quête des informations disponibles et celle du principe d'incertitude en recherche clinique. En fait, il n'y aura de vrai paradoxe que pour ceux des experts qui auraient oublié ces principes fondamentaux. 

Marc Girard.

Marc Girard est expert auprès des Tribunaux et conseil en pharmacovigilance.

Il a déclenché le scandale du vaccin de l'Hépatite B. 

 

MEDECINES NOUVELLES

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   XVIe Journées NeuroMusculaires XVlth Neuromuscular Meeting.

Marseille - 11 et 12 septembre 2003.

 

Université de la Méditerranée Jardins du Pharo

Vendredi 12 septembre 2003.

Table Ronde.

« La myofasciite à macrophages : maladie ou lésion ? » 

Le concept de myofasciite à macrophages (MFM) R K Gherardi, FJ Authier 

Groupe Nerf-muscle du CHU Henri Mondor, Créteil INSERM EMI 0011

 

La MFM est une affection de définition histologique identifiée chez plus de 300 patients de 1993 à 2003. Les lésions ne doivent pas être confondues avec celles des myopathies inflammatoires avec abondance de macrophages activés (MIAM), habituellement une dermatomyosite ou un syndrome de chevauchement, dont les critères différentiels sont listés.

 

Table 1. Les macrophages.. renferment constamment des inclusions denses témoignant de la persistance locale prolongée, dans les cellules présentatrices d'antigène, de cristaux d'hydroxyde d'aluminium, un puissant adjuvant immunologique TH2 utilisé dans les vaccins hépatite B, hépatite A et tétanos. Les manifestations cliniques des patients porteurs de MFM sont détaillées dans la

 

Table 2. Les douleurs musculo-squelettiques apparaissent postérieurement à l'administration vaccinale (94%), le délai écoulé entre la dernière vaccination et les premières manifestations cliniques étant extrêmement variable.

 

Le début des myalgies peut être déclenché par un effort d'intensité inhabituelle et commencent au niveau des muscles ayant le plus travaillé, habituellement aux membres inférieurs, puis progressent de façon ascendante pour devenir diffuses au moment de la biopsie. Une fatigue chronique invalidante (87%) constituant l'autre signe le plus fréquent, et forme avec les douleurs musculo-squelettiques un syndrome très superposable au syndrome de fatigue chronique (SFC).

 

Les myalgies sont beaucoup plus fréquentes chez les patients présentant une MFM à la biopsie du muscle deltoïde que chez les patients n'en présentant pas (p<0.0001 par le test de Fischer). Notre expérience portant sur plus de 120 patients identifiés à Créteil indique que les symptômes sont souvent suffisamment stéréotypés pour permettre de prédire la détection des lésions à la biopsie musculaire. En résumé, dans l'attente des résultats de l'étude épidémiologique cas-contrôle sur la MFM conduite par l'AFFSSAPS, l'association entre la persistance locale d'une MFM au point d'injection et un syndrome systémique semble très vraisemblable sur la base de la pratique clinique.

 

Myalgies, arthralgies et fatigue figurent d'ailleurs parmi les symptômes post-vaccinaux les plus souvent rapportés aux instituts de pharmacovigilance, et les arthromyalgies ont été reconnues comme un effet secondaire de la vaccination VHB dans les études prospectives à large échelle. Une stimulation chronique du système immunitaire a été proposée comme un substratum pathophysiologique possible des SFC, un rôle particulier étant souvent attribué aux réponses Th2. Une telle stimulation à bas bruit du système immunitaire, incapable de se désactiver, semble devoir logiquement résulter de la persistance de l'adjuvant aluminique dans les cellules du système immunitaire. Ainsi, la MFM pourrait constituer un paradigme de SFC d'origine immunologique.

 

 

TABLE I. CRITERES DIFFERENTS ENTRE LES MYOPATHIES INFLAMMATOlRES AVEC ABONDANCE DE MACROPHAGES ACTIVES (MIAM) ET LA MYOFASCIITE A MACROPHAGES (MFM)*.

 

 

Table 1                                                                MIAM.                                                                 MFM.

Site de l'infiltrat macrophagique.                Diffus touchant tout les                                Focal restreint  

                                                                                muscles.                                                             au site d’injection

                                                                                                                                                              vaccinal.        

 

Altérations myocytaires.                                Constantes, souvent sévères.                    Absentes ou

                                                                                                                                                              minimes.

 

Aspect des infiltrats                                        Rubans non cohésifs dans les fascias.  Nappes cohésives

Macrophagique.                                                                                                                               bien limités.

                                                                                                         

Images d'hémophagocytose.                       Fréquent.                                                           Absent.

 

Ultrastructure.                                                  Figures myéliniques.                                     inclusions 

                                                                                érytrophagocytose,  pas                                cristallines

                                                                                d’inclusions  cristallines.                               osmiophiles

                                                                                                                                                              constantes

                                                                                                                                                              (souvent

                                                                                                                                                              intralysosomales)

                                                                                                            

Mécanisme.                                                       Activation macrophagique dependant     Persistance intra- 

                                                                               des cytokines produites  par les                 macrophagique très

                                                                               lymphocites T d'une DM ou d'un                prolongé de l’hydro-

                                                                               syndrome de chevauchement.                    xyde d'aluminium

                                                                                                                                                             des vaccins aux

                                                                                                                                                             sites d'injection.

(*) Ces deux pathologies sont caractérisées par la présence d'infiltrats de macrophages et de lymphocites T dans les structures conjonctives du muscle. D'après Bassez et al, J Neuropathol Exp Neurol (2003).

 

 

 

 

 

Table 2. CARACTERISTIQUES DES PATIENTS ATTEINTS DE MFM.

 

        Patients.  

         Nombre de patients étudiés selon les items  -----------------------------------------------------------------------------30-75

         Age (années) --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------48 [19-77]

         Sexe (femmes %) -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------F58

 

         Administration d'AI(OH)3 vaccinal (% ) -------------------------------------------------------------------------------------100%

         VHB ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 84%

         VHA  ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------19%

         TT ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 58%

         Nombre de doses: médiane [extrêmes] ------------------------------------------------------------------------ 4 doses [1-9]

         Délai vaccination-biopsie: médiane [extrêmes] -------------------------------------------------------------- 53 mo [3-98]

         Délai vaccination-symptômes: médiane [extrêmes] ------------------------------------------------------- 7 mo [0.5-84]

 

         Fatigue chronique (%) ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 93%

         Phénomène récent -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------83%

 

         Caractéristiques de la fatigue.

         Sévère et inva1idante --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 87%

         Réduction notable de l'activité -------------------------------------------------------------------------------------------------- 80%

         Présente > 50% du temps --------------------------------------------------------------------------------------------------------- 63%

         Non systématiquement liées à l'effort ---------------------------------------------------------------------------------------- 60%

         Affectant les fonctions physiques et mentales --------------------------------------------------------------------------- 53%

         Mal améliorées par le repos ------------------------------------------------------------------------------------------------------- 43%

 

         Anomalies associées.                                

         Troubles du sommeil ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 53%

         Sommeil non réparateur ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 47%

         Troubles de l'humeur ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 53%

         Troubles subjectifs de la mémoire --------------------------------------------------------------------------------------------- 50%

         Maux de têtes --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 47%

 

         Syndrome de fatigue chronique.

         Selon critères CDC 1994 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 47%

         Selon critères Oxford 1991 -------------------------------------------------------------------------------------------------------- 40%

         Selon critères CDC ou Oxford --------------------------------------------------------------------------------------------------- 53%

 

         Myalgies (%) ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 88%

         Début récent (postérieur à la vaccination) --------------------------------------------------------------------------------- 94%

         Délai vaccination-myalgies Delay : médiane [extrêmes] ------------------------------------------------- 11 mo [0-72]

         <3 mo ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------30%

         <1 yr ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 61%

         <2 yr ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 80%

 

         Distribution initiale.

         Membres inférieurs ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 62%

         Membres supérieurs ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 27%

         Diffuse -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------10%

 

        Distribution au moment de la biopsie.

         Membres inférieurs -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------30%

         Membres supérieurs ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 5%

         Diffuse -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------65%

 

         Autres caractéristiques.

         Aggravation par l'exercice -------------------------------------------------------------------------------------------------------- 31%

         Elévation des CK --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 29%

         Points douloureux --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 8%

         Fibromyalgie (selon critères ACR1990) --------------------------------------------------------------------------------------- 0%

 

         Autres manifestations.

         Arthralgies ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 57%

         Dyspnée ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 51%

         Symptômes oculaires -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 34%

         Symptômes digestifs --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 30%

         Symptômes urinaires --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 21%

         Fièvre -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 20%

         Perte de poids ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 17%

         VS > 40 mm par heure -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 14%

 

         Maladies autoimmunes associées ------------------------------------------------------------------------------------------- 19 %

         Sclérose en plaques --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 9.3%

         Thyroidite d'Hashimoto ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 2.7%

         Myopathies inflammatoires, PR, Sjogren. --------------------------------------------------------------------------------- 6.7%

 

         D'après Gherardi et Authier, Immunology and Allergy Clinics of North America (sous presse)

 

 

REFERENCES.

 1. Authier FJ, Cherin P, Creange A, Bonnotte B, Ferrer X, Abdelmoumni A, Ranoux D. Pelletier J, Figarella-Branger D, Granel B, Maisonobe T, Coquet M, Degos JD, Gherardi RK. Central nervous system disease in patients with macrophagic myofasciitis. Brain 2001; 124: 974-83.

 2. Authier FJ, Sauvat S, Champey J, Drogou I. Coquet M, Gherardi RK. Macrophagic myofasciitis as a cause of chronic fatigue syndrome. Arthritis Rheum 2003; 48: 569-70.

3. Bassez G, Authier FJ, LechapT-Zalcman E, Delfau-Larue M-H, Plonquet A, Coquet M, IIl I, Gherardi RK. Inflammatory myopathy with abundant macrophages (IMAM) : a condition distinct from macrophagic myofasciitis, sharing similarities with cytophagic histiocytic panniculitis. J Neuropathol Exp Neurol. 2003; 62 : 464-74.

 4. Brewer JM, Conacher M, Hunter CA, Mohrs M, Brombacher F, Alexander J. Aluminium hydroxide adjuvant initiates strong antigen-specific Th2 responses in the absence of IL-4 and IL-13-mediated signaling, J Immunol1999; 163 : 6448-54.

 5. Chérin P, Autbier FJ, Gherardi RK. Romero N, Lafôret P, Eymard B, Herson S, Caillat-Vigneron N. Gallium - 67 scintigraphy in macrophagic myofasciitis. Arthritis Rheum 2000; 43 : 1520-6.

 6. Del Giudice G, Podda A, RAppuoli R What are the limits of adjuvanticity ? Vaccine 2002; 20:S38-S41.

7. Fournié GJ, Mas M, Cautain B, Savignac M. Subra JF, Pelletier L, Saoudi A, Lagrange D, Calise M, Druet P. Induction of autoimmunity through bystander effects. Lessons from immunological disorders induced by heavy metals. J Autoimmunity 2001; 16 : 319-26.

 8. Gherardi RK. Lessons from macrophagic myofasciitis: towards definition of a vaccine adjuvant-related syndrome. Rev NeuroI 2003; 159 : 162-4.

9. Gherardi RK, Coquet M, Chérin P, Authier FJ. Laforêt P, Belec L, Figarella-Branger D, Mussini JM. Pellissier JF, Fardeau M. Macrophagic myofasciitis: an emerging entity. Lancet 1998; 352 : 347-52.

 

 

 

   La Myofasciite à Macrophages : maladie ou lésion ?   

 

L F. Pellissier, C. Fernandez, L. Daniel, M. Civatte, C. Bartoli, D. Figarella-Branger.  Service d'Anatomie Pathologique et de Neuropathologie - Hôpital de la Timone, C.H.U Marseille Laboratoire de biopathologie Nerveuse et Musculaire -EA3281

 

La myofasciite à macrophages (MFM) est une lésion focale observée à la biopsie musculaire dans le site d'injection par un vaccin aluminique, anti-hépatite B le plus souvent mais non exclusivement.

Du fait du très grand nombre de sujets vaccinés en France (plus de 30 millions). La constatation d'une MFM laisse supposer un terrain prédisposant, le groupe HLA-DRB 1*01 peut représenter cette susceptibilité génétique dans notre région. Dans les 86 cas observés, 56 % des patients ont été diagnostiqués entre 30 et 60 ans. Le délai d'apparition des symptômes se situe en moyenne 50 mois après la 1 ère injection vaccinale aluminique.

 

La MFM est observée chez un adulte qui rapporte des fibromyalgies et une fatigue chronique dans plus de 90 % des cas. Par ailleurs, elle s'associe à une myopathie inflammatoire idiopathique (dermatomyosite 7 %), à un syndrome inflammatoire et une autre maladie auto-immune (13 %), à des lésions démyélinisantes du SNC (7 %) ou à d'autres pathologies. Les cas de l'enfant sont plus rares (4 /86). La biopsie du deltoïde n'a pas montré de lésions chez 220 patients souffrant de fibromyalgies et fatigue chronique.

 

Les présentations histopathologiques de la MFM sont variables dans la topographie (muscle, fascia ou les deux), l'intensité (petits nodules ou larges infiltrats), le phénotype cellulaire présent (macrophages purs ou associés à une composante lymphocytaire variable T ou B); des microvasculites et des formations kystiques ont été observées dans 10 % des cas. Enfin, ces lésions sont persistantes. Il n'y a pas de lien entre l'expression lésionnelle et le contexte clinique du patient. L'émergence de la MFM résulte d'une coïncidence entre la généralisation de la vaccination anti-HB et la pratique française de la biopsie musculaire. La MFM diffère d'une forme persistante, d'un granulome post-vaccinaI et ne paraît pas se situer dans une queue de distribution statistique normale.

 

C'est une lésion révélatrice d'un état dysimmunitaire sous jacent s'exprimant par de simples myalgies jusqu'à des maladies auto-immunes sévères évoluant dans le contexte douloureux. Son association fortuite à d'autres pathologies témoigne de son caractère lésionnel. Les mécanismes de la douleur reliant MFM et myalgies doivent être précisés.

 

Il n 'y a aucune certitude de diagnostic lésionnel, ce qui rend difficile la constitution de groupes témoins et ne permet pas d'éliminer cette lésion focale chez tous les patients myalgiques et vaccinés par un vaccin aluminique. Le terrain de susceptibilité doit être confirmé et le développement d'une maladie auto-immune surveillé par le suivi des patients. La situation respective des macrophages et des lymphocytes et la présence de microvasculites peuvent représenter diverses chronologies et évolutivités de la dysimmunité. La question d'un traitement reste posée.

 

 

 

Myofasciite à macrophages: maladie ou Lésion ?

 

I. Pénisson-Besnier (Angers), J.-P. Leroy (Brest), X. Ferrer (Bordeaux), B.  Eymard (Paris), G. Bassez (Créteil), J.-F. Pellissier et J. Pouget (Marseille).

 

Le diagnostic de myofasciite à macrophages (MFM) repose sur des lésions histologiques clairement définies et imputées aux vaccins aluminiques. Les manifestations cliniques (douleurs et fatigue chroniques) qui lui ont été rattachées sont dépourvues de toute spécificité et il n'existe pas de marqueur biologique. Le rapport de causalité entre les lésions et les symptômes n'est pas actuellement démontré or la réponse à cette question est essentielle pour les cliniciens assurant la prise en charge de ces patients. Méthode: Analyse rétrospective de dossiers associant une MFM à une autre pathologie.

 

Objectifs : (1) identifier la nature des affections associées à la MFM; (2) dénombrer les cas de MFM supposés symptomatiques et déterminer le délai d'apparition des symptômes après la vaccination aluminique ; (3) dénombrer les cas où le diagnostic de MFM a été prédit avant la biopsie.

Résultats : 16 dossiers émanant de 5 centres français de pathologie musculaire ont été revus. Age moyen au diagnostic de MFM : 41.4 ans. Sex ratio : 12 hommes/4 femmes. Les lésions de MFM ont été identifiées sur des biopsies (deltoïde 15 cas, biceps brachial 1 cas) réalisées entre 1995 et 2003. La répartition des affections coexistant avec la MFM était la suivante : myopathie dans 9 cas ( 4 glycogénoses, 2 myopathies congénitales, 1 myosite à inclusions, 1 dystrophie oculo-pharyngée, 1 myopathie myofibrillaire), encéphalopathie dans 2 cas (Crutzfeldt-Jakob, aminoacidopathie), 1 affection neurogène et 3 diagnostics imprécis.

 

Des douleurs étaient mentionnées dans 8 cas dont 5 avec fatigue. Le délai d'apparition des douleurs après la vaccination aluminique était précisé dans 3 dossiers : 2,7 et 10 ans. Dans aucun cas, le diagnostic de MFM n'a été prédit avant la biopsie.

Conclusion : La MFM est de découverte fortuite chez tous les patients de cette série et 50% d'entre eux ne se plaignent d'aucune douleur. Les affections associées sont extrêmement diverses et sans lien dysimmunitaire avec la MFM, plaidant en faveur d'associations fortuites. Seule une étude épidémiologique cas-témoins ou une étude prospective sur volontaires sains vaccinés pourront répondre à cette question centrale du lien de causalité entre les lésions et les symptômes. 

 

 

 

Effets de l'hydroxyde d'aluminium sur les principales fonctions macrophagiques in vitro. 

 

A.-C. Rimaniol(1),  G. Gras(2),  F. Verdier(3),  F. Capel(4),  V. B. Grigoriev(5), F. Porcheray(2), E. Sauzeat(3), J.-G. Fournier(2), P. Clayette(1), C.-A. Siegrist(6) et D. Dormont(2).

 

Objectif :

Le  but  de  ces  travaux  était  de  rechercher  les  effets  in  vitro  de  l'hydroxyde  d'aluminium sur des cultures primaires de macrophages, afin de tenter de comprendre le rôle de cet adjuvant vis à vis des macrophages dans le processus vaccinal. De façon plus précise, nous avons cherché à définir les effets immunomodulateurs de cet adjuvant vaccinaI sur ces cellules qui présentent la particularité d'être recrutées et de persister au sein du tissu musculaire après vaccination.

 

Materiel et Méthodes :

Les macrophages ont été obtenus par différenciation in vitro en présence de M-CSF et de GM-CSF, de monocytes humains isolées des cellules mononucléées du sang périphérique par adhérence. Les macrophages ont été stimulés in vitro avec des doses comprises entre 0,1 et 5mg/ml de gel d'hydroxyde d'aluminium (Reheis).

 

Les analyses phénotypiques ont été effectuées par marquages avec des anticorps fluorescents et analyse par cytométrie en flux. Les fonctions d'endocytose ont été mesurées en utilisant des particules de dextran fluorescentes. Les fonctions de présentation antigéniques ont été estimés en co-cultivant des macrophages avec des lymphocytes purifiés autologues et en mesurant la prolifération lymphocytaire après stimulation in vitro avec des antigènes de rappel (anatoxine tétanique et anatoxine diphtérique).

 

Résultats :

Nous avons montré que l'hydroxyde d'aluminium induit un changement morphologique important des macrophages, avec apparition de vacuoles intracellulaires. L'analyse en microscopie électronique a révélé la présence dans les macrophages d'inclusions cristallines similaires à celles observées sur les biopsies deltoïdiennes des sujets présentant une lésion histologique de type myofasciite à macrophages. Ces modifications morphologiques induites par l'hydroxyde d'aluminium s'accompagnent de modifications phénotypiques.

 

Nous avons mesuré une augmentation de l'expression de marqueurs d'activation et de molécules impliquées dans la costimulation des lymphocytes T (HLA-DR, CD86). Nous avons également observé que l'hydroxyde d'aluminium induisait l'expression d'une molécule (CD83) habituellement non exprimée par les macrophages, mais caractérisant les cellules dendritiques matures. Sur le plan fonctionnel, les macrophages stimulés avec de l'hydroxyde d'aluminium perdent leur capacité à endocyter un antigène, et ont une capacité accrue à induire une réponse immune spécifique (présentation antigénique) en réponse à des antigènes de rappel.

 

Ces modifications fonctionnelles sont tout à fait comparables au processus observé lors de la maturation des cellules dendritiques. Les modifications phénotypiques sont persistantes et non-réversibles sur la période étudiée après retrait de l'adjuvant, ce qui suggère que l'hydroxyde d'aluminium induit un réel processus de différenciation cellulaire.

 

L'hydroxyde d'aluminium induit par ailleurs une disparition de l'expression de récepteurs impliqués dans la phagocytose (CD16, CD32) et dans la réponse antibactérienne (CD14), associée à une incapacité de ces cellules à répondre à un stimulus bactérien. L'hydroxyde d'aluminium n'induit pas de production particulière de cytokines (TNF, IL-I0, GM-CSF), ni de chimiokines (RANTES, MCP-1) par les macrophages.

 

Conclusion :

En conclusion, l'adjuvant vaccinaI hydroxyde d'aluminium oriente les macrophages vers un phénotype de cellules à forte capacité de présentation antigénique, avec des activités pro-inflammatoires et anti-microbiennes quasi-inexistante et exprimant un marqueur spécifique des cellules dendritiques (CD83), jamais décrit à ce jour pour les macrophages. Ces modifications induites par l'adjuvant, suggèrent que le macrophage pourrait jouer un rôle déterminant dans les réponses immunologiques recherchées par la vaccination.

 

(1) SPI-BIO c/o Service de Neurovirologie, CRSSA, EPHE, IPSC, CEA, Fontenay-aux-Roses ; France ;

(2) Service de Neurovirologie, CRSSA, EPHE, IPSC, CEA, Fontenay-aux-Roses; France ;

(3) Aventis-Pasteur, Marcy l'Etoile, France ;

(4) INSERM U131, IPSC, Clamart, France ;

(5) Institut de virologie, Moscou, Russie ;

(6) W.H.O Collaborating Centre for Vaccinology and Neonatal Immunology, Genève, Suisse.

 

 

 

L'hydroxyde d'aluminium comme adjuvant des vaccins : Données sur la réaction histologique associée et sa clairance.

 

F. Verdier

Aventis Pasteur, Marcy.

 

Les sels d'aluminium sont utilisés depuis plus de 50 ans comme adjuvants des vaccins. Les vaccins adjuvés sont notamment ceux contre le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, l'hépatite A et l'hépatite B et la quantité présente par dose varie selon les vaccins entre 0,3 et 1,3 mg.

L'air, la nourriture, l'eau et certains médicaments ou produits cosmétiques sont aussi d'autres sources importantes d'aluminium.

 

La description par le GERMMAD de l'image histologique « myofasciite à macrophages » et l'observation des spicules d'hydroxyde d'aluminium à l'intérieur des macrophages des personnes biopsiées plusieurs mois après la vaccination indiquent que des quantités d'hydroxyde d'aluminium peuvent persister au site d'injection des vaccins. L'impossibilité d'initier une étude avec biopsie musculaire sur des personnes en bonne santé limite la possibilité d'étudier la clairance de l'aluminium chez l'homme suite à une vaccination et de rechercher des réactions de myofasciite à macrophages en l'absence de tout signe clinique.

 

Pour faire suite à ce constat, nous avons donc initié des études chez l'animal destinées à préciser la nature des réactions histologiques observées et à doser l'aluminium dans les tissus musculaires injectés. Pour suivre le devenir de l'aluminium au site d'injection, une étude chez le singe a été sélectionnée comme étant le modèle le plus pertinent du fait de la taille des muscles des primates par rapport à celle d ' autres espèces animales de laboratoire et de la proximité de leur système immunitaire avec celui de l'homme. Les singes ont été immunisés par injection intramusculaire dans le quadriceps avec un vaccin Diphtérie Tétanos contenant 0,3 mg d"hydroxyde d'aluminium en prenant bien soin d'identifier le site d'administration. Des animaux ont été sacrifiés 3, 6 mois et 1 an après l'injection.

 

Plusieurs sections du muscle injecté ont été prélevées et les coupes correspondantes ont été analysées d'une part en microscopie optique après coloration et d'autre part par fluorescence X (méthodes PIXE) et RBS (Rutherford Backscattering Spectrometry) pour déterminer leur contenu en aluminium (Dr Moretto, Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan).

Trois mois après l'injection, la réaction au site d'administration se caractérise principalement par des agrégats de macrophages avec également des lymphocytes. Aux temps 6 mois et 1 an, des agrégats de macrophages sont toujours présents et des travées de macrophages le long des fascias sont observées.

 

Aucune infiltration de macrophages ou de lymphocytes n'a été observée sur les coupes faites sur le muscle injecté mais à distance du site d'administration. Aucun signe clinique anormal n'a été constaté pour ces singes pendant toute la durée de l'étude. L'analyse de la concentration en aluminium dans les fragments de muscle a montré une augmentation au temps 3 et 6 mois.

 

Les résultats de cette étude primate montrent suite à l'injection d'un vaccin adjuvé avec de l'hydroxyde d'aluminium une réaction locale au site d'administration assimilable à une myofasciite à macrophages qui peut être observée jusqu'à un an après la vaccination sans être associée à des troubles cliniques observables. Cette réaction est limitée au site d'administration et ne diffuse pas dans l'ensemble du muscle injecté.

 

 

 

Myofasciite à macrophages : le point de vue du Comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins.

 

Ph. Duclos.

OMS - Genève.

 

D'une manière générale, pour établir le profil de sécurité d'un vaccin, il est important de distinguer les allégations et les faits et de prendre en considération les sources d'information. En particulier il est important de déterminer si les données proviennent de la pharmacovigilance ou d'études contrôlées.

 

Les données de surveillance et les séries de cas publiées ne représentent qu'une vision très incomplète puisqu'elles portent exclusivement sur les individus vaccinés qui expriment une pathologie particulière sans prendre en compte la survenue de la pathologie similaire chez les individus non vaccinés ni les individus , vaccinés qui ne développent pas la maladie. Globalement, les capacités de pharmacovigilance s'améliorent fortement.

 

Une importance croissante est donnée à la déclaration de liens soupçonnés entre la vaccination et des effets indésirables. Cependant, la surveillance et les rapports de série de cas peuvent aussi donner naissance à des hypothèses erronées. Comme les vaccins sont utilisés sur une très large échelle, on doit s'attendre à la déclaration de conditions survenues après la vaccination par pure coïncidence temporelle. De plus, les données de surveillance sont sujettes à des problèmes de validation et de biais de notification surtout après publicisation d'évènements.

 

L'analyse des données requiert une attention particulière aux variations du nombre de doses de vaccins utilisées dans les pays ainsi qu'aux groupes d'âges vaccinés et à la pathologie spécifique de ces groupes d'âge. Il est par conséquent très important de distinguer clairement le processus qui consiste à soulever des hypothèses du processus qui consiste à les tester. Ce dernier doit être mis en place rapidement et avec des standards scientifiques de haut niveau.

En 1999, pour répondre rapidement, efficacement et avec une rigueur scientifique aux problèmes de sécurité vaccinale, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a établi un comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins -Global Advisory Committee on Vaccine Safety (GACVS).

 

Le GACVS est un comité pluridisciplinaire indépendant formé d'experts dans les domaines de l'épidémiologie, de l'immunologie, de la pédiatrie, des maladies infectieuses, des statistiques, de la santé publique, de la pharmacovigilance, de la réglementation et des programmes de vaccination. Le comité est astreint à des règles très strictes de confidentialité et visant à éviter les conflits d'intérêt. Le rôle du GACVS est d'assurer une évaluation scientifique des problèmes de sécurité vaccinale et d'émettre des recommandations pour aider l'OMS, les gouvernements et les organisations internationales à formuler des politiques en ce qui concerne les problèmes de sécurité vaccinale.

 

Au besoin, le comité a le mandat de mettre en place des groupes de travail et de commissionner, suivre et évaluer des études en vue d'élucider les associations éventuelles. Le comité a publié les principes qu'il utilise pour l'imputation de causalité entre les effets indésirables et les vaccinations.

Suite à l'hypothèse émise par le Groupe d'études et de recherche sur les maladies musculaires acquises et dysimmunitaires (GERMAAD) que la myofasciite à macrophages puisse être responsable d'un syndrome généralisé, le GACVS a depuis 1999 initié une consultation élargie sur le sujet.

 

Si dès le début de la consultation, le comité a conclu que la lésion locale de myofasciite à macrophage qui contient des sels d'aluminium était bien liée à la vaccination avec des vaccins adsorbés, le comité a aussi identifié le besoin de déterminer les raisons de la persistance de l'inflammation macrophagique et si la lésion histologique pouvait ou non être responsable de symptômes généralisés chez certains patients. En 1999, l'OMS a recommandé la mise en place d'une étude épidémiologique pour essayer de déterminer s'il y avait une association entre la lésion, locale et des symptômes généraux. Une étude préliminaire a finalement été mise en place en France mais les résultats n'étaient pas disponibles pour la dernière réunion du GACVS qui s'est tenue en juin 2003.

 

Les résultats préliminaires d'études chez l'animal et les études de la fonction macrophagique semblent donner du poids à la possibilité que la myofasciite à macrophage ne représente qu'un simple tatouage vaccinal. Lors de ses dernières réunions et à la lumière des données disponibles, le GACVS a conclu qu'il n'y avait toujours aucune évidence que l'aluminium contenu dans les vaccins représente un risque pour la santé, et par conséquent qu'il n'y avait aucune justification pour un changement des pratiques vaccinales. L'OMS et le GACVS continueront de suivre attentivement cette problématique.

 

 

 

  QUE CHOISIR ( REVUE).

Septembre 2003 N° 407 pages n° 40 à 43 .

 

VACCINS L'ALUMINIUM SUR LA SELLETTE.

Le Dr Michelle Coquet a été la première à mettre en évidence des lésions  musculaires inexpliquées.

 

Il y a dix ans, ont découvrait une nouvelle lésion musculaire. Le coupable : l’aluminium ajouté aux vaccins pour augmenter leur efficacité. Les personnes atteintes de cette affection souffrent de douleurs et de fatigue intenses. Faut-il revoir le procédé de fabrication de certains vaccins ?

 

Mai 1993, le D' Michelle Coquet, neuropathologiste (1) à Bordeaux (33), effectue une biopsie musculaire sur une femme souffrant de douleurs rebelles inexpliquées. « En vingt ans, se souvient-elle, je n'avais jamais vu une telle lésion musculaire. Elle était constituée par des amas de macrophages. Ces derniers sont, en quelque sorte, les éboueurs chargés de faire disparaître les intrus (microbes, virus) au sein des cellules. Les macrophages renfermaient une substance inconnue, bien visible au microscope électronique sous forme de cristaux très noirs. »

 

À la fin de l'année, Michelle Coquet présente le cas à ses confrères qui, comme elle, ignorent la nature de ces lésions. C'est ainsi que commence un véritable polar scientifique avec son lot de découvertes et d'énigmes non résolues.

 

Des lésions inconnues.

De  1993  à  fin  1997,  dix-huit  cas  sont  détectés  dans  quatre   centres  de  pathologie musculaire français.Et, en 1996, les spécialistes lui donnent le nom de «  myofasciite à macrophages » (myo : muscle; fasciite : fascias, c'est-à-dire l'enveloppe des muscles). Deux ans plus tard, la pathologie est décrite dans la revue internationale, The Lancet (2). «  À partir de 1997, se souvient le Pr Patrick Chérin, chef du service de médecine interne à l'hôpital de la Pitié - Salpêtrière (Paris), les centres qui font de la biopsie musculaire ont fait une veille sanitaire. Ils ont aussi repris toutes les lames de biopsie qu'ils avaient en stock depuis des années. »

 

L’initiative révèle qu'il y a de plus en plus de cas et que toutes les lésions sont bien postérieures à 1993. « Parallèlement à une histologie très particulière, poursuit le Pr Chérin, tous ces patients avaient des douleurs musculaires et articulaires diffuses, une fatigue très intense ainsi que des troubles de mémoire, de concentration et du sommeil. »

Malgré l'existence bien réelle de cette lésion musculaire, le mystère reste entier: D'où provient-elle ? Quelle est la substance découverte dans les muscles ? Et cette lésion est-elle responsable des  troubles dont se plaignent les patients atteints de cette nouvelle myopathie ? Origine virale, toxique, infectieuse, toutes les hypothèses sont envisagées, mais aucune n'est validée.

 

En 1999, une découverte cruciale est faite par Philippe Moretto, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), à Bordeaux: les inclusions se révèlent être de l'aluminium.

Du jamais vu pour tous les spécialistes de la pathologie musculaire. Le Pr Romain Gherardi, chef du département de pathologie de l'hôpital Henri - Mondor de Créteil (94), passe alors en revue tous les médicaments qui en contiennent.

 

L'O.M.S. exige le secret.

Comme on trouve de l'aluminium dans le muscle mais pas dans le sang ou les urines, le Pr Gherardi pense à une intoxication locale. Quel produit, si non le vaccin, est injecté dans le muscle, précisément dans le deltoïde (au niveau de l'épaule) ?

Pour en avoir le coeur net, le D' Jérôme Authier, qui travaille dans le service du Pr Gherardi, injecte un vaccin contenant de l'hydroxyde d'aluminium à des rats.

 

Mais, avant même les résultats de cette expérience, les échos de l'affaire étaient parvenus jusqu'à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

A deux reprises, en 1999 en 2000, elle convoque les protagonistes des études effectuées sur le sujet. « Nous sommes passés devant un véritable jury, raconte le D' Coquet. Il était composé de spécialistes de la vaccination et des plus grands  pathologues américains. La discussion fut assez dure et ils nous ont demandé de ne pas en divulguer la teneur. » L’origine française quasi-exclusive des cas de myofasciite à macrophages faisait douter les experts de l’OMS.  Mais un spécialiste américain permit de dissiper le trouble. Les Anglo-Saxons effectuent leur biopsie dans la jambe et non pas dans le deltoïde, comme les Français.

 

C'est donc parce que, dans l'Hexagone, on effectue les prélèvements près du point d'injection des vaccins que la myofasciite a pu être découverte.

Autre explication, les formidables campagnes des années 1994-1995 qui se sont soldées par des millions de vaccinations contre l'hépatite B. Ce qui a augmenté mathématiquement les probabilités d'apparition de séquelles rares.

 

Au terme des deux réunions, les experts de l'OMS reconnaissent officiellement que les lésions sont probablement dues aux vaccins. Mais, pour prouver le lien entre la myofasciite et les symptômes, il fallait effectuer une étude épidémiologique, comparant des personnes biopsées présentant ou non une myofasciite. C'est exactement ce qu'a recommandé, en France, l’institut de veille sanitaire (lVS) en conclusion d'un rapport publié en octobre 2001. Cinquante trois patients présentant une myofasciite à macrophages avaient  été soigneusement interrogés.

 

Sur ce total, 70% d'entre eux  étaient âgés d'au moins quarante ans et tous disaient souffrir de douleurs  musculaires et de fatigue. Au terme d'une enquête minutieuse, la seule particularité trouvée fut le taux de vaccination contre l'hépatite B. 68 % des patients atteints de myofasciite étaient vaccinés, alors que, dans cette tranche d'âge, seuls 30% le sont dans la population générale.

 

L'affaire était entendue: il y avait bien une association entre cette vaccination et les lésions de myofasciite à macrophages. L' lVS a passé le dossier à l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) qui a mis en place une étude épidémiologique au début de l'année dernière.

 

Où se cache l’aluminium ?

La  quasi-totalité  des  vaccins  contre  la  diphtérie,  le  tétanos,  la  coqueluche,  l'hépatite A  et l'hépatite B, seuls ou combinés, contiennent de l'hydroxyde d'aluminium. Exceptions : le TP Pasteur ( tétanos, poliomyélite ) et le DTP Pasteur ( diphtérie, tétanos, poliomyélite ). Les autres vaccins ne sont pas concernés.

 

Pour le P' Romain Gherardi, l'aluminium serait responsable d'un dérèglement immunitaire. Le Rapport Avec la vaccination contre l’hépatite B s’établit.

Il  y a deux ans, les résultats des expériences pratiquées sur les rats à Créteil par le D'Authier furent publiés : l'injection de vaccins contenant de l'aluminium avait bien permis de reproduire les lésions de myofasciite.

 

Le puzzle était reconstitué: les vaccins contenant de l'aluminium sont bien capables de créer des lésions d'un type particulier.

Une autre étude, publiée fin 2001, montrait en outre que les patients de myofasciite appartenaient le plus souvent à un certain type génétique. « La solution est venue de deux soeurs jumelles âgées d'environ cinquante ans, dont on pensait qu'elles souffraient de polyarthrite, explique le Pr Jean-François Pellissier, chef du service de biopathologie nerveuse et musculaire à la faculté de médecine de Marseille (13).

 

En recherchant leur système HLA, qui est la combinaison des gènes propres à chacun, on a trouvé le gène correspondant à cette maladie. La biopsie ayant révélé qu'elles avaient des lésions de myofasciite, j'ai fait rechercher l'anomalie propre à la po[yarthrite chez un petit nombre de patients à myofasciite. Je l'ai trouvée chez les deux tiers d'entre eux alors qu'elle est présente chez environ 17 % des personnes en bonne santé dans la région. »

 

L'aluminium coupable.

Malgré toutes ces découvertes, le lien entre ces lésions et le déclenchement de certains troubles n'a toujours pas été établi. Les résultats de l'étude épidémiologique mise en route par l' Afssaps début 2002 devaient être rendus publics à la fin de l'année dernière, puis au premier trimestre 2003.

 

On nous les annonce maintenant pour fin 2003… mais, avant même d'en connaître les conclusions, des spécialistes émettent des doutes sur la possibilité d'arriver à des conclusions solides en raison du nombre très faible de patients retenus par l'étude. Si on arrive à apporter la preuve que les lésions de myofasciite sont  la cause des troubles dont se plaignent les patients, il faudrait logiquement remplacer l’aluminium par un autre adjuvant.

Un coup considérable pour les fabricants de vaccins.

Qui considèrent que l'aluminium est un très bon stimulateur de l'immunité. Et quand on se souvient que la campagne de vaccination du milieu des années quatre-vingt-dix a été entièrement déléguée aux laboratoires par les autorités sanitaires, on peut légitimement mettre en doute la réelle volonté du gouvernement d'avancer sur ce point épineux.

 

Cet état de fait est d'autant plus regrettable qu'évacuer le problème, c'est se priver de voies de recherche dans le domaine de l'immunologie.

Ainsi, le Pr Gherardi a trouvé chez les patients atteints de myofasciite une augmentation des  cytokines, signe d'une activation chronique du système immunitaire. On retrouve cette élévation dans différentes maladies caractérisées par un déficit immunitaire: sida, cancers, hépatite C… « Les cytokines sont impliquées dans tous les systèmes de connexion entre les systèmes immunitaire, endocrinien et nerveux.

 

Ces phénomènes mériteraient des recherches sur les lésions dues à l'aluminium mais tous les projets dans ce domaine se voient refusés »,  s'insurge le Pr Gherardi. « Pourtant, indique Pascale Giraudon, spécialiste en neuroinflammation et en neurovirologie à l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à Lyon (69), les cytokines communes au système immunologique et au système nerveux sont actuellement un sujet de recherche brûlant.

 

On peut imaginer que, chez certaines personnes qui ont un système de régulation déficient, une stimulation externe puisse entraîner le passage des cytokines dans le système nerveux, qui normalement les détruit. C'est ce qui se passe dans de nombreuses infections virales : les cellules participant à l'immunité et qui sont infectées par un virus entrent dans le cerveau. Le virus s y multiplie et entraîne des troubles cognitifs (mémoire, concentration...)

 

Prédispositions génétiques.

On retombe alors sur la question de la susceptibilité génétique du système immunitaire. La réaction immunitaire normale se fait en deux temps : d'abord, une production de lymphocytes et d'anticorps ; ensuite, le développement d' autres cellules qui vont stopper cette réaction.

 

Mais, chez certaines personnes prédisposées, un agent extérieur qui peut être l'aluminium, est susceptible d'entraîner un dysfonctionnement de ce processus.

Peu importe, si, comme le suggère François Verdier, responsable de l'évaluation pré - clinique des vaccins chez Aventis – Pasteur, l'aluminium est le témoin de ce dysfonctionnement et non pas la cause: il est bien sur la sellette.

 

En résumé, dit Pascale Giraudon, « l'aluminium appuie trop fort sur le premier bouton qui stimule la réaction immunitaire et comme le deuxième, censé l'arrête et fonctionne mal, on a beau appuyer dessus, la réaction continue... Ce qu'il faut remettre en cause, c'est l'adjuvant aluminique.

 

 A-ton vraiment besoin de pousser à bout la réponse immunitaire ? »  Bonne question, en effet. Mais, en attendant cette mise en cause salutaire, au demeurant peu probable, il est impératif d'être circonspect vis-à-vis des vaccinations contenant de l'aluminium, en particulier la vaccination contre l'hépatite B. De fait, les personnes ayant des antécédents de maladie auto-immune ou des parents souffrant d'une telle affection devraient s'abstenir d'y recourir.

Catherine Sokolsky

(1) Spécialiste de l'étude au microscope des tissus musculaires et nerveux.

(2) Macrophagic myofasciitis : An emerging enrltY », The Lancet, 1/8/98.

 

 

 

TEMOIGNAGE.

 

"Je n'étais jamais malade".

En 1996, Alain Faudier, quarante quatre ans, est installé depuis quelques années à La Ciotat (13) comme peintre-décorateur.

« Mon métier me plaisait, je travaillais beaucoup à l'époque, je n'étais jamais malade», se souvient-il. Il est contraint de se faire vacciner contre l'hépatite B, sa femme étant assistante maternelle.

 

Quelques mois plus tard, Alain se sent très fatigué, puis souffre de douleurs musculaires. D'examens en examens, tous négatifs, il se voit coller l'étiquette de fibromyalgique.

Il raconte: «  Le médecin qui me suivait pensait que je ne voulais plus travailler. Pour beaucoup de médecins, c'était « dans la tête ». Supportant très mal l'absence de diagnostic malgré des troubles de plus en plus importants, Alain accueille très bien l'annonce en juin 2002 de sa myofasciite à macrophages.

 

Contraint de cesser son travail, il est actuellement considéré comme invalide à 66 %. Depuis un an, son état a empiré, il souffre de gros troubles de sommeil. Ayant rejoint l'association Entraide aux malades de myofasciite à macrophages (voir encadré, p. 43),il milite pour attirer l'attention des médecins sur cette affection. «  Dans la région, regrette-t-il les malades n'arrivent pas à être reconnus comme invalides.

Certains médecins auxquels j'ai donné de la documentation m'ont dit: « Je ne veux pas la lire. » Alain Faudier, la Ciotat (13).

 

TEMOIGNAGE.  

 

" On aurait dit une petite grand-mère".

En 1993 et 1994, Rébecca, alors adolescente, subit les trois injections contre l'hépatite B et le rappel. «  Quelques années après, explique sa mère, Michelle Madonna, ma fille a commencé à souffrir d'une intense fatigue, elle dormait d'un sommeil comateux. Au début de l'année 2000, son état s'est aggravé brusquement et, depuis cette époque, elle n'est plus jamais sortie seule.

 

On aurait dit une petite grand-mère, son teint était cadavérique, je pensais qu'elle allait mourir. » Malgré les apparences, tous les examens étaient normaux. Le médecin de Rébecca reste néanmoins convaincu que son problème n'est pas psychologique.

 

En juillet 2000, la jeune fille subit une biopsie qui donne le diagnostic de myofasciite. Sa mère rentre alors en contact avec les spécialistes de cette lésion et fonde sa propre association. Aujourd'hui, Rébecca vit au ralenti. Elle poursuit ses études grâce au Centre national d'enseignement à distance mais ne reçoit aucune aide.

Rébécca a une demi-soeur, également vaccinée contre l'hépatite B : elle a développé une sclérose en plaques.  Michèle Madonna - Villenave-d'Ornon ( 33 )

 

TEMOIGNAGE.

 

  "Une invalidité de 80% ".

«On nous avait dit que l'hépatite B pouvait s'attraper par la salive, se souvient Patricia Baslé. Ma mère ayant contracté cette maladie, mon mari et moi - même nous nous sommes faits vacciner en janvier 1996.

Très rapidement, j'ai ressenti une fatigue qui s'est peu à peu intensifiée. Moi qui allais aux champignons dix-huit heures par semaine, qui faisais de l'artisanat, de la peinture, je ne pouvais plus rien faire. Je devais dormir plusieurs heures en rentrant du travail.

 

Puis sont arrivées les douleurs musculaires et articulaires ainsi que les problèmes de mémoire et de concentration. Je n'arrivais plus à conduire, j'étais de moins en moins fiable dans mon travail de comptable. » Commence alors la série des examens, tous négatifs. À la suite d'une petite opération, Patricia se sent épuisée.

 

Hospitalisée au CHU de Dijon pour une suspicion de myasthénie, elle subit une biopsie musculaire qui révèle une myofasciite à macrophages. Comme on ne lui propose aucune solution, elle rentre en contact avec un autre malade sur Internet et consulte le Pr, Patrick Chérin à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Elle y subit régulièrement de nombreux examens. Le traitement? « Le repos, l'évitement de tout souci sont les seuls remèdes car le stress, l'angoisse sont des mangeurs fabuleux d'énergie. Il faut arriver à accepter la maladie, du moins en partie.»

 

En arrêt longue maladie depuis juin 2001, Patricia est reconnue invalide à 80% par la Cotorep.

En 2002, Patricia a repris la présidence de l'association Entraide aux malades de myofasciite à macrophages, malgré cette vie au ralenti forcée. Patricia Baslé - Vitteaux (21)

Catherine Sokolsky

 

QUE CHOISIR

11, Rue Guénot

75555 Paris cedex 11

Tel : 01 - 43 - 48 - 55 - 48

 

Site : http://www.quechoisir.org.

 

 

 

L’IMPATIENT (REVUE ALTERNATIVE SANTE).

Octobre 2003 N° 304 pages n° 10  et 11.

 

VACCIN ANTI – HEPATITE B.

 

Le Faux Consensus.

Un groupe d'experts mandatés par le ministre de la Santé vient de recommander la relance de la vaccination contre l'hépatite B, après un soi-disant débat démocratique, dont la partialité est dénoncée par les associations de victimes de cette vaccination.

Au même moment, la Cour d'appel de Versailles reconnaissait le lien de causalité entre cette vaccination et la maladie neurologique grave dont souffre Madame Laignier-Colonna.

 

«Alerte, on va revacciner», écrivions-nous, il y a un an et demi  après le lancement du Plan hépatites, par Bernard Kouchner, ministre de la Santé de l'époque (ALTERNATIVE SANTÉ -L'impatient, avril 2002).

La reprise des vaccinations décidée alors n'ayant sans doute pas été assez rapide à ses yeux, le lobby favorable à cette vaccination a décidé de frapper un grand coup en organisant ce qu'on appelle une Conférence de consensus. Après deux jours d'un simulacre de débat public, où tout semblait joué d'avance, un jury bien manipulé par un groupe d'experts de plusieurs pays a adressé au ministre de la Santé des recommandations pour une reprise massive des vaccinations. Avec une priorité : la vaccination de tous les nourrissons.

 

Une recommandation qui tombe bien au moment où l' on va lancer sur le marché français les vaccins hexavalents : Infanrix - Hexa et Hexavac (6 vaccins - dont celui contre l'hépatite B en une injection). Le jury recommande par ailleurs la vaccination de tous les enfants et adolescents non vaccinés à la naissance. Reprenant le double langage officiel, il admet que les « études épidémiologiques ne permettent pas d'exclure un (risque) de faible ampleur» de maladies démyélinisantes (comme la sclérose en plaques), chez les adultes, mais précise que les études publiées ne sont pas convaincantes.

 

Il insiste sur la reprise de la vaccination des adultes à risque et sur l'obligation qui s'impose aux personnels de santé.

La préparation de ces deux journées de débats avait été confiée à l'Inserm (1) et à l'Anaes (2). Cette dernière est une agence  qui  a notamment pour but d'évaluer les pratiques de prévention ou de soins controversées, en organisant des conférences de consensus. Dans ces conférences, un panel d'experts présente les différents points de vue et un jury est chargé de faire des recommandations à l' organisme demandeur, le ministère dans le cas présent.

 

Liens avec l'industrie pharmaceutique !

Début septembre, le Revahb, l'une des associations qui regroupent les victimes de ce vaccin, écrivait au ministre de la Santé pour dénoncer les conditions dans lesquelles avait été organisée cette conférence : «Nous constatons qu'un certain nombre des experts devant animer cette réunion ont des liens d'intérêt reconnus avec l'industrie pharmaceutique.

 

[...1. Nous sommes stupéfaits de voir qu'aucun représentant de notre association, qui représente près de 2500 victimes des effets indésirables de ce vaccin, n'aura l'opportunité de s'exprimer publiquement [...1. La lecture du programme laisse préjuger du résultat d'un consensus qui ne sera décidé qu'entre les défenseurs passionnés de la vaccination universelle, des médecins acharnés, liés à l'industrie pharmaceutique et des pharmacologistes frileux. [...]. 

Cette conférence ne servira qu'à renforcer et cautionner les décisions déjà prises depuis une dizaine d'années par le ministère de la Santé.[...1 Elle permettra de faire croire à l'innocuité totale de cette vaccination. »

 

Les "gêneurs" n'ont pas été conviés!

Quelques jours plus tôt, les cinq familles de victimes décédées qui avaient porté plainte au pénal en 1998 et 1999, et dont l'affaire a fait grand bruit en novembre 2002, après le rapport d'expertise du Dr Girard (4), déposaient une requête auprès de Mme Bertella - Geffroy, juge d'instruction. Elles lui demandent d'enquêter sur les irrégularités dénoncées par le Revahb.

 

Celles-ci semblent nombreuses, si l' on se réfère aux règles des conférences de consensus telles qu'elles sont définies dans un document de l'Anaes (5). On peut relever le délai d'organisation : six mois au lieu des douze prévus. Le choix des experts ne répond pas à « la diversité des opinions concernant le thème de la conférence », prévue par les règles de l' Anaes.

 

La plupart sont connus pour leur activisme en faveur de cette vaccination et sept d'entre eux sur quinze ont des liens avec les fabricants de vaccins! On pouvait noter parmi les experts français, la présence du Pr Bégué, ancien président du Comité technique des vaccinations, qui a écrit des articles pour des plaquettes financées par les laboratoires. Et parmi les experts étrangers, le Pr Van Damme, qui organisait en novembre 1993 un congrès international à Cannes sur le contrôle du risque de contamination par l'hépatite B.

 

Ce congrès, financé par les laboratoires SmithKline Beecham, est à l'origine de la campagne de vaccination massive en France en 1994/1995. En revanche aucun des experts français, comme le Dr Marc Girard, le Dr Gherardi ou étrangers comme les Drs Bonnie Dunbar, Mark Geier, Monica Fisher qui ont publié des analyses concluantes sur les effets indésirables de cette vaccination n'avaient été invités.

 

Le jury, chargé de tirer les conclusions de la conférence, devait être choisi parmi des personnes n'ayant pas pris de position publique sur le sujet. Or, trois de ses membres sur 15, dont le président, ont des liens avec les fabricants de vaccins !

«Les représentants du grand public (association de malades ou de consommateurs) ou des médias » prévus par le texte de l'Anaes, avaient été réduits à la portion congrue, avec la seule présence de Marcel Royez, président de la Fnath (6), aux côtés des douze autres membres tous professionnels. Enfin, il n’y a pas eu de débat avec le public lors des exposés des experts, mais uniquement lors de la réunion de synthèse le deuxième jour.

 

Deux personnes pour chacune des deux associations de victimes: Revahb et E3M (7) avaient été invitées, ce qui ne leur laissait guère de place pour s'exprimer face aux nombreux professionnels, même si au dernier moment quelques autres victimes ont pu être admises.

 

Des éléments qui sèment le doute.

Interpellé   par  ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient,  le  directeur  de   l'Anaes  a  assuré  que  les règles de fonctionnement des conférences de consensus avaient dû être changées à la demande du ministère qui souhaitait une réunion rapide: elle aurait même dû se tenir avant l'été! On a du mal à admettre que ces règles aient été justement changées au moment d'aborder un sujet aussi chaud. Et cela d'autant plus que les nouvelles règles ne seront définies qu'ultérieurement.

 

Un aveu qui donne raison aux accusations du Revahb. Si la quasi-totalité des exposés réfutaient l'existence des effets indésirables du vaccin contre l'hépatite B et plaidaient pour une reprise des campagnes de vaccinations, quelques éléments sont toutefois venus semer le doute. On a pu constater la faiblesse des données disponibles concernant l'épidémiologie de l'hépatite B et celle de la sclérose en plaques (SEP), ce qui ne permet pas de faire des études sérieuses sur le rapport bénéfices-risques du vaccin.

 

Une étude est parue au mois d'août 2003 mettant en évidence un lien significatif entre la vaccination et la SEP. Cette étude a été présentée en direct des États-Unis par son auteur (au téléphone) pendant la conférence. Mais elle a ensuite été réfutée par les experts, qui une fois de plus, s'en tiennent à la thèse de l' Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) : on ne peut ni conclure, ni exclure l'existence d'un risque de SEP post - vaccinaI chez les adultes. C'est le seul doute qui existe à leurs yeux, mais ils nient tout lien avec des maladies auto-immunes chez les adultes et avec une quelconque maladie chez les enfants.

 

Annie Fourrier, co-auteur d'une longue communication rédigée avec le Pr Bernard Bégaud, a donné un résumé des résultats de l'étude épidémiologique que l'Afssaps doit publier depuis un an sur la  responsabilité  de la vaccination dans  la  myofasciite  à  macrophages.  Mais chef  d 'œuvre du double langage, elle a su reconnaître à la fois ce lien et le nier avec des phrases contradictoires.

 

Pour les victimes, il n 'y a pas de doute: (Cinq à six cas de myofasciites à macrophages sont diagnostiqués chaque semaine en France et il y a des cas dans plusieurs pays) a souligné Patricia Baslé présidente de l'association E3M, déplorant l'aveuglement des experts. Pour la justice aussi, la cause est entendue. Le 12 septembre 2003, la Cour d'appel de Versailles reconnaissait, pour la troisième fois, (un lien de causalité certain et direct) entre la vaccination contre l'hépatite B et le syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique grave dont est victime Mme Laignier - Colonna. Le laboratoire Aventis - Pasteur a été condamné à l'indemniser (lire encadre).

 

(1) Institut national de la santé et de la recherche médicale.

(2) Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé. Internet: http:// www.anaes.fr

(4) Lire. Des révélations accablantes », ALTERNATIVE SANTÉ - L 'Impatient, décembre 2002.

(5) Les conférences de consensus. Base méthodologique pour leur réalisation en France. Janvier 1999. Disponible sur le site Internet de l'Anaes.

(6) Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés.

 

ENCADRE.

 

Le Laboratoire Aventis-Pasteur condamné.

Le  12  septembre  dernier,  pour  la  troisième   fois,  un  fabricant  du  vaccin  hépatite B,  le  laboratoire  Aventis-Pasteur, a été condamné par la Cour d'appel de Versailles a indemniser une victime du vaccin B, un Mme Paule Laignier-Clonna. Commerçante à Porto-Vecchio, en Corse, Mme Laignier-Colonna a été vacciné en 1995 avec le Genhévac du laboratoire Pasteur.

 

Atteinte de tétraplégie quelques jours après la vaccination, elle a été hospitalisée à plusieurs reprises pour un syndrome de Guillain-Barré, une maladie démyélinisante plus grave que la sclérose en plaques (SPE) et qui se traduit par une paralysie des membres avec des troubles respiratoires graves.

Il lui faudra neuf mois de rééducation pour récupérer en partie l'usage de ses bras et de ses jambes. Avec des séquelles graves et sans doute définitives qui l'handicapent aussi bien dans sa vie professionnelle que dans sa vie personnelle.

 

« Je n'ai plus de force dans les doigts. J'écris très difficilement. Mais je ne peux pas faire le ménage, ni porter de la vaisselle. Je tiens un commerce de vêtements et je ne peux pas pincer des cintres, ni ouvrir une pince à linge. Je n'ai que 42 ans. Je ne peux plus danser, ni faire du sport. Je porte des attelles pour marcher et j'en porterais toute ma vie, car je n'ai pas d'équilibre. Je ne peux pas mettre de bermuda ou de pantalon court, je suis obligée de porter des pantalons longs pour cacher les attelles. Je marche comme un pachyderme », explique-t-elle faisant courageusement face à son handicape.

 

Le 4 avril 1997, elle était la première victime du vaccin à avoir gagné en première instance, au tribunal de Nanterre (1). Dans ces attendus, le tribunal citait l'enquête publiée deux ans plus tôt par notre journal (2). Il lui aurait donc fallu plus de six années supplémentaires pour obtenir gain de cause en appel, rejoignant Mmes Jeanpert et Leroy, toutes deux attentes de S E P post-vaccinale et qui avaient gagné en appel contre le laboratoire SmithKline Beecham, le 2 mai 2001 (3). S K B a porté l'affaire en cassation – le jugement de la Cour de Cassation devrait être connue au mont où ce numéro sortira en kiosque. Il est fort probable que le laboratoire Aventis-Pasteur portera aussi ce nouveau jugement en cassation.

(1) (2) (3) ALTERNATIVE SANTE - L'Impatient, mai 1997 - mai 1995 - juin 2001

Régis Pluchet

 

L’IMPATIENT ALTERNATIVE SANTE

Adresse : 11, Rue Meslay

75003 Paris Tel : 01- 44- 54- 87- 00

 

Site : http://www.alternative-sante.fr

 

 

 

 

 

Transcription  de  l'enregistrement  de   l'émission  Science-Friction »  de  France-Culture

( novembre 2003) consacrée au Vaccin Hépatite B.

 

INTRODUCTION.

La France reste le seul pays au monde dans lequel persiste une violente controverse concernant l'innocuité du vaccin contre l'hépatite virale type B.

Cette maladie contagieuse est transmissible par voie sanguine et sexuelle. Elle peut devenir chronique, et se transformer en cirrhose, puis en cancer du foie .

Sans nier son efficacité, certains estiment aujourd'hui que la vaccination contre l'hépatite B peut parfois provoquer de graves effets secondaires.

 

Pour leur part, les autorités sanitaires françaises recommandent la vaccination de tous les enfants de moins de deux ans. La vaccination est également imposée à un certain nombre de personnes travaillant dans le milieu médical. La controverse vient tout récemment d'être relancée par la publication (mi-septembre) des conclusions d'une conférence internationale d'experts réunis à la demande du Ministère français de la Santé. Ces experts ont conclu à la nécessité absolue de vacciner systématiquement contre l'hépatite B les enfants âgés de moins de 2 ans. Il s'agit, selon eux, d'un « devoir d'état ».

Par  ailleurs,  le  23  septembre, la  Cour de Cassation a jugé  que  « le lien de causalité entre  le  vaccin contre l’hépatite B et les effets secondaires qui lui étaient attribués n'était pas scientifiquement établi». Elle a ainsi donné gain de cause au fabricant de vaccin GLAXO-SMITH-KLINE, en cassant les arrêts rendus en 2001 par la Cour de Versailles en faveur de deux femmes vaccinées en 1994 et 1995, et atteintes de sclérose en plaque. Ce jugement a été aussitôt dénoncé par l'association REVAHB, qui réunit plusieurs centaines de personnes estimant être victimes de cette vaccination.

 

Existe-t-il aujourd'hui des éléments scientifiques établissant avec certitude un lien de causalité ? Comment comprendre qu'en dépit de la politique vaccinale officielle, moins d'un enfant âgé de moins de 2 ans sur trois soit aujourd'hui vacciné ? 

Pour tenter de clarifier cette situation, nous recevons aujourd'hui dans Science-Friction Alain GOUDEAU et Dominique LE HOUEZEC .

 

Alain GOUDEAU, vous êtes médecin, chef du département de Bactériologie- Virologie du CHU de Tours, et co-inventeur du premier vaccin contre l'hépatite B.

Face à vous, Dominique LE HOUEZEC, vous êtes également médecin, pédiatre, et membre de l'association «RESEAU EVALUATION HEPATITE B», qui rassemble, je le rappelle, les personnes victimes du vaccin contre l'hépatite B.

 

France Culture : Alain Goudeau, pouvez- vous nous rappeler les principales informations qu'il faut connaître sur l'hépatite B, concernant son mode de transmission ou sa pathologie ?

 

Alain Goudeau : C'est un virus transmis par le sang (une virhémie), un passage de virus très intense au cours de l'hépatite B. Donc, le sang est le vecteur principal de transmission, et les sujets qui ont été exposés au sang sont principalement visés (transmission sexuelle ou médicale par exemple).

C'est une maladie qui, souvent, est cliniquement peu bruyante au départ, mais qui a une conséquence grave : s'implanter de façon durable dans l'organisme. Environ 10% des sujets infectés vont devenir porteurs chroniques du virus. Les conséquences à moyen terme de ce portage chronique du virus sur 10 à 15 ans sont la cirrhose et le cancer du foie.

 

France Culture : Dominique LE HOUEZEC, êtes-vous d'accord avec cet exposé de la pathologie de l'hépatite B ?

 

Dominique Le Houezec : Oui tout à fait. Je voudrais tout d'abord me présenter car je suis beaucoup moins connu que Monsieur Goudeau. Je suis un médecin pédiatre, pratiquant une médecine traditionnelle (par exemple, je ne connais rien à l'homéopathie)….

 

« trou » de 30  secondes environ sur la bande magnétique... impossible de savoir ce qui c’est dit !...

 

Alain Goudeau : Faisons un peu d'anatomie du virus. A la surface du virus, il y a des substances virales chargées de reconnaître les cellules cibles (hépatocytes dans le cas des cellules du foie, en cas de virus de l'hépatite B), et de s'y accrocher. Ce qu'on essaie de faire avec les vaccins, c'est de développer des anticorps contre cet accrochage.

Dans les vaccins anti-hépatite B, il y a la partie externe du virus (son enveloppe) qui est purifiée, et on fabrique des anticorps anti-enveloppe, qui empêchent le virus de s'accrocher sur l'organisme.

 

France Culture : Aujourd'hui,  comment   peut-on  qualifier  cette  maladie  en  terme  de  personnes  infectées, et de personnes vaccinées ?

 

Alain Goudeau : Si on parle d'épidémiologie mondiale, c'est probablement une des 3 ou 4 premières maladies infectieuses, toutes populations confondues : entre 350 et 400 millions de porteurs chroniques dans le monde. C'est énorme, avec des situations très diversifiées, des portages très intenses en Asie (plus de 10% de la population générale porteuse chronique de virus) et des situations beaucoup plus calmes comme l'Europe de l'Ouest et l' Amérique du Nord. En France, 100.000 porteurs, c'est non négligeable, mais moindre qu'en Asie.

 

France Culture : Le nombre de personnes vaccinées en France est-il de combien actuellement ?

 

Alain Goudeau : En France, actuellement, je dirais environ 1/3 de la population, bon an mal an.

 

France Culture : Du fait des campagnes précédentes de 1994/1995 ?

 

Alain Goudeau : Oui, et à une continuité de la vaccination, à l'obligation vaccinale du personnel de Santé, ainsi qu'a des gens qui se vaccinent.

 

France Culture : Dominique LE HOUEZEC, comment voyez-vous la situation vaccinale de l'hépatite B, puisque vous collectez les informations de personnes qui auraient eu des effets secondaires ?.. Comment analysez-vous la situation aujourd'hui ?...

 

Dominique Le Houezec : Je pense effectivement que l'hépatite B est un problème de santé majeur pour la planète, mais qu'il l'est beaucoup moins pour notre pays, la France. Je pense que c'est un problème qui a été mis en avant de façon un peu excessive, dans la mesure où la France est un pays où l'endémie de l'hépatite B est beaucoup plus faible, et où (comme le disait Monsieur GOUDEAU) on recense environ 100.000 porteurs de virus. Mais ce sont là des chiffres approximatifs, des estimations.

 

A l'heure qu'il est, au jour d'aujourd'hui, alors qu'on a commencé une campagne vaccinale assez massive, d'après le nombre de vaccins vendus, je pense que c'est plutôt la moitié de la population (30 millions de personnes) qui ont été vaccinées, plutôt qu'un tiers.

C'est énorme de vacciner 30 minions de personnes en quelques années. Ce n'est pas négligeable pour une maladie dont, au départ, on ne connaissait pas les chiffres exacts. On s'est basé sur des approximations, donc, actuellement, on ne sait pas combien d'hépatites aiguës en France chaque année. On a une déclaration obligatoire qui a commencé à être effective au printemps de cette année. Donc, on se bat sur des chiffres un peu discutables.

 

France Culture :   Donc,  il  y  a  eu  ces  campagnes  de  vaccination.  Comment  cela  s'est-il  passé ?  A   partir de quand cette association REVAHB a-t-elle été créée ?… et pour quel motif ?

 

Dominique Le Houezec : L' association REVAHB, qui est le « Réseau d'Evaluation du Vaccin Hépatite B » a été créé par des personnes qui pensaient avoir déclaré des effets secondaires à la suite de ce vaccin, et principalement des effets secondaires neurologiques, c'est à dire des scléroses en plaques. Donc, il y a eu plusieurs personnes qui se sont regroupées en se disant : «Tiens !... C'est bizarre, je me suis fait vacciner, ça allait très bien avant, et tout d'un coup ça ne va plus du tout. Et mon neurologue vient de me trouver une sclérose en plaques. Qu'est-ce qui se passe ? Il n’y a aucun cas dans ma famille !...etc...». Donc, il y a eu une espèce de regroupement, un effet de boule de neige.

 

France Culture : Vers quelle époque ?

 

Dominique Le Houezec : Début 1977. A cette période là, par le bouche à oreille, et aussi grâce à un journal qui s'appelle «Alternative Santé», et a permis à ce mouvement de naître, puis, par d'autres médias, il y a eu une reconnaissance de ce problème, qui avait quand même été déjà soulevé en 1994 par une équipe de neurologues de la Salpetrière, qui avaient dit: «Attention, c'est bizarre, on a une vingtaine de cas de jeunes femmes qui ont déclaré une sclérose en plaque dans les suites de ce vaccin. Est- ce qu'il y a une coïncidence ou pas ?… » Donc, ils avaient déjà alerté les autorités sanitaires, en particulier l'Agence du Médicament de l'époque.

 

France Culture : Et aujourd'hui, vous rassemblez combien de personnes ?

 

Dominique Le Houezec : A l'heure actuelle, il y a environ 2500 personnes qui ont été, ou sont encore adhérentes, et qui ont déclaré des effets secondaires graves (ce ne sont pas une rougeur au point d'injection !...) Principalement, on a des gens qui ont déclaré des effets secondaires neurologiques, des scléroses en plaque, ou des Maladies de Guillain-Barré, également des maladies auto-immunes qui attaquent le système immunitaire (l'immunité se retourne contre soi), c'est à dire des polyarthrites rhumatoïdes, des lupus, des affections de la thyroïde. Et puis, également, une maladie qu' on ne connaît pas bien. qui vient d'être décrite par des chercheurs français, qui s'appelle la myofasciite à macrophages.

 

C'est un terme un peu barbare. C'est une maladie qui semble un peu terrible dans la mesure où ça déclenche des effets secondaires, une fatigue chronique, des douleurs partout : ce sont des gens qui sont terrassés. On se pose la question de savoir si ce vaccin ne déclenche pas, par le biais de l'aluminium, cette affection.

 

France Culture : Par le biais de ?...

 

Dominique Le Houezec : l'aluminium, qui est un des constituants..., mais je laisse Monsieur GOUEAU en parler il connaît mieux le sujet que moi.

 

France Culture : Pour en terminer sur ce sujet, le lien, d'après vous existe-t-il ?

 

Dominique Le Houezec : Il y a une grosse suspicion à mon avis. Et il y a une étude (vous parliez de la Conférence de Consensus internationale qui a eu lieu effectivement les 1O et Il septembre derniers). Il y a eu là une publication, ou plutôt un abstract, un résumé, d'un épidémiologiste américain, Miguel HERNAN, qui est intervenu directement au téléphone (c'était en anglais et je n'ai pas tout suivi).

Il a laissé des documents, il a montré des diapositives. Ce monsieur a retrouvé dans une population anglaise, puisque les Anglais font beaucoup mieux de l' épidémiologie que nous : ils ont un système informatisé, un outil qui est beaucoup plus fiable.

 

Il a trouvé une incidence de la sclérose en plaques chez les gens vaccinés qui est 3 fois plus importante que chez les non vaccinés. Donc, ça c'est la première étude qui montre un chiffre aussi net, alors que les études françaises, pour l'instant, montraient des chiffres qui n'étaient pas très démonstratifs sur le plan statistique, mais qui allaient quand même dans le même sens.

 

France Culture :  Alain  Goudeau,  comment  réagissez-vous à la problématique des effets secondaires, et de la collecte de ces informations par l'association REVAHB ?

 

Alain Goudeau : La première chose, c' est que le débat doit être serein dans une affaire comme celle-là. J'aime bien le ton que prend cette conversation. On a eu dans le début de cette affaire des aspects passionnels. On parlait tout à l'heure de notre collègue neurologue. Il n'a pas alerté les autorités de santé : il a fait 4 pages dans VSD en couleur, voilà ce qu'il a fait !...C'est comme ça que ça a commencé, toute cette affaire. Ce n' est pas la bonne manière d'aborder des problèmes médicaux réels. Ce qu'on a comme travail à faire, c'est de regarder l'incidence d'une maladie fréquente (la sclérose en plaques) dans la tranche d'âge considérée.

 

Maladie fréquente, probablement la maladie neurologique la plus fréquente en occident, qui survient à un âge ou le vaccin est administré le plus fréquemment. Regarder cette incidence, et voir si elle est majorée chez les vaccinés par rapport à la population générale. C'est aussi simple que ça !... Jusque là, les études publiées, nombreuses : il y a maintenant une dizaine d'études publiées, y compris aux USA (je vous rappelle que les USA ont une couverture vaccinale hépatite B de plus de 90% de leur population). Plus de 90% des Américains sont vaccinés contre l'hépatite B, et ça depuis 1994.

 

Toutes ces études publiées (je ne parle pas d'abstracts ou de conférences téléphoniques, je parle d'études publiées dans des revues internationales) ne montrent pas d'augmentation d'incidence de la sclérose en plaques statistiquement significative après vaccination contre l'hépatite B. Au passage, d'ailleurs, il est intéressant de regarder les autres vaccinations. Je me souviens d'avoir posé au neurologue dont on parlait tout à l'heure la question : « Avez-vous posé à votre patient la question de savoir s'il avait été vacciné contre autre chose ?… » Il m'a répondu : « ça ne m'est pas venu à l'idée.. » Quand on fait des études scientifiques, il faut faire des études scientifiques.

 

Aujourd'hui, les études scientifiques publiées, y compris dans les meilleures revues, par exemple (inaudible...) ne montrent pas de corrélations. Est-ce pour ça qu'il faut dire : «les gens nous mentent, les gens se trompent...» et baisser sa vigilance ?... Non, je pense que le geste vaccinal est un geste important. On en parlera sûrement ensemble tout à l'heure. Ca veut dire que, quand on fait une vaccination de cette importance en santé publique, on continue à surveiller de très près.

Moi je pense que la coopération qui s'est instituée entre les collectifs de patients, qui estiment à tort ou à raison avoir une pathologie en rapport avec une vaccination, et les autorités sanitaires est une bonne chose. Ca permet de mieux étudier ce qui se passe.

 

Pour l'instant, à titre personnel, les données scientifiques qui me sont soumises me rassurent complètement, et je comprend pourquoi le Ministère n'a pas arrêté la vaccination, et continue à la rembourser : parce que les faits scientifiques sont patents. Si demain les faits scientifiques donnaient autre chose, nous serions tous partants pour arrêter la vaccination.

 

France Culture : Sur l'effet de l'aluminium que citait Dominique LE HOUEZEC, comment pouvez vous expliquer ce phénomène ?

 

Alain Goudeau : En France, on a eu cette émergence de la sclérose en plaques, qui est unique. Les Américains ont écarté ça rapidement, en faisant des enquêtes épidémiologiques ne montrant pas d'augmentation d'incidence. Une équipe française a montré qu'il y avait un syndrome authentique cliniquement (les malades ne sont pas contestables). On est bien d'accord là dessus : les malades ne sont pas contestables.

 

Donc, il y a des patients qui décrivent un syndrome grave, embêtant, et qui, dans leurs antécédents a des distances assez grandes (jusqu'à 5 ans). Je regardais aujourd'hui le petit compendium qu'a fait l'Institut National de Veille Sanitaire sur la myofasciite, le pic d'incidence se situe à 5 a 6 ans post-vaccinal. Ca veut dire que, si on prend des délais comme ça, il y a beaucoup de gens : 1/3 de la population française a été vacciné, ou une moitié. Donc, tous les gens ont des antécédents vaccinaux dans un délai compatible avec ça. C'est ça la réalité.

 

Donc, des gens qui ont un syndrome grave, et pour lequel le Ministère a ? ? ? longtemps. Puis une équipe a montré qu'au point d'injection où ils avaient été vaccinés contre l' hépatite B (ou le tétanos qui contient aussi de l'aluminium) il y avait des particules d'aluminium qui avaient été déposées.

Ils ont avancé l'hypothèse que c'était l'aluminium qui était en cause. Jusque là, à l'échelon international (j'ai encore eu récemment un article publié en 2003 aux USA) c'est une hypothèse qui a été écartée par la plupart des scientifiques et par l'OMS. Maintenant, pareil, il y a une étude en cours en France. On attend sereinement, scientifiquement, les résultats de cette étude, et puis cette étude nous dira aux uns et aux autres s'il y a des raisons de s'inquiéter.

 

France Culture :  Alors,  Dominique  LE  HOUEZEC,  par  rapport  aux  recommandations  actuelles,  à  la  fois  des experts internationaux, mais aussi des autorités sanitaires françaises, est-ce que vous êtes d'accord avec le fait de vacciner les enfants de moins de 2 ans ? Et là, il faudrait peut être préciser la raison de ce chiffre. Pourquoi avoir distingué    finalement    les    enfants    de    moins    de   2   ans   des   autres   enfants, et des adultes ?

 

Dominique Le Houezec : Je crois que le Ministère de la Santé pense qu'il y a un doute sérieux concernant la possibilité d'effets secondaires chez l'adulte. Il se dit qu'il y a quand même des choses troublantes en ce qui concerne la myofasciite et la sclérose en plaques chez l'adulte. Donc, s'il y a un problème chez l'adulte, ne prenons pas de risques. On va vacciner chez le nourrisson, où il y a très peu (ou pas, selon les gens) d'effets secondaires décrits.

Ca me paraît contestable parce que, sur le plan national, quant on fait de la Santé Publique, on est obligé de prendre le problème dans sa globalité.

 

Sur le plan individuel, le nourrisson n'a rien à attendre du vaccin de l'hépatite B. En France c'est une maladie (comme dit monsieur Goudeau) qui est transmise par le sang, par le sexe, qui n'est pas transmise par la salive comme on l'a dit lors des campagnes vaccinales, de façon éhontée. Donc, c'est une maladie qui concerne l'adulte jeune, et donc, vacciner le nourrisson ne lui apporte aucun bénéfice personnel.

 

Pour l'avenir, c'est une question qui reste en suspens. Les gens disent actuellement (M. Goudeau connaît mieux ce problème que moi) que l'immunité dure 20 ans, 30 ans, ou à vie disent certains. Je ne sais pas, puisque c'est un vaccin qui à une vingtaine d'années de recul. Je ne peux pas faire de science-fiction, donc je ne sais pas ce que ça peut donner 20 ou 30 ans après. Est-ce que ce n'est pas une fausse sécurité de vacciner le nourrisson, et se retrouver 20 ou 30 ans après devant un adulte qui se croit protégé, et qui ne l'est pas ?.. C'est la question que je pose.

 

Alain Goudeau : Il y a des points sur lesquels on peut se retrouver. C'est difficile, pour les pédiatres en particulier, d'expliquer à des parents qu'on vaccine un petit pour une maladie qui ne le concerne pas, mais qui va le concerner s'il devient toxicomane, si sa vie sexuelle est un peu agitée, s'il est médecin ou s'il voyage beaucoup. Ca demande des explications, et ce n'est pas si évident que ça de les donner.

 

J'étais encore récemment avec des collègues pédiatres qui me posaient cette question : «Comment j'explique aux parents que je peux vacciner un tout petit (que je vaccine déjà beaucoup) contre une maladie qui viendra de sa vie d'adulte ?» Personnellement, c'est pour ça que j'étais plutôt favorable à la vaccination des pré-adolescents, plutôt que des nouveau-nés, parce que les pré-adolescents sont dans la fourchette d'exposition aux risques, et peuvent prendre une décision personnelle (vaccination volontaire). Les nourrissons, c'est aussi une facilité, d'une certaine manière, car ils sont en quelque sorte «captifs» de leurs parents et du médecin pédiatre.

 

France Culture : Mais pourquoi cette frontière des 2 ans ?

 

Alain Goudeau : Voilà ! Je vais en profiter pour faire les gros yeux aux journalistes : il n'y a pas d'effets secondaires avant 2 ans. Ce n'est pas ça qu'ils devraient écrire c'est «qu'il n y a pas de maladies neurologiques de cette gravité avant 2 ans, indépendamment des vaccinations» . La sclérose en plaque n' atteint pas les tous petits, vaccinés ou pas.

Donc, la confusion entre vaccination et sclérose en plaques n'a pas lieu de se poser.

 

La sclérose en plaques «naturelle» (indépendamment de toute vaccination) ne survient pas chez les tous petits. C'est ça la vérité vraie de l'absence de confusion.

Ce n'est pas l'absence d'effets secondaires, c'est le fait que ça n'existe pas, même indépendamment de la vaccination. Ca nous met dans une situation de tranquillité d'esprit.

 

France-Culture : Ca suggère quand même que, au delà, le risque existe ?

 

Alain Goudeau : Ca suggère à tort, justement !... Il n'y a pas de sclérose en plaque chez le petit, qu'on le vaccine ou qu'on ne le vaccine pas. C'est ça qui devrait être écrit dans les journaux, ce n'est pas ce qui est écrit. C'est un message incompréhensible.

 

France-Culture : Dominique LE HOUEZEC, que pensez vous de ces difficultés ?

 

Dominique Le Houezec : Je suis un peu d'accord. C'est à dire qu'il est difficile d'imaginer qu'un vaccin déclenche (rarement, mais quand même puisse déclencher) une sclérose en plaques chez quelqu'un de 25 ou 30 ans, et que le même vaccin soit totalement inoffensif chez un tout jeune enfant.

 

France Culture : Il y a une raison physiologique à cela ?

 

Dominique Le Houezec : Oui : parce que le système neurologique n'est pas tout à fait le même. Mais je pense que, chez le nourrisson, dire qu'il n'y a pas d'effets secondaires, c'est peut-être aller un peu vite en besogne. Au sein du REVAHB, on a quand même des enfants, des jeunes enfants (il y a eu des publications internationales) qui ont déclenché des baisses des plaquettes ou des purpuras thrombopéniques, ces maladies auto-immunes. C'est rare, c'est exceptionnel...

 

France-Culture : Qui avaient été vaccinés ?

 

Dominique Le Houezec : Qui avaient été vaccinés (c'est une publication italienne), des enfants qui avaient été vaccinés à 6 mois.

 

France-Culture : Et c'est survenu à quel âge ?

 

Dominique Le Houezec : Dans les jours, ou les semaines, qui ont suivi. Ce sont des enfants qu'on guérit après. Au sein du REVAHB également, j'ai le souvenir, j'ai en tète une observation que je connais très bien (un petit Raphaël).

Il n'a pas fait une sclérose en plaques. C'est un enfant qui avait 5 mois quant il a été vacciné. On lui a d'abord fait un Pentacoque (le vaccin classique). Puis le médecin a décidé d'associer le vaccin hépatite B avec ce Pentacoque.

 

Le Pentacoque s'était très bien passé. La première injection qui associait le Pentacoque et l'hépatite B a commencé à donner des choses un peu bizarres, les parents ne le trouvaient plus pareil du tout : il dormait tout le temps, il pleurait. Un mois plus tard on fait un rappel, et alors c'est la catastrophe.

C'est un enfant qui a commencé à présenter des convulsions (ce qu'on appelle des spasmes en flexion). Il a déclenché ensuite ce qu'on appelle une encéphalite inflammatoire, qui a été reconnue comme telle par un expert neurologue parisien.

 

C'est un enfant qui se retrouve donc avec des séquelles graves actuellement. Donc, dire qu'il n'y a pas effets secondaires chez le nourrisson, je n'en suis pas aussi sur que ça, avant 2 ans en particulier.

 

Alain Goudeau : Encore une fois, les histoires ponctuelles qu'on raconte, avec des associations temporelles de médicaments, sont imparables. L' épidémiologie n'est pas faite d'histoires qu'on raconte.. L'épidémiologie est faite de comparaisons entre la survenue d'incidents de ce genre chez un vacciné, un non vacciné, un vacciné par un autre vaccin. C'est comme ça qu'on fait la science.

 

France-Culture : Vous voulez dire que l'incertitude c'est toujours de savoir si c'est dû au vaccin, ou si ça se serait produit de toute façon ?

 

Alain Goudeau : Voilà !.. Parlons de la thrombopénie de tout à l'heure. Des thrombopénies gaves, chez l'enfant, on en voit indépendamment de la vaccination hépatite B. Evidemment c'est rare, mais ça existe. J'ai un hôpital d'enfants de 300 lits dans ma ville, on en voit de temps en temps. Donc, c'est vrai qu'établir des relations de causalité, c'est toujours difficile.

 

On peut être partisan, et dire : «Tout ce qui tombe dans le sac de l'année où on a vacciné est dû au vaccin», ou dire : «Rien de ce qui a été observé n'est dû au vaccin». La science se situe ailleurs !...

Elle se situe dans des comparaisons, dans des choses qui sont plus compliquées à mettre en oeuvre. Pour l'instant, l'arsenal scientifique, avec les outils les plus puissants que j'ai pu voir en littérature, est rassurant. Voilà ce qu'on peut dire aujourd'hui !...

 

France-Culture : Dominique LE HOUEZEC, quand vous voyez, par exemple, la situation aux USA, comment l'interprétez-vous ?…