Qui ne gueule pas la vérité dans un langage brutal quand il sait la vérité se fait complice des menteurs et des faussaires. (Charles Péguy)

 

  

 

Documentation de Mars 2005 à Décembre 2005.

 

 

 

DOCUMENTATION EN RAPPORT AVEC LA MYOFASCIITE A MACROPHAGES ET LE VACCIN CONTRE L'HÉPATITE  B.

 

 

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Magazine NEXUS N°037 Page N° 54 à N° 64

mars-avril 2005

 

VACCINS MANOEUVRES ET DESINFORMATION AU TOUR DE LA PESENCE DU MERCURE ET DE LA PRESENCE DE L'ALUMINIUM DANS LES ADITIFS.

 

(1 ère partie de 2)

Bien que les agences gouvernementales américaines connaissent les effets neurologiques extrêmement nocifs des vaccins contenant un conservateur, du mercure et de l'aluminium, celles-ci n'ont pourtant pas obligé les fabricants à retirer ces métaux de la plupart des sérums, même destinés aux nourrissons et encore moins pour ceux dévolus aux pays en voie de développement.

 

On m'a demandé d'écrire un article sur les nouveaux mécanismes de détérioration du système nerveux ,causés par les vaccins. Mais entre-temps, je suis tombé sur un document incroyable qui devrait mettre à jour une importante opération de désinformation mise en scène par les lobbies pharmaceutiques et les agences gouvernementales.

 

Tout a commencé lorsqu'un ami m'adressa une copie d'une lettre adressée par le député David Weldon, MD, à la directrice des Centers for Disease Control (CDC), le Dr. Julie. L. Gerberding, dans laquelle il fait allusion à une étude menée par le Dr. Thomas Verstraeten, alors représentant des CDC, sur le lien entre l'exposition des nourrissons aux vaccins contenant du thiomersal (ou thiomersal, mercurothiolate ou merthiolate) et les troubles du développement psychomoteur (notamment troubles du langage et autisme) .. Dans cette lettre consternante, le député Weldon faisait référence à ce groupe d'étude qui intégrait les données du Vaccine Safety Datalink et mit en évidence un lien significatif entre exposition au thiomersal [sel de sodium d'éthymercure] via les vaccins et graves lésions neurologiques provocant tics, retards dans l'expression et le langage, et éventuels troubles déficitaires de l'attention).

 

Le député Weldon interpellait la directrice des CDC au sujet des raisons pour lesquelles, malgré cette étude, le Dr. Verstraeten  pouvait  publier  dans  la revue  Pediatrics,  près  de  quatre ans plus tard, des résultats démontrant l'inverse: l'absence  de  lien  entre  complications  du  développement  neurophysiologiques  et exposition au thiomersal chez les nourrissons. Dans cette lettre, le député Weldon fait référence au compte rendu de la rencontre qui constitua ce groupe d'étude, faisant grand état des déclarations improbables des « experts ». L'objectif du groupe était d'évaluer et d'examiner les données et les résultats du Dr. Verstraeten et d'émettre des recommandations qui conduiraient éventuellement à modifier la politique actuelle des vaccins.

 

J'ai contacté l'assistant parlementaire du député Weldon qui m'a aimablement envoyé la copie complète de ce rapport. Or, comme d'habitude dans de tels cas, le gouvernement n'en avait pas dévoilé le contenu de bon cœur; et il avait fallu faire jouer la loi américaine sur la liberté de l'information. Après l'avoir lu deux fois et minutieusement examiné, j'ai compris la raison de cette réticence. Il s'agit d'une véritable bombe, comme vous allez le constater. Dans mon analyse, je vais non seulement décrire et examiner ce document mais également citer mot pour mot les participants en précisant le numéro de page exact afin que les lecteurs puissent vérifier par eux-mêmes.

 

Cette  conférence,  « Scientific  Review  of   Vaccine  Safety  Datalink  Information »  [Étude scientifique des informations fournies par Vaccine Safety Datalink], eut lieu les 7 et 8 juin 2000 au Simpsonwood Retreat Center de Norcross en Géorgie et  rassembla  51  scientifiques  et  médecins,  dont  cinq  fabricants  de  vaccins  (Smith  Kline   Beecham,  Merck,  Wyeth, North American Vaccine et  Aventis Pasteur).

Lors des débats, les scientifiques se penchèrent sur les données de Datalink, dont le principal auteur était déjà le Dr. Thomas Verstraeten oeuvrant alors au National Immunization Program des CDC. Le député Weldon a découvert que le Dr. Verstraeten avait quitté les CDC peu après cette conférence afin d'aller travailler en Belgique pour GlaxoSmithKline, un fabricant  de  vaccins  (schéma   récurrent  baptisé «  porte  tournante »).  Par ailleurs,  Glaxo SmithKline  fut   impliqué dans plusieurs procès concernant des complications conséquentes à l'injection de ses vaccins.

 

En  ouverture,  le  Dr.  Roger  Bernier,  directeur  scientifique  adjoint  du  National  Immunization  Program (CDC),  retraça l'historique du problème. Il rappela qu'en 1997, le Congrès avait exigé que la FDAI (1. FDA : institution américaine de sécurité alimentaire et pharmaceutique) se penche sur la question de l'utilisation du mercure dans les médicaments et les préparations de nature biologiques (vaccins).

 

Suite à  cette  injonction,  la  FDA  réclama  des   informations  aux  fabricants.  Il  remarqua  qu'un  groupe  réunissant laboratoires et d'organismes de réglementation européens s'était réuni en avril 1999 et avait pris note de la situation, sans toutefois recommander le moindre changement. En d'autres termes, il ne s'agissait que d'une mise enscène.

À ce stade, le Dr. Bernier fit une déclaration incroyable (page 12). « Aux États-Unis, on reconnaissait de plus en plus que l'exposition cumulative risquait de violer certaines directives. » Par « directives », il faisait référence aux recommandations sur les taux admissibles d'exposition au mercure établis par plusieurs organismes de réglementation: le ministère américain de l'environnement ( EP A), l'Agency for Toxie Substances and Disease Registry (ATSDR), et la FDA. Les directives de l'EPA étaient régulièrement violées. Il précisa ensuite qu'il faisait référence aux enfants exposés au thiomersal renfermé dans les vaccins.

 

Cette prise de conscience de la transgression des recommandations de sécurité, expliqua-t-il, a ensuite « donné lieu à une déclaration conjointe du Service de la santé publique [PHS] et de l'American Academy of Pediatries [AAP] en juillet dernier [1999], stipulant qu'à long terme, il était souhaitable de retirer le mercure entrant dans la composition des vaccins étant donné qu'il était possible de s'en dispenser et d'éviter ainsi une exposition nocives» (page 12).

 

Entre   nous,  on  peut  se  questionner  sur  la  crédibilité  du  Service  de  la  santé  publique  et  l'American  Academy  of Pediatries après tant d'années d'emploi du mercure dans les sérums. Comment pouvaient-ils ignorer qu'ils dépassaient les taux réglementaires, et négliger une aussi vaste documentation sur les effets nocifs du thiomersal ? Mais nous le verrons, même  ces « experts»  semblent  avoir  du mal  à s'y  retrouver.

 

Le Dr. Bernier exposa qu'en août 1999, un atelier public organisé au Lister Auditorium de Bethesda par le National Vaccine Advisory Group et l'Interagency W orking Group on Vaccines, a examiné le risque de l'usage de ce conservateur. Après cette conférence, le thiomersal fut supprimé du vaccin contre l'hépatite B. Il est intéressant de constater que les médias se sont si peu intéressés à ces conclusions qu'il aurait aussi bien pu s'agir d'une rencontre secret-défense. Ce n'est pas sans raison que l'on s'efforce de cacher la teneur de ces réunions au public.

 

Le Dr. Bernier indique ensuite (page 13) qu'en octobre 1999, l'Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP)« a réexaminé la situation etn' a exprimé aucune préférence pour un quelconque vaccin sans thiomersal ». Dans cette discussion, il mentionna ensuite que l'ACIP a conclu que les sérothérapies contenant de l'éthylmercure pouvaient être utilisées mais que « l'objectif à long terme» était d'essayer de supprimer le principe le plus tôt possible.

 

Maintenant, marquons une pause pour réfléchir à ce que cela établit. Un groupe important, l' ACIP, joue un rôle essentiel dans la politique des vaccins affectant chaque année des dizaines de millions d'enfants. Nous avons les qui établissent, d'après la rencontre de 1999 sur le mercure, que le risque de lésions sur le cerveau des nourrissons est si important qu'une recommandation pour sa suppression doit absolument être adoptée. En outre, même s'ils savent très bien que les seuils recommandés de mercure sont largement dépassés, l'ACIP ne trouve rien de mieux à répliquer qu'il faut «essayer de supprimer  le  thiomersalle  plus  tôt  possible».  Ils  ne  semblent  pas  vraiment  préoccupés  par l es dizaines de millions de nourrissons qui seront vaccinés avec ce type de sérum jusqu'au terme de son usage.

 

Il faut également préciser que l'expression « supprimer le thiomersal » n'est pas du 'tout appropriée. L'ACIP prévoit simplement de le retirer de la production des futurs vaccins une fois qu'ils auront écoulé les stocks existants, ce qui représente   encore   des   millions   de   doses.   Et,   chose   inconcevable,   le   gouvernement  f erme   les   yeux.

Plus inimaginable encore, l' American Academy of Pediatrics et l' American Academy of Family Practice adhèrent de la même   façon    à    cette    politique    insensée.   En   effet,   ces   deux   organismes   affirment,   précisément,   qu'il   est indispensable  de poursuivre le programme de vaccination à base de thiomersal tant que les fabricants n'auront pas mis de nouveaux vaccins sur le marché. Redouteraient-elles une épidémie soudaine de diphtérie ou de tétanos en Amérique?

 

La solution la plus simple consiste à utiliser exclusivement des flacons à dose unique, ne requérant aucun conservateur. Cela augmenterait le coût du vaccin, s'exclame-t-on. Pourtant, il ne s'agirait que de quelques dollars par vaccin tout au plus, dont le cerveau et l'avenir des enfants sont assurément dignes. Chaque année, des centaines de millions de dollars sont gaspillés dans la promotion des vaccins; une partie pourrait être destinée à ce financement et permettre ainsi aux plus démunis d'accéder au sérums sains. Mais cela amputerait les marges bénéficiaires des publicitaires.

 

Sachons  aussi  que  le  thimésoral  entre  dans  la   composition  de  tous   les  vaccins  contre  la  grippe,  des  vaccins antidiphtériques, antitétaniques et anticoquelucheux (et de la plupart des vaccins antidiphtériques, antitétaniques et anticoquelucheux acellulaires) ainsi que des vaccins contre l'hépatite B.

 

L'ignorance des experts.

Tandis qu'ils tergiversent sur la nécessité de poursuivre le programme de vaccination, ce rapport nous permet de réaliser que les scientifiques et les médecins ont une méconnaissance totale de l'éthylmercure. ( page 15), par exemple, ils admettent qu'il existe très peu de données pharmacocinétiques, sur cette chaîne moléculaire. En fait, ils ont af­firmé qu'il n'y avait aucune donnée sur l'excrétion et que les données sur sa toxicité étaient rares. Le thiomersal est pourtant reconnu pour provoquer une hypersensibilité, des problèmes neurologiques et même des décès, et pour franchir facilement aussi bien la barrière hémato-encéphalique que la barrière placentaire.

 

Par conséquent, ils sont en train de reconnaître que nous avons là une forme de mercure utilisée dans les vaccins depuis les années 30 et que personne n'a pris la peine d'en étudier les effets sur les systèmes biologiques, en particulier sur le cerveau des nourrissons. Tout au long de cette conférence, ils se contenteront de répéter pour leur défense: « Nous ne savons tout simplement rien des effets de l'éthylmercure ». En guise de réponse, ils se rabattent sur des études sur le méthylmercure parce que cette forme de mercure a par contre fait l'objet de milliers d'études. La principale source de cette forme de mercure réside dans la consommation de fruits de mer.

 

Il leur faut d'ailleurs un moment avant de bien différencier les deux formes de mercure, puisque pendant plusieurs pages du rapport ils disent que c'est du méthylmercure, .et non de l'éthylmercure, qui se trouve dans le thiomersal. On ne leur en tiendra  pas  rigueur, ( page 16)  le Dr.  Johnson,  immunologue  et  pédiatre  à  la faculté de médecine de l'Université du Colorado et au National Jewish Center for Immunology and Respiratory Medicine, note qu'il souhaiterait voir apparaître de larges  marges  d'innocuité;  autrement  dit,  des  marges  d'innocuité  trois  à  dix  fois  supérieures  afin de tenir compte des incertitudes . Ce qu'il veut dire par là, c'est que nous ignorons tellement de choses au sujet  de cette toxine que nous ferions mieux d'utiliser de larges marges d'innocuité. Pour la plupart des substances, la FDA utilise une marge d'innocuité 100 fois supérieure.

 

La raison à cela, dont ils ne soufflent mot, est que dans une société de centaines de millions de personnes, il y a des groupes   bien  plus sensibles  à la   toxine  que  d'autres;  par  exemple,  les  personnes  âgées, les malades chroniques, les personnes souffrant de carences nutritionnelles, les nouveaux-nés, les bébés prématurés, les gens qui prennent certains médicaments ou ceux qui souffrent d'anomalies congénitales du système de détoxification, pour n'en citer que quelques uns. En fait, dans cette étude, ils ont exclu de l'étude principale les bébés prématurés et ceux ayant un poids insuffisant à la naissance, parmi lesquels on trouvait les taux de mercure les plus élevés, parce qu'ils étaient difficiles à étudier et que c'étaient ceux qui présentaient le plus de problèmes de croissance relatifs au mercure.

 

Le  Dr.  Johnson  fait  une  déclaration  incroyable,  qui  résume  bien  le problème incarné par les défenseurs de ces vaccins. Il affirme : « Entre nous, nous avons découvert une différence culturelle entre les vaccinologues et les spécialistes de l'hygiène du milieu, en ce sens que nous sommes nombreux, nous les vaccinologues, à n'avoir jamais réfléchi aux facteurs d'incertitude auparavant. Nous avons tendance à penser en termes relativement concrets. » Il ajoute ensuite: « L'un des moments forts de cette étude ... a été l'insistance du Dr. Clarkson à nous montrer que nous n'avions pas du tout pris en compte le facteur d'incertitude et il avait parfaitement raison. » C'est un aveu incroyable. Qu'est-ce qu'un vaccinologue ?

Faut-il aller à l'école pour faire ce métier?

 

Combien d'années d'internat faut-il faire pour devenir vaccinologue ?

Faut-il passer des examens? Il s'agit ni plus ni moins d'un terme stupide utilisé pour décrire les gens qui sont obsédés par les vaccins sans toutefois en étudier véritablement les effets, comme nous allons le voir tout au long de la transcription de cette réunion.

 

Le plus grave est de voir le Dr. Johnson reconnaître que lui et ses collègues « vaccinologues » sont tellement aveuglés par  leur  obsession  à  vacciner  de  force  la  société  qu'ils  n'ont  jamais  envisagé  une  seconde  qu'il  pouvait y. avoir des facteurs en jeu, ées fameuses « incertitudes », susceptibles d'affecter considérablement la santé de l'homme. En outre, il avoue que lui et ses confrères « vaccinologues » aiment penser en termes concrets ; autrement dit, que leurs oeillères les empêchent de voir les nombreux problèmes liés au grand nombre de vaccins injectés aux nourrissons et aux enfants. Leur objectif dans la vie se résume à injecter à un maximum de personnes un nombre de vaccins en augmentation constante.

 

( page 17) Sa « pensée concrète » reprend encore une fois le dessus. Faisant allusion à la conférence de Bethesda sur l'innocuité du thiomersal, il clame l'absence de preuves du moindre problème, juste la crainte théorique que le cerveau en développement des nourrissons soit exposé à un organomercuriel ». Or, comme je le soulignerai plus loin, c'est bien plus qu'une « crainte théorique ». Il poursuit ensuite en disant: « Nous admettons que, malgré l'absence de preuves, le nombre croissant de vaccins administrés aux nourrissons augmentait le risque théorique d'une exposition au mercure ».

 

Difficile    de   croire   qu'un   véritable   scientifique   ne   décèle   pas   l'incroyable   paradoxe   de   telles  déclarations.  La documentation médicale regorge d'études sur les effets nocifs du mercure sur de nombreuses enzymes, sur la production d'énergie mitochondriale, sur la fonction synaptique, sur la rétraction dendritique, sur la dissolution des neurotubules et sur l'excitotoxicité ;  pourtant,  il  ne  voit  dans  l'accumulation  toujours  plus  grande  de  vaccins  au  thiomersal qu'un simple « risque théorique ».

 

Notons également que ces spécialistes n'avaient même pas décelé l'ombre d'un problème au départ; il fallut que ce soient des scientifiques extérieurs, des parents d'enfants concernés et de groupes les représentant qui mettent en évidence le problème. En d'autres termes, ils n'ont fait que réagir à la pression extérieure et n'ont même pas découvert en interne qu'un problème « pouvait» exister.

 

En fait, si ces groupes extérieurs ne s'en étaient pas mêlés, ces « vaccinologues » auraient continué à rajouter de plus en plus de vaccins à base de mercure à la liste des vaccins obligatoires. Ce n'est que lorsque le problème est devenu flagrant c'est-à-dire, quand il approchait des proportions épidémiques (on n'en est désormais pas loin) et que les avocats s'y sont penchés   qu'ils   ont   remarqué   qu'il  y  avait  un  problème.  C'est  un  schéma  classique  au  sein  des  organismes gouvernementaux  de   réglementation,  comme  on  a  pu  le  constater  avec  les  questions  du  fluor,  de  l'aspartame,  du glutamate monosodique (MSG), de la dioxine et des pesticides.

 

Autre point intéressant, le Dr. Johnson admet que le plus grand risque concerne les enfants prématurés et ceux ayant un poids insuffisant à la naissance. Or, pourquoi serait-ce le cas s'il existait une marge d'innocuité aussi grande en ce qui concerne le mercure utilisé dans les vaccins ? Quelques centaines de microgrammes en plus ou en moins pourraient-ils faire une différence aussi spectaculaire ? En fait, la réponse est oui, mais cela signifie aussi que les enfants présentant un poids de naissance normal, en particulier les plus légers, sont également en plus grand danger. Cela implique également que les enfants recevant des doses de mercure supérieures aux 72 g de cette étude courraient aussi un gros risque car la dose, basée sur leurs poids corporel, serait comparable à celle des enfants au faible poids de naissance recevant la dose inférieure. Cela ne vient même pas à l'idée de ces « spécialistes en vaccinologie » qui décident de la politique à appliquer pour les enfants.

 

Les enfants du Tiers-Monde, cas particulier.

Voici une déclaration qui devrait choquer tout le monde, mais surtout les pauvres qui pourraient croire que ces experts en  « vaccinologie »  agissent  dans  leur  intérêt ( page 17 ),  le  Dr. J ohnson  déclare : « Nous admettons qu'il serait souhaitable de  supprimer  le  mercure  des  vaccins  autorisés  aux  Etats-Unis,  mais  nous  n'avons  pas  accepté  d'en faire  une recommandation universelle qui s'appliquerait à la distribution de vaccins à d'autres pays, en particulier aux pays en voie de développement, en l'absence de données précises impliquant qu'il y avait bel et bien un problème lié à ce conservateur. »

 

Nous y voilà. Il apparaît clairement que l'American Academy of Pediatrics et l'American Academy of Family Practice, ainsi que les organismes de réglementation et les CDC, recommandent de supprimer le plus tôt possible le mercure des vaccins américains face aux craintes d'effets nocifs du mercure sur le développement du cerveau, mais ne font pas la même recommandation pour les vaccins administrés aux enfants des pays en voie de développement.

 

Je pensais que l'objectif des programmes de' santé infantile américains destinés au monde en développement était de donner aux enfants pauvres de meilleures chances dans un monde pourtant de plus en plus compétitif. Or la politique préconisée augmenterait les troubles du développement neurophysiologiques observés chez les enfants pauvres dans les pays en voie de développement (PVD), entravant leur faculté d'apprentissage. Souvenez-vous, il y avait un représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr. John Clements, parmi ce comité d'« experts ». A aucun moment, il ne remet en question la déclaration du Dr. Johnson.

 

Notons également que les enfants des PVD ont bien plus de risques de complications dues aux vaccins et à la toxicité du mercure que ceux des pays industrialisés, en raison de la malnutrition, des infections parasitaires et bactériennes concomitantes et du pourcentage élevé de faibles poids de naissance parmi ces enfants. Nous assistons actuellement à une véritable catastrophe dans les pays africains due à l'usage de vieux vaccins antipoliomyélitiques de Sabin, désormais responsables d'une épidémie de polio vaccinale, c'est-à-dire d'une polio provoquée par le vaccin lui-même. En vérité, certains pays africains n'avaient jamais enregistré le moindre cas de polio avant l'arrivée des fameux vaccins.

 

L'OMS et les « experts en vaccinologie » américains justifient aujourd'hui le recours à un programme de vaccination antipoliomyélitique continu à l'aide de ce dangereux vaccin en prétendant que, maintenant qu'ils ont déclenché l'épidémie de polio, ils ne peuvent interrompre le programme. Un récent article a souligné que c'était un raisonnement complètement insensé,  puisque  la  multiplication  des  vaccins  sera  synonyme  d'une  multiplication  des cas de polio vaccinale. Mais les « vaccinologues » ont du :mal avec ces « incertitudes» (voir Jacob, lT. « A developing country perspective on vaccine-associated paralytic poliomyelitis », WHO Bulletin 2004 ; 82 :53-58 ; voir commentaire de D. M. Salisbury à la fin de l'article).

 

Plus  loin,  le  Dr.  Johnson  laisse  de  nouveau  entendre que la santé des enfants passe après « le programme » lorsqu'il dit : « Nous avons vu des données saisissantes montrant que retarder la dose du sérum contre l'hépatite B administrée à la naissance entraînerait un important apparition de maladies dues à une occasion d'immunisation ratée ». Cela implique que les enfants risqueraient de contracter l'hépatite B, si je programme de vaccination s'interrompait.

 

En fait, ce risque ne concerne pas les enfants américains, ce qu'il trahit en affirmant que « l'impact potentiel sur des pays ayant un risque d'une exposition à l'hépatite B de 10 à 15 % chez les nouveaux-nés faisait peur à voir» (page18). Autrement dit, le risque ne concerne pas les enfants des pays développés mais ceux des PVD. Les jeunes occidentaux n'ont en fait aucun risque de contracter l'hépatite B avant l'adolescence. Le seul groupe d'enfants à risque est Ceux dont les parents sont toxicomanes, dont la mère est porteuse de l'hépatite B ou dont les parents sont infectés par le VIH.

 

Si l'on vaccine les nouveaux-nés, c'est uniquement pour qu'ils ne puissent pas échapper au programme de vaccination des « vaccinologues ».

 

La tactique souvent utilisée pour obliger les mères à faire vacciner leur enfant joue sur la peur. On leur dit par exemple que, faute d'être vaccinés contre la rougeole, des millions d'enfants pourraient mourir lors d'une épidémie de rougeole. Ils savent  très  bien  que  c'est  absurde.  Ils  se  servent  d'exemples  tirés des  pays  en voie de développement où des décès épidémiques peuvent survenir parmi des populations souffrant de malnutrition et d'un système immunitaire défaillant. Cela ne pourrait pas arriver en Occident où l'alimentation et l'hygiène sont meilleures. En réalité, la plupart des décès causés par la rougeole aux États-Unis surviennent chez des enfants pour qui le vaccin était contre-indiqué, chez qui le vaccin n'a pas fonctionné ou qui souffraient de maladies immuno­dépressives chroniques.

 

En  fait,  dans  la  plupart  des  études,  les  enfants  ayant  attrapé  la  rougeole  ou  autres  maladies  enfantines ont été immunisés, totalement ou en partie. Le grand secret de la « vaccinologie » c'est qu'entre 20 et 50 % des enfants ne résistent pas aux maladies contre lesquelles ils ont été immunisés. Le Dr. Johnson annonce au comité que c'est le Dr. Walt Orenstein qui« a posé la question la plus provocatrice, ayant suscité un vif débat. Sa question était la suivante : devons-nous essayer de rechercher des troubles du développement neurologique chez des enfants exposés à diverses doses de mercure en utilisant les données de Vaccine Safety Datalink ? »

 

J'en déduis que personne n'avait jamais eu l'idée d'examiner ces données qui n'attendaient pourtant que cela depuis des années. Les enfants auraient pu tomber comme des mouches ou souffrir de terribles anomalies suite au programme de vaccination et personne au sein du gouvernement n'en aurait rien su. En fait, c'est exactement ce qui s'est passé d'après les données, du moins en ce qui concerne les retards du développement.

 

Ajoutons que le gouvernement a parrainé deux conférences sur le rôle éventuel des métaux (aluminium et mercure) utilisés dans les vaccins, mais n'a aucunement modifié la politique de vaccination par la suite ces réunions ont eu lieu un an avant tout examen des données, jalousement gardées par les CDC avant cette rencontre de juin 2000, et qu'il a refusé de les communiquer à d'autres chercheurs indépendants hautement qualifiés.

 

Neurotoxicité de l'aluminium.

Je reviendrai sur ce qui s'est dit à la conférence sur l'aluminium plus loin. C'est très important car s'il n'en est fait que très brièvement allusion lors de la rencontre de Norcross, c'est pour une très bonne raison: le public en connaissant la teneur n'accepterait plus se faire injecter certains des vaccins actuellement vendus sur le marché.

Malgré les questions débattues lors de la conférence sur l'aluminium et la documentation scientifique sur sa neurotoxicité, le Dr. Johnson fait l'observation suivante: «les sels d'aluminium présentent une très grande marge d'innocuité.

 

On  administre  souvent   simultanément de l'aluminium et du mercûre aux nourrissons, via une seule ou plusieurs injections. » ( page 20), il constate : « Toutefois, nous avons également appris qu'il n'existait absolument aucune donnée, ni même de données animales, sur le risque de synergie, d'additivité ou d'antagonisme [sic], trois réactions susceptibles de se produire dans des mélanges binaires ... » Remarquons ici une tromperie souvent utilisée par ceux qui essaient de défendre l'indéfendable. Ils parlent exactement en ces termes, à savoir qu'il n'existe aucune donnée ..., etc., etc. Ils veulent convaincre que la question a été examinée et étudiée minutieusement et qu'aucune toxicité n'a été découverte.

 

En vérité, cela signifie que personne n'a étudié cette possibilité et qu'il n'y a eu aucune étude susceptible de nous fournir la moindre réponse.

 

En fait, nous savons que l'aluminium est une importante neurotoxine et possède à ce titre de nombreux points communs avec le mercure. Par exemple, ces métaux sont tous deux toxiques pour les neurotubules, interfèrent sur les enzymes antioxydantes,  empoisonnent  les  enzymes  réparatrices  de  l'ADN,  nuisent  à  la production  d'énergie  mitochondriale, bloquent les protéines de recapture du glutamate (GL T -1 et GLAST), se lient à l'ADN et perturbent le fonctionnement de la membrane neuronale. Les toxines qui ont les mêmes mécanismes toxiques ont une toxicité presque toujours additive et souvent synergique. Par conséquent, la déclaration du Dr. Johnson est d'une pure gratuité.

 

Un  nombre  significatif  d'études  montre  que  ces   deux métaux  jouent  un  rôle  majeur  dans  tous  les  troubles neurodégénératifs. Rappelons également que ces deux métaux s'accumulent dans le cerveau et la moelle épinière. Cela en fait des toxines cumulatives et les rend par conséquent bien plus dangereuses que des toxines rapidement éliminées.

 

Malgré   les  questions  débattues  lors  de  la   conférence  sur  l'aluminium  et  la  documentation  scientifique  sur  sa neurotoxicité, le Dr. Johnson fait l'observation suivante: «les sels d'aluminium présentent une très grande marge d'innocuité. On administre souvent simultanément de l'aluminium et du mercûre aux nourrissons, via une seule ou plusieurs injections. » ( page 20), il constate : « Toutefois, nous avons également appris qu'il n'existait absolument aucune donnée, ni même de données animales, sur le risque de synergie, d'additivité ou d'antagonisme [sic], trois réactions susceptibles de se produire dans des mélanges binaires ... » Remarquons ici une tromperie souvent utilisée par ceux qui essaient de défendre l'indéfendable. Ils parlent exactement en ces termes, à savoir qu'il n'existe aucune donnée ..., etc., etc. Ils veulent convaincre que la question a été examinée et étudiée minutieusement et qu'aucune toxicité n'a été découverte. En vérité, cela signifie que personne n'a étudié cette possibilité et qu'il n'y a eu aucune étude susceptible de nous fournir la moindre réponse.

 

En fait, nous savons que l'aluminium est une importante neurotoxine et possède à ce titre de nombreux points communs avec le mercure. Par exemple, ces mé­taux sont tous deux toxiques pour les neurotubules, interfèrent sur les enzymes antioxydantes,  empoisonnent  les   enzymes  réparatrices  de  l'ADN,  nuisent  à  la  production  d'énergie   mitochondriale, bloquent les protéines de recapture du glutamate (GL T -1 et GLAST), se lient à l'ADN et perturbent le fonctionnement de la membrane neuronale. Les toxines qui ont les mêmes mécanismes toxiques ont une toxicité presque toujours additive et souvent synergique. Par conséquent, la déclaration du Dr. Johnson est d'une pure gratuité.

 

Passons (page  23)le  Dr.  Tom  Sinks,  directeur  scientifique  adjoint  du National Center for Environ­mental Health

au   CDC  et  chef   de   service  par  intérim  de   la  Division  of   Birth  Defects,  Developmental  Disabilities  and  Health, s'interroge :  « Y a-t-il un problème  de santé  particulier  lié  aux  sels  d'aluminium  pouvant avoir un rapport avec le sujet que nous examinons aujourd'hui ? ». Le Dr. Martin Meyers, directeur par intérim du National Vaccine Program Office, répond :« Non, je ne crois pas que des problèmes de santé particuliers aient été soulevés. » Or, l'année précédente, un séminaire sur l'aluminium avait bel et bien mis à jour d'importantes complications de santé et une documentation scientifique significative révélant de vives inquiétudes au sujet de l'aluminium.

 

(page 24) le  Dr.  William  Weil,  pédiatre  représentant  le  Committee  on  Environmental Health de l'American Academy of Paediatrics, apporte un peu. de bon sens à la discussion en rappelant aux participants « ... qu'il existe une foule de données neurodéveloppementales suggérant que nous avons affaire à un grave problème. Plus jeune est l'âge des cas étudiés, selon elles, plus le risque s'avère important. » Je dois lui attribuer ce mérite: au moins reconnaît-il brièvement qu'une partie importante du développement neurophysiologique survient après la naissance. Il rappelle également' à ses confrères que l'aluminium entraîne la démence voire le décès chez les patients dialysés. Il conclut en avertissant: « Penser qu'on est à l'abri de tout problème est ici irréaliste» (page 25).

 

Sans en rester là, le Dr. Meyers ajoute: « Nous avons tenu la conférence sur l'aluminium conjointement avec la réunion sur les ions métalliques en biologie et en médecine ; nous avons rapidement fait remarquer qu'en l'absence de données, nous ne savions rien des activités additives ou inhibitoires. » Une fois encore, on nous ressort le plan« aucune donnée ». Il existe pourtant une importante base de données décrivant les effets nocifs de l'aluminium sur le cortex, dont une partie importante a été divulguée dans cette même conférence.

 

Neurotoxicité du mercure.

Le  Dr.  Johnson  cite  également  le  Dr.  Thomas  Clarkson  (participant  au  programme  sur   le  mercure  de  l'Université de Rochester) qui affirme que retarder le vaccin contre l'hépatite B d'environ six mois n'affecterait pas la charge de mercure (page 20). Il conclut fort à propos : « l'aurais cru que la différence était dans le choix du moment. Autrement dit, vous protégez les six premiers mois du système nerveux central en développement. » Alléluia ! Pendant un bref instant, je crois qu'ils ont enfin découvert l'un des concepts les plus fonda­mentaux de la neurotoxicologie. Hélas, le Dr. Meyers réduit tous mes espoirs à néant en répondant que des doses séparées, uniques, n'affecteraient absolument pas les taux sanguins.

 

À ce stade, nous avons besoin d'un petit éclaircissement. Il est important de comprendre que le mercure est un métal liposoluble ; c'est-à-dire, stocké dans la graisse corporelle. Le cerveau contient 60 % de graisse, c'est donc un site propice au stockage du mercure. Or ils montrent dans cette discussion que près de la moitié du méthylmercure est excrétée pendant plusieurs mois après ingestion.

 

Une récente étude a révélé que l'éthylmercure avait une demi-vie de sept jours. Malgré tout, une proportion significative du  mercure  pénètrera  dans  le  cerveau   (on a prouvé qu'il traversait facilement la barrière hémato-encéphalique), qui le stocke  alors  dans  les  phospholipides  (graisses). Avec chaque nouvelle dose - et, souvenez-vous, ces enfants reçoivent jusqu'à 22 doses un autre incrément vient s'ajouter au dépôt stocké dans le cerveau. C'est pour cela que le mercure est qualifié  de  poison  cumulatif.  Néanmoins,  ils  ne  mentionnent  à  aucun  moment  cet  élément  essentiel  durant  toute  la conférence. Pas une seule fois. En outre, ils ont une bonne raison de ne pas en parler: cela donne l'impression aux profanes, aux gens extérieurs à la neuroscience, que la seule chose qui compte ici est le taux sanguin.

 

À vrai dire, (page 163), Le Dr. Robert Brent, pédiatre et biologiste de l'évolution à l'Université Thomas Jefferson et au Dupont  Hospital  for  Children,  assure  que  nous  ne  disposons  d'aucune  donnée montrant une telle accumulation et que « avec les expositions multiples, on aurait un taux en augmentation mais nous ne savons pas si c'est vrai ou pas ». Il fait  quelque   peu  amende  honorable  en  soulignant  que  certains  dommages  sont  irréversibles,  que  les  dommages irréversibles se multiplient à chaque nouvelle dose, et que vu sous cet angle, l'effet du mercure est bel et bien cumulatif.

 

(page 21), Le Dr. Thomas Clarkson fait une déclaration incroyable, laissant penser qu'il n'a jamais entendu parler de la moindre étude montrant qu'une exposition au mercure après la naissance ou à l'âge de six mois avait des effets nocifs. Le Dr. Isabelle Rapin, neuropédiatre à l'Albert Einstein College of Medicine, poursuit en disant qu'elle n'est pas « spécialiste du mercure chez les nourrissons » mais qu'elle sait que le mercure peut affecter les nerfs (système nerveux périphérique). Nous avons donc là l'une de nos expertes en train d'admettre qu'elle ne sait pas grand chose des effets du mercure sur le nourrisson.  Que  fait-elle  donc ici?  Le  Dr.  Rapin  affirme  s'intéresser  aux  troubles  développementaux,  surtout  à  ceux concernant le langage et l'autisme, mais elle ne sait pourtant pas grand chose des effets du mercure sur le cerveau des nourrissons.

 

Cette conférence s'intéresse aux effets du mercure (sous forme de thiomersal) sur le développement du cerveau des nourrissons. Pourtant, tout au long de son déroulement, nos experts, en particulier les « vaccinologues », ne semblent pas savoir grand chose du mercure, hormis l'existence de quelques documents ne montrant aucun effet toxique, excepté ... ... à de très fortes doses. Aucun des célèbres spécialistes de la question, tels que le Dr. Ascher de la Bowman Grey School of Medicine ou le Dr. Haley Boyd, qui a longuement étudié les effets toxiques des faibles concentrations de mercure sur le système nerveux central (SNC), n'a été invité, parce qu'ils auraient nui au véritable objectif de cette réunion, qui n'était autre que de disculper le mercure présent dans les vaccins.

 

Plusieurs   fois  au  cours  de  cette  conférence,   le  Dr.  Brent  rappelle à tout le monde que la période la plus sensible du cerveau en développement est celle des premiers stades de grossesse. En fait, il situe la période de neuromaturation entre la 8ème et la 18ème semaine de gestation. En réalité, la période la plus rapide de maturation du cerveau, de développement synaptique et de développement des voies cérébrales s'étend sur les trois derniers mois de grossesse et se poursuit jusqu'à l'âge de deux ans. On appelle souvent cela la « poussée de développement cérébral ». Cela non plus n'est pas mentionné une seule fois dans cette conférence, toujours pour la même raison: si les mères savaient que le cerveau de leur enfant continuait à se développer jusqu'à l'âge de deux ans, elles accepteraient sûrement plus difficilement ces absurdités sur « l'innocuité du mercure» débitées par les « vaccinologues ».

 

Le cerveau développe plus de 100 trillions de connexions synaptiques et des dizaines de trillions de connexions dendritiques durant cette période hautement sensible. Les dendrites et les synapses sont très sensibles, même à de très faibles doses de mercure et autres toxines. On a également montré que des doses subtoxiques de mercure pouvaient inhiber les protéines de transport du glutamate qui sont essentielles pour protéger le cerveau contre l'excitotoxicité.Des études convincantes indiquent que les dommages causés à ce système protecteur jouent un rôle majeur dans la plupart des maladies neurodégénératives ainsi que dans un développement anormal du cerveau.

 

De récentes études ont montré que le glutamate s'accumulait dans le cerveau des enfants autistes . Pourtant, les experts ne semblent pas se préoccuper du mercure, substance hautement susceptible de déclencher une excitotoxicité cérébrale. Il est en outre intéressant de remarquer le nombre de fois où le Dr. Brent souligne que nous ne connaissons pas le seuil de toxicité du mercure dans le cerveau en développement. Là encore, ce n'est pas vrai. Nous le connaissons bel et bien, et le Journal of Neuro­toxicology affirme que tout ce qui dépasse 10g est neurotoxique. Quant à l'OMS, elle indique qu'il n'existe aucun taux sans danger en ce qui concerne le mercure.

 

(page 164), le Dr. Robert Davis, professeur agrégé de pédiatrie et d'épidémiologie à l'Université de Washington, fait une observation très importante. Il souligne que sur une population telle que celle des États-Unis, on a des individus présentant divers taux de mercure d'une autre origine (alimentation, proximité de centrales thermiques alimentées au charbon,  etc.),   et  qu'en  vaccinant  tout  le  monde,  on  fait  passer  ceux  ayant  un  taux  déjà  moyen   dans  la  catégorie supérieure. Les «vaccinologues» avec leursensibillité au «raisonnement concret» ne semblent pourtant pas capables de comprendre que tout le monde n'est pas semblable. En d'autres termes, ils ne voient pas ces fameuses « incertitudes ».

 

Afin de développer ce point, prenons l'exemple d'une famille d'agriculteurs qui vit à moins de cinq kilomètres d'une centrale thermique alimentée au charbon. Comme ils vivent non loin de l'océan, ces gens consomment des fruits de mer tous les jours.

Les engrais, pesticides et herbicides utilisés dans les cultures contiennent des taux décelables de mercure. La centrale thermique alimentée au charbon émet des taux élevés de mercure dans l'air qu'ils respirent quotidiennement et les fruits de mer qu'ils consomment présentent des taux de mercure supérieurs aux normes de sécurité fixées par l'EP A. Cela signifie que tout bébé qu'ils mettront au monde aura un taux élevé de mercure:

Une fois né, on lui administrera de nombreux vaccins contenant encore un peu plus de mercure, qui viendra s'ajouter à un fardeau de mercure déjà bien lourd.

 

Ces« vaccinologues» essaient-ils de nous convaincre que ces enfants ne comptent pas et qu'il faut les immoler sur l'autel de la « politique vaccinale » ?

 

Les taux « acceptables» d'exposition.

De récentes études menées par des neurotoxicologues ont observé que, au fur et à mesure que nous améliorions notre capacité à détecter des effets toxiques subtils, en particulier sur le comportement et autres fonctions; neurologiques, nous abaissions le seuil d'exposition acceptable. En fait, le Dr. Sinks met en lumière ce point en s'appuyant sur l'exemple du plomb.  Il  remarque  qu'au  fur  et  à  mesure  que  notre  analyse  neurocomportementale  s'est  améliorée,  nous  avons considérablement abaissé la dose acceptable et continuons à le faire. Le Dr. Johnson a l'audace d'ajou­ter que « plus on a de jugeote, plus le seuil est réduit ». Pourtant, ni lui ni les autres participants ne semblent faire preuve de beaucoup de jugeote à ce sujet.

 

Le   Dr.  Robert  Chen,  Président  du  Vaccine  Safety  and  Development  au  National  Immunization  Program  du   CDC, révèle alors pourquoi ils refusent d'agir. À la page 169 il dit: « ... le problème est qu'il est impossible, immoral même, de laisser des enfants non immunisés, par conséquent on ne résoudra jamais cette question. » En d'autres termes, l'immunisation des enfants l'emporte sur les préoccupations de sécurité relatives aux vaccins eux-mêmes. Si le problème de la toxicité des vaccins ne peut pas être résolu, comme il semble le suggérer, nous devons accepter que les vaccins fassent un tort irréparable à certains enfants.

 

Le Dr. Brent déclare n'avoir connaissance d'aucun cas de susceptibilité génétique au mercure et suppose donc qu'il existe un seuil de toxicité fixe ; autrement dit, que tout le monde est sensible à la même dose de mercure et qu'il n'existe aucun groupe de gens génétiquement hypersensibles.

 

En     réalité,    une    étude   récente   a   simplement   découvert   une   susceptibilité   génétique   chez  l a   souris.   Des chercheurs ont observé que les souris sensibles à l'auto-immunité développaient des effets neurotoxiques, dont une excitotoxicité, dans l'hippocampe (effets non observés chez d'autres lignées de souris).

Ils ont même supposé qu'il se produisait peut-être le même   phénomène    chez   l'homme,   puisqu'une   auto-immunité familiale   augmente  la  probabilité  d'autisme  chez  les descendants (Homig, M., Chian, D., Lipkin, W.I., « Neurotoxic effects of postnatal thimerosal are mouse-strain dependent », Mol. Psychiatry, 2004, sous presse).

 

Pour comprendre le sens de la prochaine citation, il est nécessaire d'avoir quelques éléments préliminaires. Ils discutent de l'étude du Dr. Verstraeten, qui ,a révélé des' liens inquiétants entre des doses élevées de thiomersal et les troubles neurodéveloppe­mentaux,  dont  le  trouble  déficitaire  de  l'attention  et  l'autisme.  L'ennui  avec  cette  étude  est que si peu d' enfants avaient reçu des vaccins sans thiomersal qu'il s'était avéré impossible d'utiliser un véritable groupe témoin. Il avait fallu utiliser comme groupe témoin des enfants ayant reçu 12,5g de mercure, certains souhaitant même choisir une dose témoin de 37,7g.

 

Ainsi,   les   roupes  témoins    affichaient  des  taux  de  mercure  pouvant  bel  et  bien  entraîner  des  troubles neurodéveloppementaux. Or, même avec cette faille de départ, un lien manifeste apparaissait entre la dose de mercure administrée et ces troubles neurodéveloppementaux.

 

On leur avait proposé de comparer un groupe d'enfants recevant des vaccins sans thiomersal avec un groupe recevant des vaccins contenant du thiomersal. Néanmoins, on apprend par la suite qu'ils disposaient d'un grand groupe d'enfants qui  auraient  pu  servir  de  groupe  témoin  sans  thiomersal.  Il  semble  que  durant  les deux années ayant précédé cette conférence, le Bethesda Naval Hospital ait exclusivement utilisé des vaccins sans thiomersal pour immuniser les enfants. Ils le savaient très bien et je parierais que le Dr. Verstraeten avait eu vent de ce « détail» avant de réaliser son étude.

 

Revenons-en à la transcription. À la page 170, voilà ce que le Dr. Braun répond à l'idée de démarrer une nouvelle étude en utilisant un groupe témoin sans thiomersal : « Bien sûr, nous aurons la réponse dans cinq ans. La question est : que pouvons-nous faire aujourd'hui avec les données que nous possédons ? »

Nous connaissons la réponse qui fut apportée à cette question : se contenter d'étouffer cette étude, de déclarer que le thiomersal  n'a  rien  d'inquiétant  et  de  poursuivre la  même  politique.  Autrement  dit,  ils  suggérent  aux  compagnies pharmaceutiques fabriquant des vaccins de supprimer le thiomersal, sans les y obliger ni contrôler leurs efforts.

 

Voyons un peu si nous pouvons compter sur les compagnies pharmaceutiques pour agir comme il se doit.

Selon  plusieurs  rapports,   les  orgamsmes  de  réglementation  ont  constaté  d'importantes  violations  de  la  politique de fabrication des vaccins : obtention de dons de plasma sans vérification des antécédents des donneurs (exposition à des maladies et problèmes de santé antérieurs), mauvaise tenue de registres sur ces mêmes donneurs, procédures irrégulières et    manipulation    incorrecte    des    échantillons.    Le    fait    qu'une    femme    atteinte    d'une   variante  de  la  maladie de Creutzfeldt-Jacob ait été autorisée à donner du plasma devant être utilisé dans des vaccins en Angleterre prouve bien qu'il ne s'agit pas là de transgressions mineures.

 

En réalité, sa maladie n'a été découverte qu'après que le plasma contaminé eut été rassemblé et utilisé pour fabriquer des millions de doses de vaccins. Les responsables britanniques de la santé ont dit aux millions de vaccinés de ne pas s'inquiéter, car ils ignorent si ce vaccin va ou non propager la maladie.

La contamination des vaccins est également une préoccupation majeure aux États-Unis, comme en témoignent les violations des réglementations. Notons par ailleurs que ces cas n'ont valu aucune amende au Royaume-Uni, juste de simples avertissements. À suivre ...

 

À propos de l'auteur:

H  Dr.  Russell  Blaylock,  neurochirurgien  reconnu,  pratique  la  neurochirurgie  depuis   26 ans et dirige un cabinet nutritionnel privé florissant. Il fait partie des journalistes du Journal of the American Nutraceutical Association et du conseil de rédaction du Journal of American Physicians and Surgeons, organe d'information officiel de l'Association of Arnerican Physicians and Surgeons.

 

Son premier livre, Excitotoxins: The Taste That Kills, a démontré le lien entre les additifs alimentaires et les maladies dégénératives. Le Dr. Blaylock a également participé à la rédaction de trois manuels médicaux et a écrit et illustré des brochures sur la sclérose multiple et le bioterrorisme. C'est également l'auteur de deux livres récents, Health and Nutrition Secrets That Can Save Your Life et Natural Strategies for Cancer Patients. Son article, « Les excitotoxines de dangereux additifs alimentaires» a été publié dans le NEXUS n° 10 (sept-oct 2000)

Le Dr. Blaylock peut être contacté via son site Internet http://www.russellvblaylock.md.com

 

Nde:

Le  thiomersal  a  été  retiré  de  tous  les  monovaccins  utilisés  chez  l'enfant  en  Europe  et  aux  Etats-Unis,  bien qu'officiellement, aucune des études épidémiologiques n'ait fait la preuve d'une toxicité neurologique liée à l'éthylmercure. En revanche, son maintien est jugé nécessaire pour les vaccins utilisés en multidoses, comme le recommande l'OMS, qui concernent la totalité des multi-vaccins destinés aux pays en voie (très longue) de développement.

 

Le mercurothiolate ou thiomersal est cependant présent comme conservateur et antiseptique dans la préparation de divers  vaccins:  D.T. BIS*,  D.T. COQ*,  D.T. VAX*,  TETAGRIP05*,  TETAVAX*,  VAXICOQ*,  VAXIGRIP*,  etc,  et  dans  une préparation injectable à base de fluorescéine.

 

Science & Alternative NEXUS

Editions CHANTEGREL

24580 Fleurac France

Tél Fax : 05 53 03 45 09

E-mail  : magazine@nexus.fr

 

Site Web : http://www.nexus.fr

 

 

 

ALTERNATIVE SANTE.

Mai 2005 Revue N° 322 Page n° 8

 

VACCIN HÉPATITE B.

Douche froide pour les victimes.

La Cour de justice de la République a rejeté le 25 mars, la plainte déposée contre l' actuel ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, et ses prédécesseurs, Bernard Kouchner et Jean-François Mattéi par les familles de cinq personnes décédées après vaccination contre l'hépatite B. Elle estime que les accusations (mise en danger de la personne, publicité trompeuse) ne sont pas fondées et que rien « ne permet d'établir [ ...] un lien de causalité scientifiquement démontré ».

 

En décembre 2003, le Tribunal de grande instance du Mans avait condamné le laboratoire Aventis-Pasteur à indemniser Patrick Beaulaton, ancien brancardier, ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui en invalidité partielle, pour une sclérose en plaques consécutive à la vaccination contre l'hépatite B. Mais la Cour d'appel d'Angers vient d'infirmer cette décision: « Il n ' ya pas de probabilité suffisante pour que le lien de causalité [ ...] soit retenu » .

Pourtant le jugement reconnaît que plusieurs expertises, dont une officielle, « estiment que les poussées de sa maladie sont dues à la vaccination contre l'hépatite B ».

Ces expertises ont permis à Patrick Beaulaton d'être reconnu en accident du travail à cause de la vaccination et indemnisé par la Direction générale de la santé.

 

Le double langage du ministère et de l'Afssaps concernant l'étude d'Heman (1) a sûrement pesé lourd dans la décision de la Cour d'appel.

À l'inverse, la Chambre sociale de la Cour de cassation a confirmé la reconnaissance en accident du travail de Gérald Grau, ancien étudiant en chirurgie dentaire atteint d'hépatite auto-immune après vaccination. Le tribunal administratif de Melun a par ailleurs reconnu l'accident du travail de Mme Didier, employée dans une école maternelle, victime d'une myofasciite à macrophages après vaccination hépatite B et a condamné l'Etat à l'indemniser dans le cadre des procédures de vaccinations obligatoires.

R. B.

(1)   Cette étude prouve le lien entre le vaccin hépatite B et les scléroses en plaques (voir Alternative Santé, octobre 2004 et décembre 2004).

PRIORITE SANTE SUR RFI

(La radio du monde paris 89 fm)

Chaque jour sur RFI, médecins, chercheurs, auteurs, expliquent leur travail et font état de leurs recherches.

Les auditeurs peuvent poser leurs questions.

Du lundi au vendredi à 10 h 10, (heure de Paris), retrouvez l'émission Priorité Santé, présentée par Claire Hédon à Paris sur 89 FM et sur le Site Internet : http://www.rfi.fr

 

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ALTERNATIVE SANTE.

Juin 2005 Revue N° 323 Page n° 5.

 

Faire confiance à son médecin ?

Les  médecins  sont-ils   fiables ?  Non,  répondent  depuis  un  certain  temps  les  organismes les plus officiels. ils ont abusé pendant des décennies des prescriptions d'antibiotiques. ils ont aveuglément prescrit le THS (traitement hormonal de substitution) dans la méconnaissance ou le déni de ses effets secondaires. Dernièrement, le 14 avril, Frédéric Van Reokeghem, directeur de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie tirait à nouveau la sonnette d'alarme.

Avec, dans le collimateur, la surconsommation (et donc l'abus de prescriptions) des médicaments anticholestérol. Selon une étude de la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie), ni les examens nécessaires à cette prescription ne sont effectués ni les mesures de prévention expliquées, et pour deux patients sur trois, le traitement ne fait pas suite à une analyse du taux de mauvais cholestérol. Le comble, plus de la moitié des patients n'ont même pas été incités à modifier leur alimentation, ni à changer leur hygiène de vie, etc. ( voir notre article page 45). Comment expliquer cette incompétence dommageable, dangereuse et parfois mortelle ? Par la formation universitaire où l'idéologie d'un progrès médical constant  anesthésie l'esprit critique.

 

Par la spécialisation accrue qui éloigne d'une vision globale de l'homme. Par la difficulté d'aller à contre-courant des croyances collectives admises comme référence et véhiculées par les médias. Le fait que l'information sur les médicaments est donnée par les labos ne facilite pas l'objectivité sur les produits - les visiteurs médicaux, minimisent, on le sait, les effets secondaires. De plus, de nombreux médecins retirent certains avantages de leurs prescriptions : invitation à des colloques, voyages et repas offerts. ..

Il y a aussi la carence de la formation continue (bien peu la suivent). La pression culturelle et idéologique: la plupart des praticiens ont une vision purement mécaniste, voire pasteurienne, de la maladie; il faut un microbe, un virus ou une lésion pour l'expliquer, sinon, ils concluent qu'il n'y a rien ou que c'est « psy » (c'est-à-dire, dans leur esprit, pas vraiment sérieux !). ..ils ne le voient pas les personnes dans leur environnement naturel, affectif, social, émotionnel, etc.

 

Dans ce contexte, nous devons remercier les praticiens qui prennent réellement le temps de nous écouter, qui dénoncé le fait qu'il ait connu douze ans de procédure avec le conseil de l'ordre (voir article page 9 à 11) parce qu'il prescrit -aussi -des médecines complémentaires pour soigner le cancer. Devant de tels tracas, certains quittent notre pays, d ' autres, qui voudraient s'engager dans cette voie, hésitent. Qui demain assurera la relève ?

 

Car on cherche vraiment à faire taire les voix différentes. Et bien sûr, comme hier, les inquisiteurs ont bonne conscience: « sus aux charlatans » ! crient-ils en choeur.

Le conseil de l'ordre ne doute pas de son bon droit et de sa mission.

On aimerait que les patients dont nos ministres affirment qu'ils doivent être au centre du système de soins, soient écoutés et entendus! C' est tout le contraire, on se moque d'eux, de leurs attentes et de leurs choix !

 

Alors que les sondages révèlent qu'ils ont largement recours aux alternatives, même en cas de maladies graves (voir notre précédent numéro), la médecine officielle notamment en France pourchasse aussi les associations qui les aident et certains laboratoires.

Et pendant que l'Ordre fait procès aux « déviants », les médecins « officiels », eux, continuent sans le moindre tracas, à prescrire souvent excessivement voire aveuglément, et parfois au péril de leurs patients.

 

Pour la plus part de ses acteurs, la santé est un marché et le malade l’occasion de faire tourner le système.

 

On en vient à se demander si pour la plupart de ses acteurs, la santé, finalement, ne serait pas qu'un marché à partager pour en tirer le maximum de bénéfices. Le malade n'étant que l'occasion de faire tourner le système.

Je tiens à souligner que les médecins, les associations et les fabricants menacés peuvent compter sur notre soutien. Et je les remercie sincèrement pour leur courage.

PIERRE DHOMBRE

 

Alternative Santé

11, Rue Meslay

75003 Paris Tél : 01 44 54 87 00

 

Site : http://www.alternative-sante.fr

 

 

 

 

MEDECINES NOUVELLES.

2eme Trimestre 2005 Revue N° 116 Pages N° 48 à 52.

 

LA FIBROMYALGIE.

DES SYMPTOMES DIFFUS ET VARIABLES UN DÉPISTAGE ET UN DIAGNOSTIC DIFFICILES.

 

Les  symptômes  qui  lui  sont  attribués,  sont  souvent  diffus  et multiples, et extrêmement variables dans la durée. Ils sont, de plus, très proches d'autres symptômes comme celui, entre autre, de la fatigue chronique. Aussi, malgré de nombreux travaux, qui ne manquent pas à son sujet, la fibromyalgie reste un syndrome qui échappe à la médecine. Il existe une véritable nécessité de "faire un état des lieux".C'est certainement une des motivation de l'ouvrage "Vaincre la fatigue" de Roland Reymondier, qui vient de paraÎtre aux Editions Dangles.

 

La fibromyalgie, ou fibrosite, ou polyenthésopathie, ou syndrome polyalgique idiopathie diffus, est une entité douloureuse chronique encore controversée située aux confins de la rhumatologie et de la pathologie psychosomatique.

Longtemps négligée, sa définition a évolué et depuis une dizaine d'années, de très nombreux travaux lui sont consacrés.

 

C'est Hench qui en 1976 proposa le terme de fibromyalgie et sa définition actuelle s'appuie essentiellement sur des données cliniques, dans la mesure où aucun marqueur biologique n'a jusqu'alors pu être individualisé.

Cette entité assez fréquente représenterait 6 à 20 % des consultation de rhumatologie.

Syndrome douloureux chronique, la fibromyalgie peut débuter à l'adolescence, le plus souvent entre 20 et 35 ans et touche les femmes dans 70 à 90 % des cas.

 

Les sujets se plaignent d'avoir "mal partout". La douleur est le symptôme majeur, ressentie comme une sensation de muscle noué, accompagnée de points douloureux aux insertions musculo-tendineuses.

La douleur est variable, aggravée par l'effort, la fatigue, le froid, l'humidité, le stress, le changement de temps, les positions longtemps maintenues dans la vie  professionnelle ou les activités ménagères.

 

Page n° 49

Le repos apporte habituellement un soulagement, bien que l'on observe parfois des paroxysmes nocturnes, un gonflement articulaire ou une raideur matinale pouvant à tort faire évoquer un rhumatisme inflammatoire. La fibromyalgie se conjugue au féminin.

La fibromyalgie ("fibro" pour les tendons, "myo" pour les muscles; "algie" pour la douleur) est une maladie chronique reconnue en 1992 comme maladie rhumatismale par l'OMS.

 

Elle touche jusqu'à 6 % de la population des pays industrialisés. Encore mal connue, cette affection touche prioritairement la femme.

Considérée en un tout premier temps comme une maladie psychiatrique, aujourd'hui, on est obligé d'admettre que si son origine peut être psychosomatique, elle n'en demeure pas moins une vraie maladie organique.

La fibromyalgie se manifeste souvent après une expérience traumatique, comme une chute, un accident de la route, un accouchement, une intervention chirurgicale, un choc affectif, une série de stress ou de période de surmenage.

 

Ces différentes agressions physiques et psychologiques semblent déclencher la maladie. Parfois, elle peut survenir sans cause apparente et même débuter durant l'enfance. Elle peut aussi accompagner d'autres affections médicales comme la polyarthrite, le lupus érythémateux, l'hypothyroïdie, le syndrome de Raynaud et certaines maladies infectieuses dont la maladie de Lyme et l'hépatite C.

Un facteur génétique peut être pris en compte puisque les filles et les soeurs de fibromyalgiques ont plus fréquemment la maladie que les autres.

 

Une extrême variabilité des symptômes.

La variabilité des symptômes dans le temps s'établit en fonction du moment de la journée, du climat, du niveau de stress et de l'activité physique. On trouve donc :

Des douleurs musculaires diffuses et des points spécifiques du corps sensibles au toucher qui persistent souvent des mois et s'accompagnent de raideurs.

 

A retenir : les douleurs intéressent avant tout les régions cervico-scapulaires et mobofessières. Les extrémités des mains et des pieds sont  habituellement respectées mais sont souvent le siège de sensations matinales de fourmillement ou de  gonflement.

 

Un sommeil agité avec fatigue et raideurs au lever. Il semble que les personnes qui souffrent de fibromylagie n'atteignent pas la phase de sommeil profond et réparateur.

 

 Une fatigue persistante (toute la journée) qui empêche parfois de fonctionner au quotidien, non soulagée par le repos.

 

Des maux de tête ou de violentes migraines en parties causées par les tensions musculaires au cou et épaules.

 

Le syndrome du côlon irritable avec son cortège de diarrhées, constipations et douleurs abdominales.

 

Parfois des états dépressifs et d'anxiété mais on ne peut affirmer que ce soit pour autant eux les responsables de l'état dans lequel se trouve le fibromyalgique.

 

Des difficultés de concentration.

Une hypersensibilité sensorielle : aux odeurs, au bruit, à la lumière, au changement de température.

 

Page n° 50

Un engourdissement et des fourmillements aux mains et aux pieds.

Pour la femme: des menstruations douloureuses.

 

Un syndrome de la vessie irritable.

 

Ressemblance avec de multiples maladies.

La  ressemblance  avec  d'autres  maladies  comme  la  fatigue  chronique,  le  syndrome du côlon irritable, la spasmophilie, la polyarthrite rhumatoïde doit inviter le thérapeute à une grande prudence quant à son diagnostic. Mais on doit tenir compte du fait que le patient ne se plaint spontanément que d'un nombre limité de zones douloureuses.

Il apparaîtra important aux yeux du thérapeute d'apprécier systématiquement la sensibilité douloureuse de 18 zones d'insertion tendino-musculaire le plus souvent concernées dans la fibromyalgie.

 

On exerce ainsi une pression digitale modérée, habituellement non douloureuse sur ces 18 points, après avoir testé des points témoins normalement indolores à la pression situés au milieu du front, à la partie moyenne de l'avant bras et à la face antérieure de la cuisse.

 

Selon les critères retenus par l'American College of Rheumatology en 1990, l'affirmation d'une fibromyalgie impose que l'on retrouve au moins 11 points douloureux sur 18 à la pression et que les douleurs présentées durent depuis au moins trois mois.

La fibromyalgie peut évoluer pendant des années, avec un fond douloureux, permanent entrecoupé de poussées entraînant souvent une importante gêne fonctionnelle, mais jamais d'invalidité.  Sa persistance diminue de manière notable, après 60 ans, pour devenir exceptionnelle après 70 ans.

 

Les chercheurs ne trouvent pas les causes.

Actuellement, les chercheurs n'ont pas encore trouvé la ou les causes exactes de la fibromyalgie, et plusieurs hypothèses sont à l'étude. Cependant, les scientifiques s'entendent sur le fait que cette maladie résulterait d'une atteinte neurologique d'origine centrale.

La fibromyalgie semble être un dysfonctionnement du système qui empêche certains stimuli de devenir des sensations douloureuses.

 

Cette perception anormale transforme toute zone sensible en une source de douleurs.

On assiste au paradoxe, suivant lequel, les malades perçoivent comme douloureuses des stimulations qui sont en dessous du seuil de la douleur chez des sujets normaux (courants d'air, effleurement, froid) cela se nomme allodynie. Ils présentent également un seuil de tolérance à la douleur qui est diminué: c'est l'hyperalgie.

 

En fait, ce sont les neurotransmetteurs qui nous font appréhender le phénomène de la douleur, et parmi ces derniers, on trouve en bonne place: la sérotonine, la  noradrénaline et la substance P. Un déficit en sérotonine et un trouble métabolique de la protéine p augmenteraient la sensibilité à la douleur. Chez le fibromyalgique, il y aurait aussi une baisse de l'activité du système sympathique avec les conséquences pathologiques qui l'accompagnent.

 

Page n° 51 et 52

Traitements en médecine conventionnelles.

Des antidépresseurs dans le but d'augmenter la quantité de sérotonine au niveau du cerveau. Les résultats sont peu probants chez le fibromyalgique.

Des sédatifs pour faciliter le sommeil.

Des relaxants musculaires.

Des  anti-inflammatoires  non  stéroïdiens :  leur  faible  efficacité  s'explique  par  le  fait  qu'il  n'y  a  pas  de  phénomènes inflammatoires chez le fibromyalgique.

 

Traitements en médecine non conventionnelle.

Des plantes comme la cayenne qui contient de la capsicine, le gingembre, le curcuma.

Des acides gras oméga 3 : issus de l'huile de lin, des huiles de poisson gras et sauvages.

Des acides aminés sous forme de suppléments.

La mise en place d'un mode alimentaire qui fera abstraction des graisses saturées, des produits laitiers et céréales riches en gluten.

On peut faire appel également à la sophrologie, l'acupuncture et l'hypnose.

 

Différence entre fatigue chronique et fibromyalgie.

Les symptômes qui tendent à poser un diagnostic en faveur de la fibromyalgie, sont les suivants : douleurs à la palpation de certains points précis (au nombre de 22 à explorer).

Cortège de troubles fonctionnels fréquents : colite, cystites, céphalées, nervosisme.

Les symptômes qui tendent à poser un diagnostic en faveur de la fatigue chronique sont :

Apparition à la suite d'une virose, d'un épisode fébrile ou d'une vaccination.

Insensibilité à la palpation des points fibromyalgiques.

fièvres modérées intermittentes fréquentes ; Ce qui est commun aux deux maladies :

Douleurs musculaires et tendineuses multiples0.

Fatigue physique et intellectuelle avec intolérance aux efforts.

 

Dépistage diagnostique et prise en charge.

Il existe une association française du syndrome de fatigue chronique et de fibromyalgie.

Elle oeuvre pour obtenir le dépistage et le diagnostic précoce, la prise en charge des douleurs dans les centres spécialisés, pour l'information et la formation initiale et post-universitaire des médecins généralistes ou spécialistes, pour l'accès aux médicaments existant dans le monde, pour la prise en charge des personnes dans la durée, la prévention, l'aide à la création d'un centre-ressource qui permettra de faire un état des besoins des personnes atteintes, et de répondre aux demandes, l'accès aux mesures de maintien dans l'emploi, reclassement, accès et aménagement des études (enfants et adolescents sont touchés par ces syndromes à partir de l'âge de 4 ans), congés-maladie et toutes dispositions, au même titre que pour les autres maladies de longue durée handicapantes.

Roland Reymondier

 

POUR EN SA VOIR PLUS :

Association Française du Syndrome de Fatigue Chronique et de Fibromyalgie

Infos générales: répondeur d'information.

Tél. : 03.20.74.89.02

Fibromyalgie

Tél. : 06.87.07.78.91 et Tél. : 06.72.06.89.62

 

Site Internet : http://asso.nordnet.fr/cfs-spid

 

ENCADRE.

 

LES FATIGUES CHRONIQUES.

UNE CLASSIFICATION QUI SE CHERCHE.

Malgré le souci indéniable de la classification, de nombreuses personnes ne sont pas encore diagnostiquées à cause de le prise en compte insuffisante des douleurs et des épuisements durables inexpliqués. Cette situation laisse beaucoup d'entres elles, et leurs familles, dans la souffrance et le désarroi.

 

La classification de l'Organisation Mondiales de la santé, dans la dixième Révision de la Classification Internationale des Maladies adoptée par l'Assemblée Mondiale de la santé en 1990 reconnaît :

 

Le Syndrome de Fatigue Chronique sous le nom de Syndrome de Fatigue Post-Virale et d'Encéphalomyélite Myalgique Bénigne.

Il a été classé dans la catégorie : Maladies du Système nerveux / Autres affections du système nerveux / Autres affections du cerveau.

 

La Fibromyalgie, assimilée à un rhumatisme, a été classée dans la catégorie Maladies du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif / Affections des tissus mous /.

L'analogie avec le rhumatisme résulte probablement du fait que cette classification a été mise au point à la fin des années 80. Autre nom admis par la classification : la Fibrosite.

 

Médecines nouvelles

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Téléphone : 02 31 87 58 22

 

 

 

Immunologie Clinique et Allergologie CHU Lyon Sud

Vaccins : intolérance et allergie.

Coordonnateurs : Jean François NICOLAS, Dominique KAISERLIAN, Frédéric BERARD.  Faculté de Médecine Lyon Sud.

19 – 20 juin 2003. ( Documents qui m'ont été transmis en 2005 )

 

Ce Rapport contient 160 pages je ne cite seulement que quelques pages !

 

Page n° 43 à 53

Quelques enseignements tirés de l'histoire des vaccins. Jean-Pierre REVILLARD. Pavillon P, Hôpital Edouard Herriot ; INSERM U. 503, Lyon.

Personne ne conteste le fait que la vaccination préventive de masse constitue le plus grand succès de l’Immunologie. Bien avant d’être une discipline scientifique et une spécialité médicale, l’Immunologie a inscrit son histoire dans celle de l’inoculation de la variole puis de la vaccination. Il n’est pas exagéré d’affirmer, que la forte diminution ou la quasi-disparition de maladies transmissibles grevées d’une forte mortalité, constitue l’un des apports de la vaccination à la Santé Publique, à côté des progrès de l’hygiène et de l’alimentation.

 

On pourrait imaginer que les succès de la vaccination laissent peu de place à la controverse, et pourtant je ne connais aucun autre champ en médecine qui ait fait l’objet de polémiques aussi violentes. Si les arguments scientifiques ont changé au fil des générations, la cible reste la même et les vaccins les plus élaborés en matière de sécurité, faisant appel aux procédés biotechnologiques les plus récents, ne sont pas à l’abri de ces campagnes anti-vaccination comme le montre l’histoire récente de la vaccination contre l’hépatite B en France.

 

Une rapide promenade dans l’histoire de la vaccination de masse nous montre comment se sont élaborées, peu à peu, les règles éthiques relatives à la sécurité vaccinale. Elle révèle l’origine des fantasmes liés aux effets secondaires des vaccins, et elle apporte un éclairage utile sur l’acceptation de la vaccination préventive en fonction du contexte culturel. La vaccination elle-même peut apporter un éclairage utile sur d’autres problèmes de société liés à l’exercice de l’activité médicale, tels que par exemple l’organisation de la transfusion sanguine et des greffes, le rôle de l’Etat dans la sécurité sanitaire et l’acceptation de risques liés à l’utilisation de traitements médicamenteux à titre préventif.

 

La variole et la protection par inoculation.

La variole était une maladie virale exanthémateuse maintenue par contact inter-humain au sein de populations infectées (1). On distinguait deux formes cliniques : la variole majeure, la seule identifiée jusqu’à la fin du XIXème siècle, qui survenait sous forme d’épidémies brutales, particulièrement dans les zones de concentration urbaine. Au cours de ces épidémies la mortalité était de l’ordre de 20 % et on estime qu’au XVIIIème siècle 10 % de la mortalité totale de la ville de Londres était due à la variole. Une deuxième forme clinique, la variole mineure, provoquait une maladie moins sévère, avec une mortalité de 1% environ, mais une fréquence très élevée de cécité définitive (2).

 

L’origine de la variole est difficile à situer avec précision. Des foyers ont été identifiés entre l’Inde et l’Afrique du Nord environ 10 000 ans avant notre ère et la première preuve microbiologique de la variole a été décrite par l’identification du virus sur la momie de Ramsès V, décédé en 1157 avant J.C. Des épidémies sont décrites dans la Bible et dans la littérature grecque et romaine. On sait qu’à partir du XVIème siècle la variole a été introduite en Amérique du nord et Amérique latine, et l’on considère qu’elle a joué un rôle déterminant dans la disparition des empires aztèque et inca (1, 2).

 

L’inoculation ou variolisation (« variolation » en anglais), consistait à inoculer délibérément dans la peau, ou par insufflation nasale, du matériel de pustule provenant de patients infectés. Cette pratique entraînait une infection moins sévère que la forme naturelle, avec une mortalité de l’ordre de 0,5 à 2%, soit 10 fois inférieure à celle de l’infection naturelle. Les sujets ainsi inoculés étaient susceptibles de transmettre la maladie. L’inoculation de la variole soulevait de façon caricaturale les grandes questions d’éthique propres à la vaccination : cette pratique était indéniablement un succès en matière de Santé Publique, avec une réduction globale de mortalité tout à fait significative, mais elle entraînait un risque individuel tout autant inacceptable.

 

Lady Mary Worteley Montague, femme de l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Constantinople, milita vigoureusement à partir de 1717 en faveur de l’introduction de l’inoculation en Angleterre. Elle fit inoculer son fils en 1718 et sa fille en 1721 et réussit à convaincre une partie du clergé et du corps médical de l’intérêt de cette pratique.

 

Jenner et la vaccination.

Edward Jenner (1749-1823) est crédité de la première observation d’une résistance des personnes chargées de la traite des vaches, et exposées de ce fait à la vaccine, lors d’épidémies de variole. Remarquant par ailleurs une certaine parenté d’aspect entre les vésicules de la vaccine sur le pis des vaches et celles de la variole, il eut l’intuition d’une similitude entre les deux maladies et d’une protection possible vis-à-vis de la variole suite à l’inoculation délibérée de la vaccine. L’expérimentation clinique montra effectivement l’effet protecteur de l’inoculation avec des effets secondaires nettement moins sévères que ceux provoqués par l’inoculation de la variole.

 

Ces résultats furent publiés en 1798 sous forme d’une monographie de 75 pages qui valut d’emblée une immense notoriété à son auteur tout en le plaçant au coeur d’une polémique très vive (3).

De très nombreuses difficultés ont dû être franchies depuis les premières observations cliniques jusqu’à la mise en place d’une vaccination de masse. Ceci illustre parfaitement les contraintes qui pèsent sur le développement d’un procédé industriel à partir d’une étude expérimentale. Ces contraintes sont encore plus importantes au XXIème siècle qu’elles ne l’étaient au tout début du XIXème siècle.

 

Les premières vaccinations s’effectuaient par inoculation directe du liquide de pustule de génisse dans la peau du sujet vacciné ou bien encore par transmission inter-humaine comme c’était le cas précédemment pour l’inoculation de la variole (4). On imagine les difficultés de contrôle de l’asepsie et de l’efficacité du vaccin. Des progrès majeurs furent réalisés grâce au développement d’élevages parfaitement contrôlés sur le plan sanitaire, au mélange d’un nombre très élevé de prélèvements individuels de façon à assurer l’homogénéité des lots de production, enfin à la mise au point d’un test chez le cobaye destiné à apprécier à la fois l’innocuité et l’efficacité du vaccin.

 

On imagine rétrospectivement (5) la grande hétérogénéité des lots vaccinaux. Ultérieurement, des progrès notables ont été apportés par la mise au point de chaînes de froid permettant un certain temps de conservation du vaccin entre 2 et 8°C. Cependant, malgré cette absence de standardisation ces préparations vaccinales très rudimentaires ont permis à l’Organisation Mondiale de la Santé de lancer sa première campagne de vaccination systématique. Il y avait alors 16 millions de cas de variole dans le monde et 2 millions de morts par an. Douze ans plus tard, le 8 mai 1980, la variole fut déclarée éradiquée. Le coût de cette campagne fut de 300 millions de dollars US, soit 100 fois moins que l’expédition de Neil Armstrong sur la lune.

 

Les campagnes anti-vaccination.

La dernière épidémie de variole aux Etats-Unis eut lieu à Boston de 1901 à 1903 (6). En deux ans il y eut 1600 cas de variole pour une ville de 561 000 habitants avec une mortalité de 17 %. La majorité des malades n’étaient pas vaccinés. Cependant une forte minorité d’entre eux avait reçu le vaccin dans l’enfance. Ces derniers présentèrent dans l’ensemble des formes moins graves avec une mortalité globale de 11 %. Les autorités municipales décidèrent la mise en quarantaine de tous les patients et entreprirent une campagne de vaccination volontaire de masse. Les quotidiens, le Boston Globe et le Boston Herald relatent les instructions données aux médecins chargés de la vaccination à domicile. Il était recommandé de ne pas utiliser la force, mais les sujets qui refusaient la vaccination étaient astreints à une amende de 5 dollars ou un emprisonnement de 15 jours (6).

 

Les statistiques révèlent que les malades étaient pour la plupart des afro-américains ou des immigrants récents et 21 % d’entre-eux étaient des résidents canadiens donc étrangers. Les sujets sans travail et sans domicile fixe étaient accusés de transmettre préférentiellement la maladie. Un éditorial du Lancet en 1904 regrettait qu’aucune mesure sérieuse n’ait été prise pour éviter que ce groupe de « largely unemployable degenerate persons » puisse continuer à transmettre la maladie. Les quotidiens de Boston se firent l’écho de scènes de violence par les escadrons anti-virus (virus squads) chargés de la vaccination dans les milieux les plus pauvres. Ces ligues anti-­vaccination s’appuyaient sur d’authentiques complications médicales bien documentées telle la transmission de la syphilis (7), mais aussi un ensemble de malformations et de maladies mentales liées aux fantasmes d’organismes chimériques, en partie veaux et en partie humains (8, 9).

 

On retrouve aujourd’hui ces mêmes fantasmes dans certains groupes opposés par principe aux xénogreffes. Par ailleurs, les ligues anti-vaccination développèrent tout un arsenal juridique s’appuyant sur l’atteinte aux libertés individuelles que constituait le caractère obligatoire de la vaccination (10). L’un des héros des campagnes anti-vaccination, le docteur Emmanuel Pfeiffer, émigrant danois, médecin qui traitait ses malades par le jeûne et l’hypnose, n’avait pas été vacciné depuis l’enfance. Il fut exceptionnellement autorisé à visiter des malades atteints de variole. Malade à sa sortie de l’hôpital, Pfeiffer finalement survécut. Fort heureusement, alors que cet épisode aurait pu conforter la position des opposants aux vaccins, la variole est devenue progressivement sporadique aux Etats-Unis, jusqu’au dernier cas observé en 1949.

 

B.C.G. : le vaccin des pauvres.

La tuberculose a été la principale cause de mortalité en Europe et en Amérique du Nord jusqu’au milieu du XXème siècle. Les progrès du dépistage et du diagnostic précoces, mais surtout l’antibiothérapie avec l’introduction de la streptomycine puis de l’isoniazide au début des années 50, ont permis une très forte diminution de cette maladie dans les pays développés. Il n’en est pas de même dans le tiers-monde où l’on estime qu’il y a actuellement environ 8 millions de malades. La tuberculose est responsable de 3,1 millions de morts par an selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Ces chiffres sont impressionnants car la mortalité est très proche de celle du SIDA et nettement supérieure à celle du paludisme. Le risque de décès par tuberculose chez un malade infecté par Mycobacterium tuberculosis est de 1,6 % dans les pays industrialisés et de 96 % en Afrique. On assiste à une très forte augmentation de la tuberculose chez les malades infectés par le VIH et l’on observe par ailleurs, dans certaines zones géographiques, une augmentation des souches de M. tuberculosis résistantes à l’antibiothérapie.

 

Le BCG, ou bacille de Calmette et Guérin, est une forme atténuée de Mycobacterium bovis cultivé à partir d’une mastite tuberculeuse de la vache (11). Comme toutes les mycobactéries,M. bovis se développe très lentement et il a fallu un total de 231 cycles pendant une période de 13 ans pour aboutir à la souche atténuée actuelle. Les lots initiaux n’ont malheureusement pas été conservés de sorte que, malgré la connaissance du génome de M. tuberculosis, il n’est pas possible de connaître les mutations qui ont eu lieu pendant cette atténuation in vitro. Le procédé demeure empirique et il existe des différences importantes selon les différentes préparations de BCG réalisées dans différents instituts (12), dans l’effet protecteur vis-à-vis de la tuberculose expérimentale chez le cobaye, et dans le diamètre de la réaction tuberculinique produite par la vaccination (13, 14).

 

Le BCG fut administré par voie orale en France à partir de 1921. En 1928 la Société des Nations se prononça officiellement en faveur de la sécurité du vaccin BCG oral, tandis que l’hiver suivant à Lübeck, 72 des 250 enfants vaccinés avec un lot de BCG mourraient de tuberculose ; le lot vaccinal avait été contaminé par du M. tuberculosis virulent (11). Des progrès ont été réalisés dans le mode d’administration par l’injection intradermique depuis 1927, les multiponctures à partir de 1939 et la scarification à partir de 1947.

 

Le BCG est probablement actuellement le vaccin qui a été le plus utilisé dans le monde puisqu’on estime à environ 4 milliards le nombre de personnes qui ont été vaccinées. C’est aussi le vaccin le plus difficile à standardiser et celui qui donne lieu à de violentes polémiques notamment dans les pays développés, du fait d’une incertitude quant à l’efficacité vaccinale, et d’un rapport risque/bénéfice de plus en plus discutable au fur et à mesure de la diminution de la prévalence de la tuberculose. Un ensemble d’études cliniques contrôlées a révélé des résultats tout à fait discordants dont les principaux sont récapitulés dans la figure 1.

 

Il existe un certain consensus pour dire que le BCG protège principalement vis-à-vis des formes graves de la maladie (méningite, miliaire), particulièrement dans les populations à risque des pays en développement, alors que l’effet favorable de la vaccination n’est pas évident si l’on considère l’ensemble des cas de tuberculose, particulièrement dans les populations qui ne sont pas particulièrement à risque élevé pour cette infection (15). On retiendra enfin qu’aux Etats-Unis la réaction tuberculinique est utilisée assez systématiquement dans le contexte du diagnostic de l’infection tuberculeuse et que le BCG ne permet plus cette application. L’injection du BCG entraîne une infection progressive avec ulcération cutanée appelée BCGite. Ces BCGites, ainsi que des infections par des mycobactéries atypiques peu pathogènes chez le sujet sain, ou par des Salmonelles, correspondent à un syndrome clinique qui peut être consécutif à un déficit en IL-12 p40, en récepteur de l’IL-12 (chaîne ß1) ou de l’IFN ã (16). Ces observations constituent un argument supplémentaire contre la vaccination obligatoire par le BCG dans les pays développés.

 

Efficacité du vaccin par le BCG.

Les différentes études cliniques contrôlées font apparaître des résultats très différents en terme d’efficacité  exprimés sur une échelle logarithmique sous forme d’intervalle de confiance 95 %.

 

 

 

Les programmes étendus de vaccination.

Nous avons vu comment une campagne mondiale sous l’égide de l’OMS avait conduit à l’éradication de la variole au cours des années 70. Cette démarche s’appuyait sur les résultats antérieurs montrant sans ambiguïté les effets de campagnes nationales de vaccination obligatoire. Par exemple le vaccin contre la diphtérie a été introduit dans les années 40 et la maladie a presque disparu des pays développés au milieu des années 50, malgré la résurgence de foyers dans l’Europe de l’Est. Le vaccin inactivé injectable contre la poliomyélite (Salk) a fait l’objet d’une utilisation de masse à partir de 1956.

 

Ce vaccin entraîne la synthèse d’anticorps sériques susceptibles de neutraliser le virus lors de la période de virémie qui précède l’infection des motoneurones de la moelle épinière. Ce vaccin assure une protection individuelle, mais il n’a pas pour ambition de permettre l’éradication de la maladie. Il a permis aux Etats-Unis une chute de l’incidence de la polio de 30/35 pour 100 000 habitants à 5 pour 100 000. Le vaccin oral de Sabin est un vaccin atténué qui se réplique dans les cellules épithéliales du pharynx et de l’intestin et qui induit ainsi non seulement la production d’anticorps sériques, mais aussi celle d’IgA sécrétoires susceptibles d’être transportées dans la cellule épithéliale et de neutraliser le virus dans cette localisation intracellulaire.

 

Ce vaccin permet théoriquement la neutralisation des sites de réplication du virus et par conséquence l’arrêt de la transmission inter-humaine ce qui doit conduire à l’éradication de la maladie. Il s’agit cependant d’un vaccin fragile avec la possibilité d’une dissémination importante de virus vaccinal de formation de revertants ou de recombinants avec des virus sauvages à l’origine de cas de poliomyélite vaccinale. Ce vaccin est dangereux chez les immunodéprimés et il est très peu immunogène chez les sujets qui ont une forte production locale d’interféron (17).

 

Le vaccin contre la rougeole a été introduit au début des années 60 et la vaccination de masse aux Etats-Unis a permis une diminution de prévalence de l’infection de 500 à moins de 10 pour 100 000 habitants par an. Bien qu’il s’agisse d’un vaccin vivant de virulence atténuée, les complications graves de la rougeole demeurent exceptionnelles avec, pour 100 000 vaccinés, 0,1 cas d’encéphalopathies ; 0,05 à 0,1 de panencéphalite subaiguë sclérosante ; 0,02 à 190 de convulsions et 0,02 à 0,3 de mortalité. La panencéphalite subaiguë sclérosante qui frappait encore 50 personnes pour 100 000 habitants aux Etats-Unis dans les années 70, alors que l’incidence de la rougeole avait fortement baissé suite à la vaccination, a pratiquement disparu à partir des années 85-90.

 

Le vaccin contre la rougeole fait partie, avec les vaccins contre la rubéole et contre les oreillons, des trois vaccins à virus vivants de virulence atténuée, utilisés actuellement chez l’homme. Ces vaccins sont injectés à partir de l’âge de 9 mois. Leur objectif essentiel est l’induction d’une réponse T CD8+ cytotoxique qui semble jouer un rôle important dans les mécanismes de défense, au vu des résultats de modèles expérimentaux et à la suite d’observations montrant que l’immunisation par les virus inactivés dans le cas de la rougeole, pouvait conduire à la production d’un titre élevé d’anticorps avec aggravation des formes cliniques de la maladie. Dans le cas de la rubéole, certains pays visent exclusivement une protection individuelle c’est-à-dire la prévention des embryopathies rubéoliques, tandis que d’autres en rendant la vaccination obligatoire y compris chez les garçons, espèrent pouvoir, à terme, éradiquer la maladie. On notera au passage que les microorganismes ignorent les frontières et qu’une politique d’éradication cohérente ne peut s’organiser qu’au niveau mondial.

 

Il serait évidemment préférable de remplacer ces vaccins vivants par des vaccins sous­unitaires ou des vaccins par acide nucléique. En effet, les travaux récents réalisés dans le domaine de la vaccination contre les cancers, laissent penser que les cellules dendritiques correctement manipulées, pourraient à la fois induire une présentation et une réponse par la voie des molécules de classe I et de classe II du CMH (18). On sait, en effet dans le cas du virus de la rougeole, que certaines sous-unités sont responsables d’un effet immunosuppresseur. Il serait donc intéressant de pouvoir séparer les motifs moléculaires assurant une protection de ceux responsables de l’immunosuppression (19).

 

Un autre exemple de progrès biotechnologique majeur issu de la recherche fondamentale est apporté par le vaccin contre Hemophilus influenzae de type B. Le polysaccharide capsulaire est très peu immunogène chez le nourrisson et donne une réponse T indépendante, de sorte que la vaccination est inefficace avant l’âge d’un an, précisément à l’âge où l’on aurait besoin d’une protection contre les méningites. La préparation de conjugués associant le polysaccharide de HiB à une protéine porteuse (anatoxine tétanique ou diphtérique) permet d’obtenir une réponse T-dépendante. La coopération T-B permet une réponse dès l’âge de 2 mois avec production de l’ensemble des isotypes d’immunoglobulines, phénomène de mémoire qui est mis à profit lors des injections de rappel. Actuellement les perspectives de vaccination anti-bactérienne issue de la recherche fondamentale sont multiples (20).

On estime, au début du XXIème siècle, que chaque année, dans le monde, 3 millions d’enfants meurent d’une maladie qui pourrait faire l’objet d’une prévention vaccinale, même avec les vaccins actuellement disponibles dont on connaît les imperfections et les limites. Les principales causes de mortalité infectieuse apparaissent dans la figure 2. Les difficultés dans l’utilisation des vaccins actuels tiennent à des problèmes économiques (coût, logistique, chaîne du froid, personnel de santé, injections de rappel), et culturels (acceptation de la prévention).

 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a décidé en 1974 de lancer un programme étendu de vaccination (EPI : expanded programme on immunization) avec l’ambition de protéger les 120 millions d’enfants qui naissent chaque année contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la rougeole, la poliomyélite et la tuberculose. Ce programme a commencé en 1978 avec l’aide de l’UNICEF et d’organisations caritatives non gouvernementales. Des résultats très significatifs ont été obtenus avec une diminution de 90 % (65 à 6,5 ‰) des cas de poliomyélite et 80 % (41 à 0,5/million) des cas de rougeole avec une couverture vaccinale mondiale pour ces deux maladies stabilisée à un plateau de 80 % de la population. En 1991 il a été décidé d’adjoindre l’hépatite B à ce programme. Ces succès relatifs qui permettaient d’envisager l’éradication prochaine de plusieurs maladies transmissibles sont aujourd’hui compromis par l’extension de l’épidémie de SIDA qui désorganise profondément l’économie et les systèmes de santé des pays touchés par le VIH.

 

 

 Figure 2 : Mortalité annuelle par maladies infectieuses.

 

Catégories pathologiques

 

Paludisme: 2,1 M

SIDA: 3 M

Tuberculose: 3,1 M

Hépatite    B: 1,1 M

Diarrhée: 3,1 M

Rougeole: > 1 M

Infections respiratoires:4,4 M

Tétanos: 0,5 M

Coqueluche: 0,35 M

 

Ascaridiase et Ankylostoïmiase: 0,08 M

 Bilharziose: 0,08 M

Transmission - inter-individuelle; 65 % (11,2 M)

voie orale (eau, nourriture, excréments): 22% (3,7M)

insectes: 13 % (2,3 M)

animaux: 0,3 % (0,06 M)

  Source : Organisation Mondiale de la Santé.

 

 

Les chiffres indiquent les millions (M) de décès par an dans la population mondiale.

Nouveaux progrès, nouveaux risques.

Le risque vaccinal soulève des problèmes éthiques de toute autre nature que le risque thérapeutique, dans la mesure où la vaccination est proposée ou imposée à un sujet sain. Un traitement entraînant 1% d’accidents graves est jugé acceptable dans une maladie sévère ; un décès ou un handicap définitif chez un vacciné sur 100 000 n’est pas accepté. Or, l’histoire de la vaccination est émaillée de chapitres noirs, suite à l’injection de vaccins insuffisamment contrôlés (polio, BCG, fièvre jaune....), à la réutilisation des aiguilles (tétanos vaccinal, hépatite, SIDA) ou par la survenue de complications inattendues telles que l’aggravation des infections à virus respiratoire syncitial. Par son caractère systématique et obligatoire, le vaccin est astreint à un niveau de sécurité beaucoup plus élevé que le médicament. On remarquera cependant que l’administration de médicaments à des sujets sains à titre préventif, a été acceptée dans des sociétés économiquement développées, sans débat réel sur les risques et la mortalité par accidents médicamenteux dans cette indication. Ceci est d’autant plus surprenant qu’une partie importante des retraits des médicaments après mise sur le marché, concerne des médicaments ciblant les hyperlipidémies, les hypercholestérolémies ou visant le traitement de l’obésité, toutes situations qui correspondent plutôt à un facteur de risque vis-à-vis des affections cardiovasculaires et du diabète qu’à une authentique maladie.

 

Au moment où les progrès dans la recherche fondamentale sur la biologie des cellules dendritiques, la présentation de l’antigène, la régulation des lymphocytes à mémoire et l’immunisation par les acides nucléiques nous permettent d’envisager des progrès majeurs dans le développement de nouveaux vaccins, à l’exclusion peut-être du domaine particulièrement difficile du VIH (21, 22). On observe un défaut de connaissances de la population vis-à-vis de l’intérêt de la vaccination et une montée de rumeurs susceptibles de compromettre les vaccinations de masse (23, 24). Les principales allégations vis-à-vis des effets secondaires des vaccins sont résumées dans la figure 3 (25).

 

 

  Figure 3 : Exemples d’allégations relatives aux Effets secondaires de certains vaccins (1) 

Vaccin

Effet secondaire non démontré

Rougeole

Autisme et autres troubles du développement du système nerveux

Diphtérie, tétanos, coqueluche

Mort subite du nourrisson, épilepsie

Haemophilus influenzae type b

Diabète sucré

Vaccin polio injectable

Polyomyélite avec paralysie, infection par SV40, SIDA(2)

Hépatite B

Sclérose en plaques

Anthrax

Syndrome de fatigue chronique, syndrome de la guerre du Golfe

Maladie de Lyme

Arthrite inflammatoire chronique(3)

Certains lots, quel que soit le vaccin

Différentes réactions systémiques

Vaccinations multiples

Effets délétères divers par interaction entre vaccins

Alun (Al[0H)3] comme adjuvant

Myofasciite(4)

 

 

  

 

 

Références :

(1)   D’après ref 25 N Engl J Med. 2002, 347: 1474-75

(2)   Cet effet secondaire a été formellement exclu.

(3)   Une authentique maladie auto-immune est possible chez les sujets HLA-DR B1*0401 par mimétisme entre la protéine OspA du spirochète et la ß2 intégrine LFA-1 (CD11a/CD18)

(4)   Lien de causalité très vraisemblable. Complication exceptionnelle.

 

Le risque d’autisme et d’autres maladies liées au développement du système nerveux central provoqué par la vaccination contre la rougeole a été évalué sur une cohorte de 537 000 enfants suivis au Danemark entre 1991 et 1998. Fort heureusement environ 20 % de cette population n’avait pas été vaccinée. Ceci a permis d’exclure sur des bases épidémiologiques extrêmement solides un quelconque risque d’autisme (26). Notons à ce titre l’importance des résultats négatifs. On comprend aisément que dans un pays où la vaccination de masse aurait été pratiquée chez tous les enfants sans exception, l’absence d’un groupe contrôle non vacciné n’aurait pas permis de réaliser une telle étude.

 

Les vaccinations contre l’anthrax ou bien les vaccinations multiples à intervalles courts ont été mis en cause dans les syndromes de fatigue chronique et les syndromes de la guerre du Golfe. La montée des risques du bioterrorisme qui va conduire, par exemple, à vacciner une partie des troupes et du Service de Santé aux Etats-Unis vis-à-vis de la variole, laisse supposer que des pathologies consécutives aux vaccinations vont apparaître, et, dans ce domaine, on remarquera qu’il suffit d’informer l’adversaire du recours éventuel à l’arme biologique pour que toute la charge de la prévention et le poids des accidents secondaires reposent sur lui.

 

Des accidents rares mais authentiques de myofasciite se sont développés sur des sites d’injection de vaccins utilisant l’hydroxyde d’alumine comme adjuvant (27). Le rôle de l’aluminium est suspecté. Cet adjuvant, encore très largement utilisé, provoque dans certaines espèces animales une réponse de type Th2. Ceci a conduit à discuter la contribution éventuelle de cet adjuvant à l’augmentation de prévalence des maladies auto-immunes ou allergiques relevant d’un profil de cytokines de type 2, en plus de la diminution des réponses de type Th1 consécutives à l’excès d’hygiène (28).

 

L’histoire de la sclérose en plaques est probablement celle qui doit conduire à une réflexion approfondie parmi les nombreux aléas récents des vaccinations. On se souvient que le vaccin contre l’hépatite B est un vaccin recombinant sous forme de polypeptides hautement purifiés. Contrairement à la plupart des autres vaccins, il est relativement peu immunogène, mais il est probablement parmi les vaccins les plus sûrs que l’on a actuellement. La vaccination contre l’hépatite B est destinée à prévenir une hépatite virale dont l’évolution se fait souvent sur le mode subaigu et qui se complique dans un pourcentage élevé de cas de cirrhose du foie et d’hépatocarcinome.

 

Il s’agit donc là du premier vaccin de prévention du cancer qui ait été disponible. Les politiques de vaccination contre l’hépatite B sont très différentes d’un pays à l’autre. L’OMS, on l’a vu, a ajouté l’hépatite B à la liste des vaccins faisant l’objet d’un programme étendu de vaccinations avec l’objectif à long terme d’éradiquer cette maladie virale. La Grande-Bretagne a choisi de vacciner de façon très limitée uniquement les groupes à risques, soit environ 5% de la population (homosexuels, toxicomanes, professionnels de santé, voyageurs dans les régions endémiques). D’autres pays comme les Etats-Unis, l’Italie ou l’Espagne vaccinent systématiquement les nourrissons dans l’idée que les groupes à risques sont extrêmement difficiles à atteindre.

 

En France, la vaccination a été très largement appliquée dès 1998 de façon systématique, à l’école chez les préadolescents, chez les nourrissons et aussi chez les personnes qui n’avaient qu’un risque relativement faible d’hépatite B. Au début des années 90 un groupe de neurologues avait été alerté par la survenue de cas de sclérose en plaques chez des adultes jeunes peu après l’injection du vaccin contre l’hépatite B. Dès lors un ensemble d’études parfaitement contrôlées a été réalisé dans différents groupes montrant d’abord que la vaccination contre l’hépatite B chez des malades atteints de sclérose en plaques n’augmentait pas le risque de rechute (29) et révélant par ailleurs que dans la population générale l’incidence des scléroses en plaques n’est pas plus élevée après vaccination contre l’hépatite B (30).

 

En France, l’étude de l’INSERM réalisée sous la direction d’Annick Alperovitch, a révélé un risque relatif de sclérose en plaques très légèrement augmenté, de manière non statistiquement significative, de sorte que l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a estimé que les études permettaient d’exclure la possibilité d’un risque important mais pas d’un risque faible. Le ministre de la santé de l’époque a donc décidé de ne plus recommander la vaccination des adolescents. Suite à cette décision, l’Etat a enregistré environ 300 demandes d’indemnisation concernant le vaccin contre l’hépatite B. On comprend à quel point ce contexte rend la communication difficile pour l’éducation sanitaire et la promotion de la prévention.

 

Cet exemple illustre bien les difficultés de prise de décision en matière de vaccination dans les sociétés modernes au niveau des Etats ou des directions générales de santé (31). En France, le drame du sang contaminé a conduit les pouvoirs publics à encadrer autant que possible toutes les activités concernant les médicaments et les produits de santé. Des progrès tout à fait remarquables ont été réalisés dans la sécurité de la transfusion et des greffes. Les décisions en matière de Santé Publique s’appuient de plus en plus sur le principe de précaution (32) dont on commence seulement à appréhender les dérives. S’il n’est pas appliqué avec un certain bon sens, ce principe risque en effet de conduire à un excès de précautions qui protègent les pouvoirs publics au détriment du malade. Le traditionnel principe médical du rapport entre le risque et le bénéfice thérapeutique pour le patient nous semble une base de raisonnement éthique toujours applicable. L’histoire des vaccins nous montre cependant que le monde dans lequel nous vivons est en grande partie irrationnel, à l’image de la science elle-même, dieu pour certains et diable pour d’autres (33).

 

 

Références :

   1. Henderson DA, Moss B. Smallpox and vaccinia. In : Vaccines, 3rd ed. (Plotkin SA, Orenstein WA). W.B. Saunders Company, 1999, p. 74-97.

   2. Hopkins DR. Princes and peasants. Smallpox in history. Chicago, University of Chicago Press, 1983.

  3. Jenner E. An inquiry into the causes and efects of the variolae vaccinae, a disease discovered in some of the western counties of England, particularly Gloucestershire, and known by the name of the cow pox. London, Sampson Low. 1798, 75 p.

   4. Bazin H. The eradication of smallpox. Academic Press 2000, 246 p.

   5. Brines R. Two hundred years on : Jenner and the discovery of vaccination. Immunol Today 1996 ; 17 : 203-04.

  6. Albert MR, Ostheimer KG, Breman JG et al. The last smallpox epidemic in Boston and the vaccination controversy, 1901-1903. N Engl J Med 2001 ; 344 : 375-79.

   7. Petit  R.  Transmission  de  la  syphilis  par  la  vaccination  (transmission  of  syphilis  by  vaccination).  Adrien  Delahaye, Libraire-Editeur, Paris, 1867, 105 p.

   8. Sacco L.  Traité  de  vaccination  (traduit  de l’italien  par  J.  Daquin) -  Treatise  on  vaccination  (translated from italian by J. Daquin). Librairie des Frères Michaud, Paris, 1813, 2nd ed. 495 p.

  9. Rowley W. On the ineficacy and dangers of the vaccine (translated from the third edition written in 1805), Giguet and Michaud, Paris, 1807, 212 p.

 10. Schultess-Young HS. Legal defences to compulsory vaccination. Simpkin, Marshall, Hamilton, Kent and Co. Ltd, London, 1896, 47 p.

11. Smith KC, Starke JR. Bacille Calmette-Guérin vaccine. In : Vaccines, 3rd ed. (Plotkin SA, Orenstein WA). W.B. Saunders Company, 1999, p.111-39.

12. International Union Against Tuberculosis. Phenotypes of BCG vaccines seed lot strains. Results of an international cooperative study. Tubercle 1978 ; 59 : 139-42.

13. Milstein JB, Gibson JJ. Quality control of BCG vaccine by WHO : a review of factors that may influence vaccine effectiveness and safety. Bull World Health Organ 1990 ; 68 : 93-108.

14. Osborn TW. Changes in BCG strains. Tubercle 1983 ; 64 : 1-13.

15. Fine PE, Rodrigues LC. Modern vaccines : mycobacterial diseases. Lancet 1990, 1 : 1016-20.

16. Casanova   JL,  Blanche  S,  Emile  JF  et  al.  Idiopathic  disseminated  bacille  Calmett - Guérin  infection :  a French  national retrospective study. Pediatrics 1996 ; 98 : 774-78.

17. Revillard JP. Immunologie (4ème ed.). De Boeck Université, Bruxelles, 2001, 595 p.

18. Yu Z, Restifo NP. Cancer vaccines : progress reveals new complexities. J Clin Invest 2002 ; 110 : 289-94.

19. Marie JC, Kehren J, Trescol-Biemont MC et al. Mechanism of measles virus-induced suppression of inflammatory immune responses. Immunity 2001 ; 14 : 69-79.

20. Curtiss R. Bacterial infectious disease control by vaccine development. J Clin Invest 2002 ; 110 : 1061-66.

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22. Letvin NL. Strategies for an HIV vaccine. J Clin Invest 2002 ; 110 : 15-20.

23. Swift J. The risk of vaccination. The importance of « negative » studies. N Engl J Med 2001 ; 344 : 372-73.

24. Gellin BG, Mailbach EW, Marcuse EK. Do parents understand immunizations ? A national telephone survey. Pediatrics 2000 ; 106 : 1097-1102.

25. Campion EW. Suspicions about the safety of vaccines. N Engl J Med 2002 ; 347 : 1474-75.

26. Madsen KM, Hviid A, Vestergaard M et al. A population-based study of measles, mumps, and rubella vaccination and autism. N Engl J Med 2002 ; 347 : 1477-82.

27. Gherardi RK, Coquet M, Cherin P et al. Macrophage myofasciitis lesions assess long-term persistence of vaccine-derived aluminium hydroxide in muscle. Brain 2001 ; 124 : 1821-31.

28.  Bach JF. The effect of infections on susceptibility to autoimmune and allergic diseases. N Engl J Med. 2002 ; 347 : 911-20.

29. Confavreux C, Suissa S, Saddier P et al. Vaccinations and the risk of relapse in multiple sclerosis. N Engl J Med 2001 ; 344 : 319-26.

 

Page n° 53

30. Ascherio A, Zhang SM, Hernan MA et al. Hepatitis B vaccination and the risk of multiple sclerosis. N Engl J Med 2001 ; 344 : 327-32.

31. Girard JF. Quand la santé devient publique. Hachette Littératures, 1998, 258 p.

32. Kourilsky P, Viney G. Le principe de précaution. Editions Odile Jacob, 2000, 405p.

33. Pessis-Pasternak G. La science : dieu ou diable ? Editions Odile Jacob, 1999, 243p.

 

Page n° 79 à 83

Mercurothiolate : primum non nocere !

Le mercurothiolate ou merthiolate ou thiomersal, est un dérivé de l’éthylmercure utilisé comme conservateur, indispensable pour prévenir les contaminations bactériennes des flacons de +vaccins multidoses après ouverture. Peu de données étayent la possibilité d’une allergie au mercurothiolate induite par les vaccins. L’allergie au mercurothiolate consiste habituellement en une hypersensibilité retardée et les résultats des tests de sensibilisation semblent avoir une pertinence clinique faible. Une hypersensibilité connue au mercurothiolate n’est pas considérée comme une contre-indication à la vaccination par un vaccin contenant du mercurothiolate (15).

 

En 1999, aux Etats-Unis, le mercurothiolate était utilisé dans plus de trente spécialités vaccinales indiquées chez l’enfant, contre deux en France. Bien qu’aucune preuve ne permettait à l’époque de suspecter un risque de toxicité neurologique du mercurothiolate contenu dans les vaccins, la dose cumulée de mercure administrée chez un même nourrisson aux Etats-Unis a été trouvée suffisamment élevée (bien qu’inférieure aux normes admises par la FDA) pour que soit demandé à tous les producteurs d’éliminer le mercurothiolate de leurs vaccins.

 

Depuis 2002, en Europe et aux Etats-Unis, tous les vaccins indiqués chez l’enfant sont désormais dépourvus de mercurothiolate ou n’en contiennent plus qu’à l’état de trace. Les résultats d’une première étude analysant le taux de mercure dans le sang, les selles et les urines d’enfants vaccinés avec des vaccins contenant du mercurothiolate, montrent que les taux de mercure présents dans le sang de ces enfants sont très inférieurs à ceux admis par l’Agence américaine de Protection de l’Environnement (Environmental Protection Agency -EPA-).

 

De façon surprenante, l’élimination du mercure chez ces enfants est beaucoup plus rapide que ce qui était attendu sur la base des études précédentes conduites sur la toxicité du mercure d’origine alimentaire (44). S’il est évidemment souhaitable d’éviter d’exposer inutilement tout vacciné à un agent potentiellement toxique, il faut noter que 1°) la communication sur le sujet a conduit à une baisse sensible et durable de la vaccination des nourrissons nés de mère infectée par le virus de l’hépatite B aux Etats-Unis, 2°) la question de la dose cumulée de mercure contenu dans les vaccins ne concernait que très peu la France : tous les vaccins indiqués chez les nourrissons, à l’exception de deux vaccins hépatite B, ne contenaient pas de mercurothiolate (45) ; 3°) pour les pays en voie de développement, utilisateurs de vaccins en présentation multidoses et donc contenant du merthiolate, le passage à des vaccins dépourvus de merthiolate, et donc en présentation unidose, représenterait un tel surcoût que, sur la base des budgets actuels, des millions d’enfants ne pourraient plus être vaccinés. Les vaccins contenant du merthiolate restent donc recommandés et utilisés par l’OMS dans le cadre du Programme élargi de Vaccination.

 

Vaccin hépatite B et sclérose en plaques.

L’étiologie de la sclérose en plaques fait l’objet depuis plus de 150 ans d’innombrables théories sans qu’aucune ne s’avère satisfaisante (46). En 2003, la sclérose en plaques est considérée comme une maladie auto-immune. En France, suite à la notification de cas de sclérose en plaques rapportés dans les suites d’une vaccination, une enquête officielle de pharmacovigilance portant sur la tolérance des quatre vaccins hépatite B alors présents sur le marché a été ouverte en juin 1994. Depuis, la tolérance neurologique des vaccins hépatite B fait l’objet d’une évaluation continue par l’Afssaps à partir de l’analyse des notifications spontanées et des résultats des études épidémiologiques qui ont été conduites.

 

A ce jour, neuf études ont été réalisées. Ni isolément, ni prises dans leur ensemble, elles ne permettent de conclure à la responsabilité des vaccins (47) (48). Du point de vue de la plausibilité biologique, il est intéressant de rappeler que le modèle d’encéphalomyélite expérimentale, induite par la polymérase du virus de l’hépatite B chez le lapin, a été utilisé à tort pour soutenir l’hypothèse d’un lien de cause à effet entre le vaccin hépatite B recombinant et la sclérose en plaques : les vaccins hépatite B obtenus par les techniques de recombinaison génétique sont, de fait, dépourvus de la polymérase ! De même, « l’intensité » de la stimulation du système immunitaire induit par la vaccination a été mise en avant pour expliquer la survenue d’une pathologie « dysimmunitaire » dans les suites de la vaccination. En fait, la vaccination hépatite B expose le système immunitaire à des quantités d’antigène HBs des millions de fois plus faibles que celles produites au cours de l’infection naturelle (49) .

 

Hydroxyde d'aluminium et syndrome de myalgies et fatigue chroniques.

Depuis  plus  de  60  ans,  l'aluminium  est  utilisé  chez  l’homme  comme  adjuvant  pour  favoriser  la   réponse immunitaire des vaccins inactivés. La myofasciite à macrophage est une entité histologique d’une taille microscopique (1mm3 environ) de description récente (1998), caractérisée par une infiltration cellulaire entre les faisceaux musculaires sur les biopsies de muscle deltoïde, site d’injection préférentiel des vaccins. Cet infiltrat est constitué de cellules lymphocytaires T et de macrophages dans lesquelles sont présents des cristaux d’aluminium (53) . Des images identiques ont été observées chez l’animal au point d’injection de vaccins adjuvés sur hydroxyde d’aluminium, témoignant de la réaction inflammatoire locale, premier temps de la réponse immunitaire. Il est donc possible qu’un tel phénomène existe chez l’homme au point d’injection des vaccins. La durée de persistance de ces images n’est pas connue.

 

Quelques personnes (32 cas au total ont été retenus par la Commission Nationale de Pharmacovigilance de 2002), chez lesquelles cette image histologique a été trouvée, ont présenté des troubles cliniques généraux non spécifiques, à type de douleurs musculaires persistantes et diffuses (non localisées au niveau des sites d'injection des vaccins) et de fatigue sans qu’il soit possible d’identifier un syndrome cohérent et univoque (47). Bien que les vaccins contenant de l'aluminium soient distribués dans le monde entier, ce lien hypothétique entre l’aluminium et des troubles cliniques n’est développé qu’en France et par quelques médecins seulement. Si le rôle des vaccins dans la genèse de l’image histologique a été reconnu par les experts du Comité consultatif de l’OMS pour la sécurité des vaccins, à ce jour, les analyses faites par l’OMS, le CDC d’Atlanta aux États-Unis et l’Afssaps en France, n'établissent pas de lien de cause à effet entre l’image histologique et les troubles cliniques.

 

Cela n’empêche pas les déclarations et les spéculations alarmistes des « découvreurs » de cette « nouvelle maladie » dans des journaux destinés au grand public (54). Des études épidémiologiques sont en cours, mais il est à craindre que leurs résultats ne puissent permettre de trancher en raison du nombre très faible de cas et du nombre élevé de vaccinés (quelques dizaines de cas parmi plusieurs dizaines de millions de vaccinés).

 

Nombre de vaccins, combinaison vaccinale et saturation du système immunitaire.

En France, si on s’en tient aux recommandations vaccinales, un enfant reçoit au cours de ses deux premières années de vie une dizaine d’injections vaccinales pour être protégé contre une vingtaine de micro-organismes pathogènes. En l’absence des vaccins combinés, l’obtention de cette protection nécessiterait plus de 80 injections ! Le calendrier vaccinal serait en pratique irréalisable : les injections vaccinales devraient être étalées dans le temps et les enfants seraient exposés au risque de survenue des différentes maladies au cours de la réalisation du calendrier.

 

Des parents et des professionnels de santé s’interrogent sur la capacité du système immunitaire humain à pouvoir absorber, en si peu de temps, le « choc » d’un si grand nombre de stimulations antigéniques. En fait, il est démontré que le système immunitaire du nourrisson est tout à fait à même de répondre à de multiples stimulations antigéniques : plus de 90 % des enfants vaccinés entre 2 et 6 mois développent une réponse anticorps protectrice contre, par exemple, les 16 antigènes différents contenus dans le vaccin combiné [diphtérie/tétanos/polio/coqueluche/Haemophilus influenzae type b/hépatite B] et le vaccin pneumococcique conjugué contenant 7 sérogroupes différents, lorsqu’ils sont injectés lors des mêmes séances de vaccinations (55) .

 

L’énorme diversité des récepteurs antigéniques T et B (>1010), suggère une capacité de réponse du système immunitaire à un nombre immense d’antigènes et il est facile de montrer qu’un enfant aurait la capacité (théorique !) de répondre à plus de 10 000 vaccins différents à un instant « t » ! En pratique, moins de 0,1 % du potentiel de réponse du système immunitaire d’un enfant est utilisé lors d’une vaccination par un vaccin combiné [diphtérie/tétanos/polio/coqueluche/Haemophilus influenzae type b/hépatite B]. De plus, le renouvellement constant des cellules T et B par des cellules naïves à un rythme de plusieurs millions de cellules par jour ne permet pas, à quel que vaccin que ce soit, de « consommer » ne serait-ce qu’une fraction du pool des cellules du système immunitaire (56).

 

Au total, les données actuelles indiquent que les vaccinations ni ne saturent ni n’affaiblissent le système immunitaire et qu’au contraire, les enfants ont d’énormes capacités de réponse à des stimulations antigéniques multiples, vaccinales ou environnementales.

 

 

Conclusion :

S’il  est  clair  que « Aucun  vaccin  ne  peut  être  considéré  comme c omplètement  dépourvu  d’effet indésirable... », il est aussi indispensable que la réponse à la question « Ce vaccin peut-il être responsable de cet effet indésirable ? » soit l’aboutissement d’une démarche scientifique rigoureuse et non le reflet d’une opinion partiellement éclairée.

 

Dans certains cas, considérés comme simples, il est « connu » qu’un vaccin donné (par exemple le vaccin ourlien) puisse être responsable d’un effet indésirable donné (par exemple un syndrome méningé). Pour affirmer la relation de cause à effet, il reste néanmoins indispensable de préciser la nature réelle du vaccin (sa composition précise) et d’éliminer les autres causes concomitantes possibles de l’effet indésirable observé.

 

Dans d’autres cas, moins simples, la manifestation post-vaccinale rapportée n’est pas « connue » comme pouvant être un effet indésirable du vaccin considéré : il s’agit d’une nouvelle manifestation post-vaccinale inattendue. Cette situation est fréquente pour les nouveaux vaccins car un effet indésirable rare peut ne pas être détecté lors des études cliniques avant commercialisation. Pour cette raison, des systèmes de surveillance post­enregistrement de la tolérance des vaccins sont en place dans de nombreux pays et un Comité consultatif pour la sécurité des vaccins a été créé par l’OMS en 1999.

 

Ce comité a défini une méthode et des critères à utiliser pour évaluer la relation de causalité autorisant à imputer des manifestations indésirables à un vaccin : 1°) concordance des résultats, 2°) force de l’association, 3°) spécificité, 4°) relation temporelle et 5°) plausibilité biologique (57). Enfin, lorsque des manifestations indésirables sont reconnues comme imputables à un vaccin, il faut rechercher s’il existe des catégories d’individus prédisposés (âge, facteurs génétiques, environnementaux …).

 

Mettre en doute la tolérance d’un vaccin à partir de manifestations post-vaccinales qui n’ont pas fait l’objet d’une évaluation scientifique de l’imputation de la causalité n’est pas responsable : chaque nouvelle accusation non fondée instaure non seulement une perte de confiance du public dans le vaccin concerné mais jette également le discrédit sur l’ensemble de la vaccination et Spéculer publiquement sur la tolérance des vaccins, c’est oublier le poids de la morbidité et de la mortalité des maladies infectieuses avant l’introduction de la vaccination et combien les programmes de vaccination se sont révélés efficaces (tableau 5).

 

Lorsqu’un vaccin fait l’objet de fausses accusations répétées, certains cessent à la longue de se faire vacciner ou de faire vacciner leurs enfants, créant un risque pour eux-mêmes mais aussi pour leur entourage. D’autres (ou les mêmes !) intentent des actions judiciaires dont la médiatisation amplifie la suspicion même lorsque les preuves disculpant le vaccin ont été entre-temps apportées. Des programmes de vaccination, y compris dans les pays en voie de développement où les besoins sont très importants, peuvent devenir difficiles à conduire, mettant ainsi en jeu la santé des populations. Il est clair que la communauté médicale a un rôle clé à jouer pour minimiser ces risques, en améliorant la qualité de sa communication sur la tolérance et la valeur des vaccins.

 

Références :

 15. CDC. Update: vaccine side effects, adverse reactions, contraindications, and precautions. Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP). MMWR 1996;45:1-35.

  44. Pichichero   ME,  Cernichiari  E,  Lopreiato  J,  Treanor  J.  Mercury  concentrations  and  metabolism  in  infants  receiving vaccines containing thiomersal: a descriptive study. Lancet 2002;360:1737-41.

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  47. Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Commission Nationale de Pharmacovigilance. Extrait du procès verbal de la réunion du 21 mai 2002.

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  49. Whalley SA, Murray JM, Brown D, Webster GJM, Emery WC, Dushaeiko JM, Perelson AS. Kinetics of acute hepatitis B virus infections in Humans. J Exp Med 2001;193(7):847-53.

 52. Mäkelä  A,  Pekka  Nuorti  J,  Peltola  H.  Neurologic  disorders  after  measles-mumps-rubella  vaccination.  Pediatrics 2002;110:957-63.

  53. Gherardi RK, Coquet M, Chérin P, Authier FJ, Laforêt P, Bélec L, Figarella-Branger D, Mussini JM, Pellissier JF, Fardeau M, for the Groupe d’Etudes et Recherche sur les Maladies Musculaires Acquises et Dysimmunitaires (GERMMAD) de l’Association Française contre les Myopathies (AFM). Macrophagic myofasciitis: an emerging entity. Lancet 1998;352:347.

 54. Dubrana D. Alerte aux vaccins. L’aluminium accusé. Sciences et avenir 2001;7-9.

 55. Olivier  C,  Liese  JG,  Stojanov  S,  Tetelboum  R,  Cottard  M,  Fritzell B, Laufer D, Petersen G, Corsaro B, Belohradsky BH. Immunogenicity and safety of the 7-valent pneumococcal conjugate vaccine (7VPnC­PREVENAR~) coadministered with a hexavalent DTaP-IPV-HBV-Hib vaccine (HEXAVAC~). ICAAC 2002. Abstract paper G-836.

  56. Offit PA, Quarles J, Gerber MA, Hackett CJ, Marcuse EK, Kollman TR, Gellin BG, Landry S. Addressing parents’concerns: do multiple vaccines overwhelm or weaken the infant’s immune system? Pediatrics 2002;109(1):124-9.

 

Page n° 90 et 91

Les réactions aux vaccins contre l’hépatite B.

Des réactions évoquant une allergie immédiate (prurit généralisé sine materia, urticaire et/ou oedème de Quincke, asthme, réactions anaphylactiques ou anaphylactoïdes) ont été rapportées chez quelques patients, après immunisation par des vaccins recombinants sur Saccharomyces cerevisiae (8,9,82). Aucun bilan immuno-allergologique n’a été effectué, sauf chez un patient chez lequel les tests cutanés à lecture immédiate et les dosages des IgE sériques spécifiques ont permis de diagnostiquer une allergie immédiate à Saccharomyces cerevisiae (82). Dans l’étude de Bakonde et al. (17), tous les enfants rapportant des urticaires, angio-oedèmes et asthmes de chronologie accélérée ont eu des tests cutanés à lecture immédiate et semi-retardée aux vaccins négatifs (pricks au 1/10e et IDR au 1/100e), et ont parfaitement toléré les injections de rappel des vaccins contre l’hépatite B, à l’exception d’une récidive chez un enfant atteint d’urticaire chronique, lors de l’injection de rappel.

 

Ces résultats suggèrent que la majorité des réactions généralisées immédiates et accélérées aux vaccins contre l’hépatite B ne résulte pas d’une réaction d’HS dirigée contre l’un des constituants des vaccins. Il en est probablement de même pour les réactions non urticariennes et les arthralgies de chronologie variable (9-12), dont la fréquence est identique chez les sujets immunisés par les vaccins contre l’hépatite B et chez ceux ayant reçu du placebo (12).

 

Références :

   9. Caillard JF, Bastard C, Czernichow P, Lemarchand C, Proust B, Prudent P. Effets secondaires de la vaccination contre l’hépatite A, virus B : étude sur 1047 sujets au CHRU de Rouen. LARC Med 1985 ; 5 : 129-32.

12. Szmuness W, Stevens CE, Harley EJ, Zang EA, Oleszko WR, William DC et al. Hepatitis B vaccine : demonstration of efficacy in a controlled clinical trial in a high risk population in the United States. N Engl J Med 1980 ; 303 : 833-41.

82. Brightman  CA,  Scadding  GK,  Dumbreck  LA,  Latchman  Y,  Brostoff  J.  Yeast-derived  hepatitis B  vaccine  and   yeast hypersensitivity. Lancet 1989 ; 22 : 903.

 

 

Page n° 99 et 100

Réactions cutanées retardées dues aux vaccins.

Annick BARBAUD

Service de Dermatologie

HOPITAL FOURNIER

36 quai de la Bataille

54000 NANCY.

 

Les accidents cutanés retardés post-vaccinaux sont exceptionnels et ne remettent pas en question l'intérêt des vaccinations.

 

Mécanismes des réactions cutanées retardées après vaccination.

Nous avons proposé lors d’une revue de la littérature en 1995 (1) de classer ces réactions cutanées retardées en :

Réactions vaccinales simples avec reproduction de la maladie contre laquelle ils sont actifs mais qu’ils simulent a minima. Il s’agit d’une réaction syndromique non immuno-allergique. Le vaccin ROR contre la rougeole, oreillons et rubéole, le vaccin anti-rubéole peuvent induire des réactions post-vaccinales simples avec une éruption morbilliforme ou rubéoliforme entre le 6ème et le 12ème jour dans 2 à 5% des cas pour la rougeole et dans 5 à 10% des cas pour la rubéole.

 

Réactions immuno-allergiques spécifiques d’un constituant du vaccin : localisées au site d’injection ou généralisées par vascularité due à des complexes immuns circulants ou par hypersensibilité cellulaire retardée, par sensibilisation à un composant actif du vaccin (anatoxine tétanique, antigène HBs), à un conservateur (thiomersal ou mercurothiolate sodique, formaldéhyde, 2 phénoxyethanol et phénol) à des excipients comme le Dextran, le glutamate ou la gélatine dans différents BCG. à un adsorbant (sels d’aluminium), à des contaminants pouvant rester à l’état des traces dans la préparation finie et liées aux conditions de préparation de ces vaccins. Ce sont par exemple : les protéines de l’œuf, les vaccins préparés sur des milieux à l’œuf ou sur cellules  embryonnées de poulet (oreillons, rougeole, fièvre jaune, grippe).

      

Le vecteur utilisé pour la préparation des vaccins recombinants comme le Saccharomyces cerevisiae pour l'Engerix®.  Enfin lors de la préparation des vaccins peuvent être utilisés des antibiotiques : néomycine, kanamycine, streptomycine ou polymyxine B.

Ces contaminants liés aux conditions de préparation des vaccins peuvent être retrouvés à l’état de traces dans les vaccins. 

Réactions immunologiques non spécifiques d’un constituant du vaccin. La stimulation, stimulation immunitaire induite par le vaccin peut être non spécifique d’un constituant du vaccin et entraîner un processus immunologique ou inflammatoire.

De telles réactions pourraient être en cause dans le déclenchement ou la révèlation de maladies dysimmunitaires (lupus, dermatomyosite, sclérodermie, vasculite) ou inflammatoires (lichen plan, granulome annulaire après vaccin anti-hépatite B (2), érythèmes polymorphes, syndrome de Sweet).

 

L’imputabilité du vaccin dans ces cas est difficile à établir. Il pourrait avoir un Rôle favorisant sur un terrain prédisposé. Dans un petit nombre d’observations l’imputabilité du vaccin est forte car il y a récidive de la réaction après plusieurs injections vaccinales.

 

On peut remarquer que  certains de ces effets secondaires non immuno-allergiques reproduisent des maladies inflammatoires qui ont été décrites comme associés à l’infection virale native comme par exemple : le lichen plan et l’hépatite B ou les vascularites  après des infections virales et syndrome pseudo-grippal.

 

Enfin certaines réactions surviennent lorsqu’il y a hyperimmunisation  comme ceci a été démontré dans les phénomènes d’Arthus secondaires à la vaccination anti-pneumococcique, les fièvre après rappel de vaccination anti-diphtérique et pourrait être en cause dans les fortes réactions localisées sur le site de vaccination anti-tétanique.

Des plaques sclérodermiformes  aux points d’injection on été signalées après vaccination anti-hépatite B ou le BCG (2,3). Les autres manifestations dysimmunitaires seront analysées dans un autre chapitre de cet ouvrage.

                                     

Mécanismes des réactions explorés par les tests cutanés.

Des  investigations  complémentaires  immunoallergologiques  ont  été  faites  chez  des  patients  dont   l’accident était bien caractérisé. Les résultats ont été analysés dans une thèse d’Université à propos de 18 patients (4). Ceci a permis de confirmer notre hypothèse proposée en 1995 (1) de la multiplicité des causes des toxidermies après vaccination, telles qu’elles viennent d’être rappelées par l’analyse de la littérature. Elles peuvent être dues :

 

A une sensibilisation à un des constituants du vaccin avec, dans notre série, sensibilisations prouvées avec tests cutanés positifs et pertinents au thiomersal, à l’hydroxyde d’aluminium, à la toxine diphtérique, à la toxine tétanique, à l’antigène HBs, aux agents de vaccination anti-grippale. - A un mécanisme probablement médié par des complexes immuns circulants (CIC) : une urticaire avec CIC lors de l’injection d’un vaccin anti-hépatite B chez un sujet venant d’être exposé au virus natif et la réactivation d’un purpura rhumatoïde ancien après vaccination anti-grippale. - A des mécanismes probablement immunitaires non spécifiques d’un antigène contenu dans le vaccin, non reproductibles par les tests in vivo et qui dans un cas d’urticaire après vaccination anti­hépatite B n’ont pas récidivé lors de la réadministration du vacci.n

 

Enquête auprès des dermatologues lorrains sur les réaction cutanées après vaccination.

Les réactions cutanées secondaires à la vaccination sont probablement plus fréquentes que ce que laisse supposer l’analyse de la littérature ou les données de pharmacovigilance en raison d’une sous déclaration de ces incidents. Durant 19 mois, une étude prospective par questionnaire a été effectuée parmi les dermatologues lorrains (2) et a permis de recenser 27 cas d’accidents cutanés post vaccination (20 femmes, 7 hommes, âge moyen 30 ans et six mois avec des extrêmes allant de 15 mois à 89 ans). Il s’agissait :

de réactions post-vaccinales bénignes dans 12 cas : 8 nodules au point d’injection, 3 réactions inflammatoires au point d’injection, 1 abcès sous-cutané, 1 abcès sous-cutané et 1 botriomycome ; - d’accidents post-vaccinaux mineurs dans 6 cas : 1 prurit généralisé, 1 pelade décalvante totale, 1 éruption eczématiforme, 1 éruption folliculaire prurigineuse et 2 granulomes annulaires ; - d’accidents post-vaccinaux majeurs dans 11 cas : 2 urticaires généralisées, 1 exanthème maculo­papuleux prédominant au point d’injection, 1 œdème de Quincke, 2 purpuras, 2 sclérodermies en plaques au point d’injection anti-hépatite B, 2 lichens plans et 1 lupus érythémateux systémique. Dans 18 cas (67%) les réactions sont survenues lors de la primo-vaccination, avec réapparition ou réactivation lors des injections ultérieures, dans 8 cas (30%) au décours d’un rappel (indéterminé dans 1 cas). Les vaccins en cause étaient anti-hépatite B dans 16 cas, anti-grippe (1 cas), anti­pneumocoque (1 cas), BCG (1 cas), des agents vaccinaux associés dans les autres cas.

 

Références :

1. BARBAUD A, SCHMUTZ JL, MOUGEOLLE JM. Réactions immuno-allergiques cutanées dues aux vaccins. Ann Dermatol Venereol 1995, 122 : 129-138.

2. BELLUT A, LAVEINE E, KAISE W, VIVARD-WALLEE, SCHMUTZ JL, BARBAUD A.

Les manifestations cutanées dues aux vaccins. Etude prospective en Lorraine. Nouv Dermatol 2001, 20 : 152-155.

3. GREZARD P, PERROLAZ N, CANILLOT S, PERROT H. Sclérodermie en plaques et vaccination contre l’hépatite B. Nouv dermatol 1996, 15 : 516-518.

4. BARBAUD A. Physiopathologie et explorations des toxidermies immunoallergiques. Thèse de l’Université Nancy 1, 1998 : pp 185.

 

Page 104 et 105

Granulomes dus à l’aluminium (1,30-33).

Un certain nombre de vaccins, en particulier ceux contenant des anatoxines sont adsorbés sur hydroxyde d'aluminium ou oxyde d'aluminium (Engerix®). Cet adsorbant peut provoquer des nodules douloureux au point d'injection. Ce phénomène bien connu avec les solutions de désensibilisation, peut survenir après vaccination. De nombreux cas sont décrits avec les vaccins antitétaniques, antidiphtériques ou mixtes, également avec les vaccins anti-hépatite B (30).

 

Rapidement au site d'injection vaccinale, apparaissent un érythème et une induration puis un nodule sensible à la palpation persistant plusieurs mois ou années, pouvant nécessiter une exérèse chirurgicale. Dans notre expérience et l’analyse de la littérature ces réactions sont profondes et non les placards inflammatoires assez étendus au point d’injection. Histologiquement, un aspect d'eczéma peut être retrouvé en surface et dans le derme et l'hypoderme une réaction lymphoplasmocytaire majeure associée parfois à des cellules géantes. Ces réactions sont considérées comme des allergies à l'aluminium qui persiste de façon fortement concentrée comme on l'a démontré par spectrométrie d'absorption, au point d'injection.

 

Devant une telle réaction, des patch-tests au vaccin et à des sels d'aluminium peuvent être réalisés. Chez ces sujets, il faut se méfier du risque de réaction de bords à toutes les cupules Finn Chamber® qui sont composées d'aluminium. Les patch tests au vaccin pur peuvent être positifs (30). Dans les 43 cas que nous avions analysés dans la littérature (1), 42 sujets avaient des tests au chlorure d'aluminium à 2 % (ou 5 %) dans l'eau positifs. Il semble donc que le test au chlorure d'aluminium à 2 % dans l'eau soit le marqueur le plus sensible mais l'hydroxyde d'aluminium à 10 % dans l'eau ou la vaseline, l'acétate d'alumine à 1 % dans l'eau, l'acétotartrate d'aluminium à 1 % dans l'eau ou la vaseline, ont également été positifs chez certains patients.

 

Ces tests peuvent être négatifs. Pourtant nous avons pu constater l’intérêt de ces tests chez 2 de nos patients en pratiquant des tests avec les vaccins en cause, les sels d’aluminium actuellement disponibles en France que nous testons de la façon suivante : aluminium pur et le chlorure d’aluminium à 2% dans la vaseline commercialisés par le laboratoire Chemotechnique (Malmö, Suède), et l’hydroxyde d’aluminium à 10% dans la vaseline et sous cupule en polyéthylène. Nous pratiquons également des tests avec une cupule Finn Chamber® vide que nous avons observé positive dans un seul cas.

 

Nous avons également observé dans un cas de nodule dû à l’aluminium une réactivation de l’inflammation sur les sites d’injection d’un vaccin anti-hépatite B et de solutions de désensibilisation à des pneumallergènes lorsque la patiente utilisait des antiperspirants axillaires contenant de l’aluminium.

 

Quand est confirmée une réaction à l'aluminium, lors de la revaccination, il conviendra de choisir les solutions n'en contenant pas. Dans le cas des vaccin anti-hépatite B comme tous les vaccins sont adsorbés sur aluminium, la vaccination sera faite par voie intramusculaire. En effet, la voie intramusculaire permet une meilleure diffusion de l'adsorbant et permet d'éviter les granulomes à l'aluminium.

 

 

Allergie au thiomersal (1,27,34-36).

Le thiomersal ou mercurothiolate sodique ou sodium-ethyl mercurothiosalicylate, est suspecté comme étant à l'origine de certaines réactions allergiques lors des vaccinations : tétanos, DT-polio, DTcoq, grippe et hépatite. Des réactions survenant après injection de différents types de vaccins où le seul composé commun est le thiomersal, rendent très vraisemblable sa responsabilité dans la survenue de manifestations essentiellement de type anaphylactique, parfois également dans de fortes réactions locales, abcès local, exacerbation d'eczéma atopique, rash. Il existe par ailleurs, dans la littérature, des réactions anaphylactiques après administration de produits injectables non vaccinaux, ou de sprays contenant le thiomersal comme conservateur (34).

 

Différentes sources d'exposition "médicales" au thiomersal utilisé comme conservateur sont : les vaccins et solutions injectables, les antiseptiques mercuriels, les collyres ou solutions ophtalmologiques, solutions auriculaires, aérosols buccaux...

Le thiomersal est composé d'une fraction mercurielle et d'une fraction thiosalicylée. Des études ont permis de démontrer que la sensibilisation peut être dirigée vers la fraction mercurielle et/ou vis-à­-vis de l'acide thiosalicylique, voire parfois aux deux fractions. En cas de sensibilisation au thiomersal par allergie à l’acide thiosalicylique il existe dans tous les cas une photo-allergie au piroxicam (37).

 

Comment tester le thiomersal en cas de suspicion de réaction post-vaccinale due à ce conservateur ?

La plupart des auteurs qui imputent le thiomersal rapportent des patch-tests positifs (thiomersal 0,1 % dans la vaseline).

Certains auteurs  utilisent des IDR en injectant 0,1 ml d'une solution de thiomersal dilué au 1/10 000ème. Mizutani (35) considère que ces tests par IDR donnent trop souvent des réactions positives et pense que ce type de test n'est pas spécifique d'une allergie au thiomersal. Compte tenu du nombre de tests positifs après vaccination avec des solutions contenant du thiomersal, la pratique de telles IDR paraît dangereuse pouvant induire une sensibilisation active à ce conservateur.

 

Que conseiller aux patients présentant un patch-test positif au thiomersal vis-à-vis de leurs vaccinations ?

La sensibilisation décelée sur les tests épicutanés au thiomersal est fréquente (2 % à 3,7 % de tests positifs selon les séries). Les études de Cox (36) et d'Aberer (27) démontrent que l'existence d'un patch-test positif au thiomersal ne contre-indique pas chez ces sujets, la vaccination avec des solutions contenant ce conservateur. Parmi les 62 patients d'Aberer avec sensibilisation de contact au thiomersal, vaccinés avec des solutions contenant ce conservateur, deux réactions locales post vaccinales seulement sont observées, et ce après des injections de fortes doses vaccinales (hyperimmunisation). La vaccination intramusculaire diminuerait encore le risque de fortes réactions locales aux vaccins contenant du thiomersal.

 

Chez les sujets ayant présenté une réaction allergique à un vaccin contenant ce type de conservateur, il est préférable d'utiliser un vaccin équivalent ne contenant pas de thiomersal mais en cas d’impossibilité de trouver une solution de substitution une injection intramusculaire du vaccin sera réalisée.

 

Références :

  1. BARBAUD A, SCHMUTZ JL, MOUGEOLLE JM. Réactions immuno-allergiques cutanées dues aux vaccins. Ann Dermatol Venereol 1995, 122 : 129-138.

30. BARBAUD A, GONÇALO M, BRUYNZEEL D, BIRCHER A. Guidelines for performing skin tests with drugs in the investigation of cutaneous adverse drug reactions. Contact Dermatitis, 2001, 45 : 321-328.

34. OSAWA J. et coll. - A probable role for vaccines containing thimerosal in thimerosal hypersensitivity - Contact Dermatitis 1991, 24 : 178-182.

35. MIZUTANI H. - Hypersensitivity to thimerosal. N. Engl. J. Med. 1973, 289 : 1424.

36. COX N, FORSYTH A. - Thiomersal allergy and vaccination reactions. Contact Dermatitis 1988, 18 : 229-233 37- GONÇALO M, FIGUEIRO A, GONÇALO S. Hypersensitivity to thimerosal : the sensitizing moiety. Contact Dermatitis 1996, 34: 201-203.

  

Page 106 à 108

Vaccins anti-hépatite B ou A (1,5-9 ; 30,45-62).

Trois vaccins sont actuellement commercialisés en France anti-hépatite B comportant l'antigène HbS. L'HBvax DNA (Pasteur), le vaccin recombinant GenHevac B (Pasteur) contiennent comme conservateur le formaldéhyde. L'Engerix B® est un vaccin recombinant, la levure exprimant le gène viral utilisée lors de la préparation de ce vaccin est le Saccharomyces cerevisiae, le conservateur de l'Engerix B® est le thiomersal. Un vaccin vivant inactivé protégeant contre l'hépatite A est commercialisé: il s'agit de l'Havrix® qui doit être injecté par voie intramusculaire dans le deltoïde. Les vaccins anti-hépatite sont tous adsorbés sur hydroxyde d'aluminium ou oxyde d'aluminium.

 

Les réactions secondaires les plus fréquentes des vaccins anti-hépatite B sont des réactions locales transitoires. Les réactions générales sont rares et surviennent dans moins de 1 % des cas.

 

Mac Mahon et coll. (45) observent que 39 effets secondaires après injection de 101 360 doses réalisées chez 43 618 personnes, 68 % de ces effets secondaires se voient après la première dose vaccinale.

Mac Mahon et coll. (45) rapportent quelques cas de myalgies-arthralgies, urticaire, rashs, deux angio-oedèmes glottiques, un phénomène d'Arthus. Le risque de survenue d'érythème polymorphe en moyenne quatre jours après le vaccin, serait de 0,7 pour 100 000 doses. Deux cas d'érythème noueux sont signalés dont un récidivant après une nouvelle injection vaccinale anti­hépatite B (47). Un cas de périartérite noueuse apparue quatre mois après un vaccin anti-hépatite B, si elle est intéressante sur le plan théorique puisque la PAN est fréquemment associée à la présence d'une sérologie d'hépatite B positive, est discutable quant à l'imputabilité du vaccin dans la survenue de la maladie (64). Nous avons observé chez un jeune garçon une érythromélalgie survenue après la primo-vaccination et ayant récidivé de façon plus sévère dans les heures qui suivaient la deuxième injection (52).

 

Trois cas de granulome annulaire apparu quelques jours ou plusieurs mois après la vaccination anti-hépatite B ont été rapportés (2,53).

 

La survenue d’un lichen plan après vaccination anti-hépatite B a été rapportée dans plusieurs cas en moyenne 30 à 40 jours après la vaccination. Ce délai peut être un peu plus bref et réduit à 2 semaines (2). La réaction pourrait être une réaction immunitaire dirigée contre les kératinocytes des assises basales exprimant la protéine S, l’antigène HBs étant une mosaïque d’épitopes (protéine S, pré-S1 et pré-S2). Le lichen plan serait une réaction du greffon contre l’hôte développée contre les kératinocytes des assises basales exprimant l’un des épitopes : la protéine S qui est la seule que l’on retrouve de façon constante dans tous les vaccins anti-hépatite B (2). Le traitement repose sur la corticothérapie locale ou la pUVAthérapie. La guérison est comme dans un cas que nous avons observé obtenue en 2 à 3 mois.

 

Nous avons particulièrement étudié les mécanismes en cause dans les urticaires qui surviennent de façon retardée après une injection de vaccin anti-hépatite B. Les investigations réalisées chez cinq patients ont été publiées (51) et un 6ème cas a été rapporté devant la société Française de Dermatologie (54). Avant ces publications avait été signalée une urticaire immédiate après injection avec réaction anaphylactique survenue dès la première injection d’Engerix B®. Dans ce cas, Brightmann et coll. (50) ont pu mettre en évidence que la réaction anaphylactique était due à une sensibilisation au Saccharomyces cerevisiae chez une patiente qui avait auparavant présenté des allergies à des aliments comportant des levures.

 

Nos observations sont des urticaires survenues chez 6 patients, âgés de 7 à 38 ans, sans antécédents dermato-allergologiques particuliers 24 h à 10 jours après la première ou la seconde injection de GenHevac B® ou d'Engerix B®. Il peut s’agir d’urticaire généralisée et/ou d’œdème de Quincke. Chez tous ces patients le protocole d’investigation comportait une sérologie d’Hépatite B complète, des tests épicutanés, prick tests puis si négatifs des IDR avec les vaccins anti-hépatite B, des tests épicutanés avec les antiseptiques utilisés, les conservateurs des vaccins et des prick tests avec le Saccharomyces cerevisiae.

 

En cas de négativité des tests une injection de 0,1 ml du vaccin était faite puis la revaccination, sous surveillance hospitalière. Nous avons pu mettre en évidence dans un cas une probable réaction due à l’antigène HBs lui-même. Il s’agissait d’un cas d’œdème de Quincke survenant 72h après l’injection chez une femme qui présentait une positivité tardive à 72h d’une IDR avec l’Engerix®, des IDR négatives avec GenHevac® mais ce vaccin injecté au volume de 0,1ml a induit à 72h une réapparition de l’œdème laryngé. Dans un cas plus récent (54) l’urticaire était survenue 48h après la 1ère injection de vaccin anti-hépatite B et 72 h après la 2ème injection chez un enfant n’ayant pas d’anticorps anti-HBc ou anti-Hbe, ce qui éliminait a priori une infection antérieure par le virus natif. Les IDR négatives à 30 mns devenaient positives à 24 h avec une réactivation de l’urticaire. Les tests d’activation lymphocytaire retrouvaient une réponse T CD8+ prédominante avec un profil voisin de celui observé chez les sujets non répondeurs aux vaccins anti­hépatite B (54).

 

Chez un patient (51) le bilan réalisé lors de la survenue de l'urticaire mettait en évidence une augmentation des complexes immuns circulants avec légère consommation du complément. Chez ce patient, la sérologie d'hépatite B, négative trois mois plus tôt, était positive, avec des anticorps anti-HBs mais également anticorps anti-HBc et anti-HBe. L'urticaire était donc probablement due à une hyper-immunisation induite par la vaccination qui avait été administrée juste après ou durant une infection asymptomatique par le virus de l'hépatite B. Cette réaction était due à des CIC.

Dans trois cas l'ensemble des investigations était négatif. Chez un de ces patients, la revaccination a été réalisée sous surveillance hospitalière sans aucun effet secondaire.

 

Cette série de patients montre que les mécanismes des urticaires retardées après vaccination anti-­hépatite B sont variés et l’intérêt de protocoles d’investigation très stricts pour explorer de tels patients. Il nous paraît devant ces urticaires retardées nécessaire de réaliser le bilan suivant : en phase aiguë faire un dosage des CIC, des fractions du complément, un bilan hépatique voire une biopsie avec étude en immunofluorescence directe.

 

Dans les 6 mois qui suivent nous proposons de faire des tests de la façon suivante : patch tests avec lectures immédiates et retardées avec les vaccins, les sels d’aluminium, le phénoxyéthanol, thiomersal, le formaldéhyde, puis des prick tests avec les 3 vaccins, le Saccharomyces cerevisiae (avec dilutions en cas de réactions immédiates) puis des IDR sous surveillance hospitalière d’au moins 24 heures. En cas de négativité une injection de 0,1 ml du vaccin est réalisée et en cas de négativité dans les 3 jours qui suivent revaccination sous surveillance hospitalière.

Dans les réactions locales aux vaccins anti-hépatite B des granulomes au point d'injection sont dus à l'adsorbant (aluminium) (30). Il existe incontestablement certaines observations où le thiomersal est responsable (49).

 

 

Références :

   1. BARBAUD A, SCHMUTZ JL, MOUGEOLLE JM. Réactions immuno-allergiques cutanées dues aux vaccins. Ann Dermatol Venereol 1995, 122 : 129-138.

   2. BELLUT A, LAVEINE E, KAISE W, VIVARD-WALLEE, SCHMUTZ JL, BARBAUD A. Les manifestations cutanées dues aux vaccins. Etude prospective en Lorraine. Nouv Dermatol 2001, 20 : 152-155.

  3. GREZARD P, PERROLAZ N, CANILLOT S, PERROT H. Sclérodermie en plaques et vaccination contre l’hépatite B. Nouv dermatol 1996, 15 : 516-518.

  4. BARBAUD A. Physiopathologie et explorations des toxidermies immunoallergiques. Thèse de l’Université Nancy 1, 1998 : pp 185.  

  9. DITTMANN  S.  -  Immunobiological   preparations - In  Meyler's  Side  Effects  of  Drugs,  DUKES  M.  ed,  Elsevier  Science Publishers, S.E.D. 12 - SEDA 15, 1991. Chapitre 34 : 340-363 - 1992. Chapitre 34 : 791-840.

  27. ABERER W. - Vaccination despite thimerosal sensitivity. Contact Dermatitis 1991, 24 : 6-10.

30. BARBAUD  A,  GONÇALO  M,  BRUYNZEEL  D,   BIRCHER  A. Guidelines  for  performing  skin  tests  with  drugs  in  the investigation of cutaneous adverse drug reactions. Contact Dermatitis, 2001, 45 : 321-328.

  34. SAWA J. et coll. - A probable role for vaccines containing thimerosal in thimerosal hypersensitivity - Contact Dermatitis 1991, 24 : 178-182.

  35. MIZUTANI H. - Hypersensitivity to thimerosal. N. Engl. J. Med. 1973, 289 : 1424.

  36, 37. COX N, FORSYTH A. - Thiomersal allergy and vaccination reactions. Contact Dermatitis 1988, 18 : 229-233 - GONÇALO M, FIGUEIRO A, GONÇALO S. Hypersensitivity to thimerosal : the sensitizing moiety. Contact Dermatitis 1996, 34: 201-203.

45. MAC MAHON B, HELMINIAK C, WAINWRIGHT R, BULKOW L, TRIMBLE B, WAIN WRIGHT D. - Frequency of adverse reactions to hepatitis B vaccine in 43, 618 persons. Am J Med 1992 ; 92 : 254-256.

 49. NOEL I, GALLOWAY A, IVE F. - Hypersensitivity to thiomersal in hepatitis B vaccine. Lancet 1991 ; 338 : 705.

  50. BRIGHTMAN C, SCADDING G, DUMBRECK L, LATCHMAN Y, BROSTOFF J. - Yeast-derived hepatitis B vaccine and yeast sensitivity. Lancet 1989 ; i : 903.

51. ARBAUD A, TRECHOT P, EHLINGER A, WEBER M, SCHMUTZ JL. Allergic mechanisms and urticaria/angioedema after hepatitis B immunization. Br J Dermatol 1998, 139 : 925-926.

52. RABAUD C, BARBAUD A, TRECHOT P. First case of erythermalgia related to Hepatitis B vaccination. J Rheumatol 1999, 26 : 233-234.

53. WOLF F, GREZARD P, BERARD F, PERROT H. Generalized granuloma annulare and hepatitis B vaccination. Eur J Dermatol 1998, 8 : 435-436.

 54. BARBAUD A, REICHERT-PENETRAT S, BENE MC, KOLOPP-SARDA MN, FAURE G, KOHLER C, SCHMUTZ JL. Etudes des mécanismes en cause dans une urticaire infantile après première injection de vaccin anti-hépatite B. Ann Dermatol Vénéréol 2000, 127 : 662-663.

 55. PUSEL B., WILL F., GROSSHANS E. Lichen plan et vaccination contre l'hépatite B. Nouv. Dermatol. 1993 ; 12 : 709-10.

 56. REBORA A., RONGIOLETTI F., DRAGO F., PARODI A. Lichen planus as a side effect of HBV vaccination. Dermatology 1999 ; 198 : 1-2.

 57. MERIGOU  D.,  LEAUTE-LABREZE  C.,  LOUVET  S.,  BIOULAC-SAGE  P., TAÏEB  A.  Lichen  plan  de  l'enfant :  rôle  des campagnes de vaccination contre l'hépatite B ? Ann. Dermatol. Vénéréol. 1998 ; 125 : 399-403.

 58. AUBINF., ANGONIN R., HUMBERTP., AGACHE P. Lichen planus following hepatitis B vaccination. Arch Dermatol 1994 ; 130 : 1329-30.

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 60. ZABARINO P. Lichen plan secondaire à une vaccination par Engerix B chez une fillette de quatre ans. Nouv. Dermatol. 1996 ; 15 : 48.

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 63. GRÉZARD  P.,  PHILIPPOT  V.,  PERROT  H.  Lichen  plan  et  vaccination  contre  l'hépatite  B,  deux  observations.  Nouv. Dermatol. 1995 ; 14 : 444-445.

 64. LE GOFF P, FAUQUERT P, YOUINOU P, HOANG S. - Périartérite noueuse après vaccination contre l'hépatite B. Presse Med 1988 ; 17 : 1763.

 

Page N° 122 à 126

Maladies auto-immunes et vaccinations.

Thierry VIAL. Centre Régional de Pharmacovigilance, Pavillon N, Hôpital Edouard Herriot, Lyon.

Les effets indésirables potentiels de la vaccination ont souvent fait l’objet de vives polémiques. La possibilité d’un lien entre certaines vaccinations et un risque de maladie auto-­immune n’a fait qu’amplifier ce débat, le risque hypothétique de sclérose en plaques après la vaccination contre l’hépatite B n’en étant que l’illustration la plus médiatisée.

 

Cette revue n’a aucun souci d’exhaustivité mais a pour but d’illustrer par quelques exemples les problèmes actuellement soulevés par cette question. En effet, la littérature est riche de cas cliniques isolés rapportant la survenue d’une large variété de pathologies auto-immunes chronologiquement compatibles avec une vaccination. Le syndrome de Guillain-Barré, la sclérose en plaques, les manifestations rhumatismales, le lupus érythémateux disséminé et le diabète de type 1 sont les principales pathologies pour lesquelles l’éventualité d’un lien avec une vaccination a été discutée (Tableau 1). Comme indiqué par Chen et al. (1) dans une excellente revue générale, trois questions doivent être posées: une vaccination particulière est­-elle associée au développement d’une maladie auto-immune spécifique ? La vaccination augmente-t-elle le risque de maladie auto-immune chez certains individus prédisposés ? Un vaccin peut-il être administré sans danger chez un patient ayant une maladie auto-immune évolutive ou des antécédents de maladies de type auto-immun après une vaccination ?

 

Tableau 1 : exemples de maladies autoimmunes pour lesquelles le rôle d’un vaccin a été discuté (adapté de Chen et al., 2001, Shoenfeld & Aron-Maor, 2000).

 

(NB. ce tableau n’implique nullement la démonstration d’une causalité) 

  

Maladie auto-immune-------------------------------------------------------------------------------------------------- Nature du vaccin.

Maladie démyélinisante centrale----------------------------------- Diphtérie/tétanos Hépatite B Oreillons Rougeole.

Syndrome de Guillain Barré--------------------------------------------------------------------Haemophilus influenzae type b.

Hépatite B Poliovirus oral

Rougeole Tétanos.

Diabète de type 1 Oreillons Rougeole Hépatite B.

Polyarthrite rhumatoïde ou arthrite-----------------------------------------------------BCG Hépatite B Oreillons Rubéole.

Tétanos.

Lupus érythémateux systémique--------------------------------------------------------------------------------------------Hépatite B.

Maladie de Basedow--------------------------------------------------------------------------------------------------------------Hépatite B.

 

 

Syndrome de Guillain Barré et vaccination contre la grippe.

L’origine exacte de cette paralysie ascendante progressive reste largement inexpliquée, mais un mécanisme immunologique faisant intervenir l’immunité humorale et cellulaire est généralement évoqué. Une infection virale préalable (camphylobacter jejuni, virus d’Epstein Barr, virus de l’hépatite B, cytomégalovirus), supposée à l’origine d’une immunisation croisée contre les antigènes myéliniques, est parfois retrouvée. Au cours des années 70, le rôle causal de la vaccination contre la grippe a été évoqué dans les suites d’une campagne de vaccination intensive réalisée aux Etats-Unis avec la souche A/New Jersey/76 swine.

 

En effet, plusieurs cas de syndrome de Guillain Barré survenant dans les 10 semaines suivant la vaccination avaient amené à suspendre provisoirement le programme vaccinal. Le taux d’incidence alors calculé dans la population vaccinée excédait celui attendu dans la population générale avec un risque relatif allant de 4 à 8, soit un risque en excès d’environ 10 cas par million de patients vaccinés (2). Depuis, plusieurs études épidémiologiques ayant régulièrement quantifié le risque de syndrome de Guillain-Barré après les campagnes de vaccination contre la grippe n’ont jamais retrouvé un tel excès de risque, et seules les campagnes 1992-1993 et 1993-1994 avaient indiqué une association significative mais de faible amplitude, avec un risque estimé à seulement un cas supplémentaire par million de personnes vaccinées (3).

 

D’autres vaccins ont été ponctuellement cités comme facteur déclenchant possible d’un syndrome de Guillain Barré, sans qu’aucune preuve épidémiologique n’ait été apportée, à l’exception de la forme orale du vaccin contre la poliomyélite.

 

Le risque de rechute d’un syndrome de Guillain Barré après une nouvelle vaccination a été très peu évalué. La littérature ne comporte ainsi que quelques cas cliniques isolés suggérant une possible rechute (mais il s’agissait de patients vaccinés avec la souche en cause dans l’épidémie de 1976), ou l’absence de rechute chez un patient ayant reçu différentes souches de virus grippal dans les 15 ans suivant un épisode de Guillain-Barré (4). Plus récemment, une enquête postale réalisée auprès de patients ayant des antécédents de syndrome de Guillain Barré ou de polyradiculonévrite inflammatoire chroniques a suggéré que le risque de récidive de symptômes neurologiques après vaccination était faible, avec alors essentiellement des symptômes bénins, y compris chez les quelques patients pour lesquels une vaccination antérieure pouvait être chronologiquement en cause dans l’épisode initial (5).

 

 

 

Sclérose en plaques et vaccination.

Suites aux différentes informations rendues publiques avec le vaccin contre l’hépatite B, rarement telle question n’a soulevé autant de débats passionnels dans la communauté scientifique, les médias et le public. La gravité de cette maladie, son évolutivité, et l’absence de cause clairement identifiée, sont autant de facteurs qui rendent l’analyse objective de ce problème particulièrement difficile.

 

La sclérose en plaques est généralement considérée comme étant d’origine auto-immune et survenant chez des patients génétiquement prédisposés. Des facteurs environnementaux encore inconnus sont suspectés dans sa pathogénie. Le rôle de vaccins, envisagé sur la base de cas cliniques de pathologies démyélinisantes survenant après certaines vaccinations (p.e. grippe, poliomyélite, rubéole, rougeole) n’a jamais été confirmée par différentes études épidémiologiques (1).

 

La question d’un lien entre une vaccination et la sclérose en plaques a rebondit après la campagne de masse réalisée avec le vaccin contre l’hépatite B au cours des années 90 en France. Dès 1994, et sur la base de cas spontanément notifiés aux industriels ou aux centres de pharmacovigilance, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé avait déclenché une enquête officielle de pharmacovigilance sur les effets indésirables neurologiques potentiels de cette vaccination. Les données les plus récentes de cette enquête indiquent l’existence d’un peu plus 1000 cas d'affections démyélinisantes centrales ou périphériques (dont 80% de sclérose en plaques) rapportés au réseau national de pharmacovigilance (Afssaps, communiqué de presse du 14 novembre 2002).

 

Les seules données de la notification spontanée étant insuffisantes pour quantifier ce problème, plusieurs études épidémiologiques, françaises ou internationales ont étudié la possibilité d’un lien entre cette vaccination et le risque de première poussée de sclérose en plaques ou de rechute de la maladie (6-9). Aucune de ces études n’a permis d’établir de lien statistiquement significatif entre la vaccination et la sclérose en plaques, aussi bien dans la population adulte que chez des adolescents. Sur la base de ces travaux, les conclusions les plus récentes de l’Afssaps sont qu’« aucune de ces études [prise isolément ou dans leur ensemble] n'a montré un résultat statistiquement significatif en faveur d'une responsabilité de la vaccination contre l'hépatite B dans la survenue d'affections démyélinisantes. Ainsi, ….les résultats ne démontrent pas l'existence d'un risque de survenue d'affection démyélinisante associé à la vaccination contre l'hépatite B, et permettent de conclure à l'absence d'un risque important, sans toutefois permettre d'exclure la possibilité d'un risque faible ».

 

Cette conclusion alambiquée pourrait indiquer que l’épidémiologie a sans doute atteint ses limites dans l’évaluation de ce problème, et qu’il n’est pas possible d’exclure formellement qu’une sous population susceptible pourrait être exposée à un risque plus élevé. En effet, si l’ont peut sans doute affirmer aujourd’hui que la vaccination contre l’hépatite B n’entraîne pas un excès significatif de sclérose en plaques dans la population générale, l’hypothèse de son rôle déclenchant chez certains individus génétiquement susceptibles reste incomplètement étudiée.

 

Diabète de type 1 et vaccination.

Des facteurs génétiques, environnementaux et infectieux interviennent probablement dans la pathogénie du diabète de type 1, et certaines données expérimentales indiquent un effet protecteur ou aggravant de la vaccination selon le type de vaccin et la période de vaccination (10, 11). Bien que le rôle potentiel de la vaccination ait été évoqué par certains auteurs (12), la plupart des études épidémiologiques de bonne qualité actuellement disponibles n’ont pas permis d’authentifier une augmentation significative du risque de développer un diabète après une vaccination (1, 11, 13).