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LE SECRET DES LOCALISATIONS PATHOLOGIQUES ET L'HOMÉOPATHE.
LES VOIES THÉRAPEUTIQUES DE DEMAIN.
Nul doute que les voies
thérapeutiques de demain passeront par l'individu et son vécu. La maladie débute à un endroit précis,
parfois, elle y reste, parfois elle migre ailleurs. Cela vaut pour
les cancers et leurs métastases, cela vaut pour les autres pathologies et leurs extensions. Un point capital: le site primitif
de la maladie et les sites secondaires sont tenus par un lien de
correspondance aussi discret soit-il. Le but du thérapeute est de saisir
cela. Dans son ouvrage "Les lieux de la maladie" qui vient
paraÎtre aux Éditions Iprédis, le docteur Moulay Kaïci, montre combien le regard de l'homéopathe est particulièrememt
préparé à cette interprétation nouvelle.
Page n° 84
Lorsqu'on étudie la maladie à
la lumière de l'allopathie, on s'attarde, par delà l'examen clinique, sur les signes biologiques,
les investigations radiologiques et autres imageries, on attache une grande importance aux lésions
notables et concrètes, à l'objet matériel de la maladie parce que la conception allopathique est alignée
sur les causes matérielles de la maladie (pour la médecine officielle, la maladie répond à une
étiologie lésionnelle, elle est indépendante du corps qu'elle traverse). Pour l'allopathe, il
faut un diagnostic rationnel reposant sur des causes préétablies puis un traitement chimique aux effets manifestes et complètement reproductibles
chez d'autres malades ayant la même pathologie, sa conscience est alignée sur les critères scientifiques du
moment, elle relève de la logique cartésienne, elle est matérialiste.
Pour l'homéopathe la maladie est spécifique à l'individu.
Si on aborde la maladie avec le regard homéopathique, on va s'intéresser au type sensible,
aux signes mentaux, aux symptômes personnels, à la latéralité, aux influences météorologiques, aux
conditions horaires, aux signes d'aggravation, à telle circonstance, telle position, telle influence du froid
du chaud, du bas, du haut, du repos, ( page n° 85) du mouvement, à mille sensations
personnelles..., on cherche à percevoir l'empreinte d'un affect, son effet subtil sur le corps et sur l'esprit de tel l'individu en
propre, on tente de sais son essence, son, sa nature immatérielle inscrite dans chaque symptôme.
L'homéopathe se place donc "au-desus" des lésions visibles pour relever
l'empreinte-mère qui est dans chaque réaction, dans chaque symptôme ; est aligné sur les causes
immatérielles de la maladie pour lui, la maladie corespond à un vécu désaccordant, elIe
est spécifique à l'individu en cause elle ne peut être gommée que par un traitement individualisé.
Ainsi, pour
l'homéopathe, la maladie raconte un vécu personnel à identifier par un interrogatoire personnalisé, elle à
chaque fois, un sens précis à dévoiler, elle répond à un remède nettement individualisé. La conscience de
l'homéopathe, alignée sur la science des correspondances, relève de la loi
du sens, elle est de nature spirituelle
même si les homéopathes, par stratégie ou par crainte, s'en défendent.
La maladie à travers les générations.
Si on tient la maladie pour une
mémoire trans-générationnelle on tentera de trouver chez les parents, les grands-parents
et aïeux lointains, l'enracinement premier de l'affect au travers d'événements
antérieurs ayant un rapport avec la maladie en cours. Par exemple, il est
admis qu'un psoriasis est la marque d'un double abandon vécu par un aïeul proche ou lointain (perte des
deux parents, mise en orphelinat, rejet, guerre, etc.), que des troubles de comportements sexuels sévères
viennent d'un viol ancien subi par un parent, que les hémorroïdes témoignent d'une interrogation inconsciente
sur son identité (naissance hors mariage, repères familiaux inexistants, exils, mixités de races ou de religions).
S'ajoutent, bien sûr, les répétitions de
conduites et d'affects reçus des parents et reproduits sur les enfants.
C'est le cas, fort connu, des pédophiles ayant été eux mêmes, dans
leur enfance, victimes de leurs parents par exemple, aussi les abandons, les
maltraitances et autres violences subies et reproduites). Pour le thérapeute des mémoires trans-générationnelles, la maladie trouve son origine dans les vécus familiaux anciens,
voire très anciens. L'affect reste gravé de génération en génération jusqu'à
la délivrance, par prise de conscience de la réalité antérieure de la maladie.
Il ne s'agit pas simplement de s'informer et de prendre acte mais de ressentir un véritable éclairage intérieur
qui, jaillissant des profondeurs de l'être, ébranle l'individu, déchire, écarte, illumine sa conscience, dans
le même temps que s'expose la douleur ancienne, accompagnée parfois de mille souvenirs enfouis.
Les voies thérapeutiques de demain.
Ainsi, réalisant et "revivant" une
réalité émotionnelle profonde, l'individu, souvent en larmes, connaît une authentique libération
puis, dans les suites, une inexplicable guérison. En fait il s'agit d'une guérison d'ordre homéopathique sans
remède homéopathique: ici, le malade, en prenant conscience de (page n° 86)
l'affect ancien, "fabrique" le semblable qui guérit le semblable. Le thérapeute
trans-générationnel, par recoupements minutieux, décèle petit à petit des étiologies de maladies inexpliquées, dites génétiques à travers les
lignées parentales. Il ouvre ainsi les voies thérapeutiques de demain en prenant appui sur les traumatismes
d'hier, son regard se porte au delà de l'immédiat, vers le phylum vital de chaque être, vers le parcours d'une
lignée, il observe l'appartenance parentale et individuelle de chacun, plus tard le destin de chaque homme,
de tous les hommes et finalement de l'humanité toute entière.
La médecine officielle examine
l'aspect matériel de la maladie jusqu'à l'ultime limite biologique possible, mais
toujours d'ordre physique et reproductible ; l'homéopathie, quant à lui se place à l'étage immatériel; la thérapeutique trans-générationnelle
remonte, jusqu'aux vies antérieures.
Chacune a ses implications, ses
remèdes. Différents bien sûr mais logiquement justifiés par la façon de voir, 400 médecins pour 1 poignet.
Lorsque "la malade du poignet
gauche" se rend chez le collègue, elle est soucieuse, sa souffrance persiste malgré de longs traitements
allopathiques, elle se demande pourquoi sa douleur est si tenace. Elle rencontre le collègue, un praticien en
interrogation sur la raison profonde des maladies. Deux êtres en interrogation. Il l'examine, la met en scène,
etc..., il relate son cas dans un livre qu'il va bientôt publier et surtout, il commente l'observation, au cours d'une
conférence grand public, à 400 personnes venues l'écouter. Bien sûr, toutes les personnes présentes s'interrogent elles aussi sur le fait pathologique en général: 400 personnes en
interrogation. Quelle que soit la réponse immédiate du collègue, il y a là mise en éveil de chacun devant un
événement, devant une pathologie, une empoignade, un poignet endolori.
Chacun a pu faire le lien entre un vécu
désaccordant et l'enracinement de ce vécu sous forme d'affection douloureuse, chacun a pu
comprendre qu'il y a correspondance entre un ressenti causal et une douleur physique, entre
l'esprit invisible et le corps visible, entre la matière et la non-matière. Quand
bien même certains ne l'auraient pas complètement vu, il y a là une mise en germe, un tout petit enracinement,
non pas de la maladie, mais de la conscience éveillante, une petite semence et un chemin pour ceux qui
osent, un début de réponse pour ceux qui s'interrogent et frappent à la porte
du sens. C'est de cela dont il s'agit dans ce travail.
Le médecin homéopathe aurait donné Bryonia.
Pour ce qui concerne la dame au
poignet, le remède Bryonia doit la délivrer totalement. Je n'ai pas eu l'occasion de le vérifier auprès
du confrère qui l'a consultée mais, cela fait peu de doute, Bryonia est le remède de cette douleur périphérique
suite à une mise hors de soi. Ce remède est une plante grimpante, une herbacée vivace de la famille des
cucurbitacées dont la pathogénésie convient à des êtres vigoureux, irritables (page n°87)
dont la colère aggrave tous les symptômes, dont l'inquiétude le pousse à remuer bien que le mouvement l'aggrave, dont l'anxiété est telle
qu'il croit qu'il est hors de chez lui et veut qu'on l'y ramène. Partout, une
mise hors de soi et un désir de retour à l'état antérieur, à l'état "intérieur"
devrait-on dire. Bien sûr tous les signes physiques répondent à cela : "maux de tête comme si la tête allait
éclater et son contenu sortir par le front; lèvres sèches dont se détachent des squames; diarrhées pire
le matin, au sortir de la nuit; règles accompagnées de douleurs élançantes dans les jambes", etc...
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Le cas d"Amélie.
Amélie, depuis une forte colère,
se plaint de vertiges surtout le matin, dans la position debout, lorsqu'elle parle vite, lorsqu'elle
marche vite, et lorsqu'elle est contrariée. En revanche, tout s'apaise quand
elle est assise, allongée ou simplement reposée. Ici, le médecin classique verra
des perturbations circulatoires et n'aura pas tort, son traitement aidera la patiente. Néanmoins, les signes circulatoires ne sont
pas la cause, ils sont la conséquence de la colère initiale. Or, si on y prête
attention, l'on voit que le corps s'ingénie à traduire l'empreinte de cette
mise hors de soi à travers chaque symptôme. La mise hors d'elle-même s'actualise le matin parce que le matin
sort de la nuit, la mise hors d'elle-même se lit dans la position debout qui pousse, vers le haut, hors de soi,
l'empreinte apparaît encore lorsqu'elle expulse des rires et qu'elle se déplace
dehors. Au contraire, tout rentre dans l'ordre quand la dame est ramenée vers elle-même, quand elle s'assied,
s'allonge ou s'apaise.
Du comment au pourquoi.
Ainsi, lorsque la médecine classique explique comment un
gradient circulatoire entraîne des vertiges, l'homéopathie amène à comprendre le pourquoi du vertige,
elle nous invite dans un espace deuxième, elle en appelle au discernement, au sens caché. L'allopathie
cherche à comprendre comment la maladie traverse un corps, considéré comme un réceptacle commun exclusivement physiologique et sans
contenu révélateur; l'homéopathie cherche à comprendre pourquoi la maladie s'exprime de telle sorte dans
ce corps pris séparément et considéré comme un temple de signification personnelle.
L'une se penche sur
le visible reconnaissable chez tous ; l'autre va au sens identifiable en chacun,
l 'une s'attache à relever la cascade des séquences physico-chimiques qui entraînent la maladie.
L'autre s'intéresse à ce qui est émané
dans chaque signe individuel, bref la médecine officielle fouille comment les événements se déroulent chez
tous, l'homéopathie s'implique dans le pourquoi des événements chez chacun. Pour cela, une seule voie :
la loi de la similitude ou science des correspondances des anciens.
Le ventre
d'Anna
Un autre cas: il s'agit de Anna,
mère de Jean 8 ans et Maiva 4 ans. Elle vient de subir une (page n°88)
ablation de graisse au ventre avec réfection de la ceinture abdominale.
Tout s'est bien passé. Elle ressent
quelques douleurs mais surtout elle ne supporte plus les douleurs bizarres qui, du ventre, remontent au
thorax et se dispersent jusqu'aux bout des doigts :
C'est au-dessus de mes forces, dit-elle, je ne peux pas toucher mon
ventre, ça me soulève d'angoisse le cceur, je serre les dents et n'arrive plus à parler. De plus, l'infirmière doit
enlever les pansements et je vais devoir prendre des douches avec passage du gant sur le ventre. Je crains
ce moment et pour tout dire, j'ai peur de tomber dans la dépression.
Pour de simples attouchements au
ventre ?, je lui réponds.
Oui, rappelez-vous, après l'accouchement de Jean, j'ai eu les mêmes
symptômes, vous les aviez attribués à mon absence de père, au fait que j'ai vécu avec un père manquant.
En effet, j'avais fait le parallèle entre
l'accouchement, donc la séparation de l'enfant de sexe masculin que vous portiez dans le ventre et la
séparation de votre père qui vous était restée en travers du ventre.
Et alors pourquoi cette même douleur aujourd'hui après une intervention ?
Je pense que cela tient de la même
empreinte: jadis une séparation avec l'être masculin, aujourd'hui, une séparation avec une masse
corporelle, deux choses lointaines mais deux choses en rapport avec une part de
vous-même qui se sépare, qui est arrachée. Chez vous, il semble que le ventre soit fort investi, c'est un lieu-mémoire où se gardent vos émois,
vos colères, vos douleurs comme d'autres y éprouvent d'autres émotions comme la peur au ventre.
Chez
vous, les irradiations vers le haut du thorax et vers le bout des deux bras
dessinent une sorte d'accolade : d'une part, l'étreinte du père attendu et espéré autrefois, d'autre part, un
enroulement ou une protection à mettre autour d'une ablation insupportée aujourd'hui parce qu'elle rappelle l'amputation insupportée d'hier.
Le passage du gant, sur cette zone
à présent dénudée par l'intervention, semble impossible en raison des remontées psycho-affectives
qu'elles occasionnent bien sûr .
Anna a accepté mes arguments.
Je lui est proposé les remèdes
Natrum muriaticum, Pulsatilla et Kalium carbonicum qui l'ont assez vite guérie. Classiquement, un
tel tableau évoque une petite complication post-opératoire et donne lieu à une prescription d'antalgiques et de
tranquillisants; on attend alors que les choses se stabilisent sans chercher l'origine réelle des symptômes.
Tel est le regard allopathique habituel. Néanmoins, on le voit, derrière
les symptômes, il y une mémoire et une histoire toujours superbement restituées par le corps qui, lui, sans
cesse, nous invite dans la chambre haute du discernement. Tel est, ou tel devrait être, le regard
homéopathique.
L'asthme de Barbara.
Barbara a 41 ans, divorcée
depuis des lunes, élève seule son fils 16 ans et sa fille 18 ans.
Son ex-mari ne reçoit plus les (page n°89)
enfants, n'appelle pas, ne participe à rien, ne s'occupe de rien. Elle s'est
épuisée en démarches, en procédures, en nuits blanches. Elle n'a plus la force, ni l'envie d'affronter les
conflits. Elle est chagrin, isolée, désespérée. Elle voit ses enfants grandir et sa vie se ralentir.
Je me ratatine dans une vie vide, je
n'entreprends rien, j'étouffe, je n'ai plus de ressources, autour de moi tout
m'invite au renoncement, j'aime un homme qui n'est pas libre, j'ai tant espéré, je dois faire le deuil de cette
relation non vécue, je suis mal au travail, je m'ennuie à la maison, je ne trouve de satisfaction nulle part, tout
est sombre, aride. De plus, depuis cet été je tousse comme une bossue, j'ai
eu froid une nuit dans une caravane humide, ça m'a pris d'un coup, j'ai été
sérieusement secouée, ma respiration est devenue vite très courte, je suis très obstruée, je n'arrive plus à
monter les escaliers.
Je vois, vous êtes doublement
oppressée, physiquement et psychiquement et, c'est le poumon, organe affectif par excellence, qui se trouve
affecté.
Je poursuis l'interrogatoire, je modalise les symptômes, je fais ma prescription homéopathique (Phosphoricum acidum, Calcarea phosphorica)
et je libère la malade avec le sentiment d'avoir compris et bien traité le
cas. Passent quelques jours, la dame téléphone :
J'ai beaucoup de fièvre, je n'arrive
plus à respirer, je tousse continuellement, je crache des choses horribles qui m'étouffent, je ne dors plus, je pressens le pire, je crois que c'est une crise
d'asthme ou une pneumopathie, je suis très inquiète. Que dois-je faire ?
Je propose à Barbara d'aller consulter un pneumologue.
Je regarde la fiche, elle n'est pas
connue asthmatique, je décide de l'envoyer directement chez une pneumologue. Bien m'en a pris,
la collègue m'écrit: "Barbara est porteuse d'un asthme déclaré sur le mode catarrhal essentiellement (avec
toux, expectoration, dyspnée) alors qu'elle était dans une caravane et dont l'origine allergique est possible.
Il n'y a aucun antécédent d'asthmeet Barbara n'avait jamais présenté de
pathologie bronchique jusqu'à ce jour.
L'évolution est manifestement défavorable avec des acutisations de plus
en plus fréquentes, rebelles aux corticoïdes, avec un fond de dyspnée devenant permanent. Malgré le traitement, le bilan fonctionnel respiratoire de ce jour est tout à fait pathologique, etc.". La pneumologue
signale encore ceci: "je suis surprise qu'elle n'ait jamais présenté de symptômes respiratoires jusqu'à ce jour et
je lui demande un bilan à la recherche d'allergies et de maladies inflammatoires auto-immunes".
Suit
un traitement très lourd sur une longue durée. Barbara au fil du temps s'améliore, elle reste sous le contrôle
de la spécialiste: "elle va nettement mieux, sous traitement au long cours,
elle s'est transformée. En fait, elle était quasiment en état de mal asthmatique. Le bilan de ce jour est franchement meilleur, etc." Suivent les
doses de corticoïdes et de la Ventoline@ à poursuivre encore longtemps.
Passent les semaines et Barbaravient au cabinet pour un autre problème, mineur, cette fois. J'en profite
pour revenir sur la pathologie respiratoire,(page n° 90) bien énigmatique du fait que
Barbara en était jusque là indemne
et qu'elle est apparue de façon trop soudaine.
L'entretien se poursuit.
Ça va bien mieux mais je reste fra-ile, il persiste une pointe d'essoufflement, quelques sécrétions et toujours une grande fatigue. Je suis
toujours sous corticoïdes, si je les oublie, les choses empirent.
Oui, l'affection est tenace. Vous
avez été fortement touchée dans la caravane. Cela explique sans doute le caractère soudain et très brutal de
cet asthme qui a bien surpris la spécialiste. N'y a-t-il rien eu de plus cette
nuit là, une querelle, une contrariété, une peur ? Je lui demande de rappeler les faits.
Oui, peut-être une peur, ma maladie vient peut-être d'une horrible peur
dans la caravane. C'était dans la nuit, il était très tard, je ne dormais pas,
j'étais seule. J'ai entendu des cris terrifiants. Ma fille était sortie en boîte
ce soir là. J'ai cru qu'on l'assassinait.
J'étais pétrifiée. Je suis restée longtemps sans voix. Immobile. Puis je
suis allée voir. J'ai aperçu ma fille qui rentrait, j'ai cru que j'allais m'écrouler. Elle m'a parlé et je me suis petit
à petit rassurée. Sans doute me suis-je refroidie aussi, en tout cas le départ
de la maladie se situe là.
Voilà qui change tout. Certes, vous
vous étiez refroidie mais vous étiez surtout transie de peur. Je vais vous proposer Aconit, le remède
exactement indiqué dans ce type de peur soudaine et de refroidissement. Il faut
arrêter les corticoïdes et les autres traitements allopathiques, ne les reprendre qu'en cas d'échec de
l'homéopathie. Si Aconit balaie toute
la pathologie respiratoire, c'est que vous n'êtes ni allergique, ni asthmatique et que l'affection relève effectivement de cette peur (et du refroidissement consécutif).
La confirmation de la guérison est
venue assez vite, Barbara a retrouvé, une respiration libre sans aucun tirage, ni toux.
Pourquoi relater ce cas particulièrement ?
Pour parler de déplacement, non
plus de la maladie, mais du regard du médecin. Au départ, pour l'homéopathe, tout semblait indiquer que la cause était une déception, une oppression et un coup de
froid, toute l'attitude de la malade commandait une aide en rapport avec sa solitude. Barbara amère sur
son parcours aride et sa vie froide a d'emblée et logiquement attribuée l'affection à un coup de froid, pas un
moment elle n'a pensé à une peur.
Et le médecin a été emporté dans la
tourmente, il a suivi la malade, pas un moment il n'a pensé à la peur. Le médecin aurait pu y être conduit à
travers un interrogatoire fouillé, à patir des symptômes du départ, de leur
caractère soudain, de leur violence, de leur aggravation nocturne, etc..., mais il est resté sur la piste que proposait la malade. La question est
donc comment un regard, même averti, peut-il être retenu sur une voie erronée, pourquoi une préoccupation
dominante peut-elle dominer jusqu'à laisser dans l'ombre, parfois très longtemps, voire à jamais, l'étiologie
exacte ?
Page n° 91
La réponse semble simple...
Il s'agit d'un double détournement,
celui de la malade centrée sur elle-même, préoccupée par la morne vie qui est la sienne et non par la nature causale de la maladie, celui du médecin, aspiré dans la morne vie qui est celle de sa malade et non plus par l'empreinte ou l'étiologie réelle de la maladie. Barbara est légitimement occupée par sa détresse, elle en est remplie, elle en déborde, elle n'a plus de place pour penser à autre chose, tout part de son trop plein intérieur
et tout revient là, pas un moment la peur pour la vie de sa fille ne peut supplanter le poids de son affliction personnelle et de sa solitude.
De son côté,
le médecin n'est pas dans la même situation, il est en charge d'un éclairage, il doit se tenir à l'extérieur ou au-dessus de l'affect, il n'a pas à s'égarer
par sensiblerie ou par compassion, il n'a pas à s'alourdir dans le marécage
pathologique, il doit se tenir hors du champ d'observation classique, hors de sa propre épaisseur psychique pour
ne pas attribuer, comme le fait la médecine orthodoxe, la maladie à un trouble physique, il doit entrer dans la transparence s'il veut reconnaître
l'empreinte-mère des affects.
Je parle
là de l'homéopathe, la pneumologue n'est pas en cause, elle est dans son rôle, elle a une lecture d'allopathe, elle
regarde la maladie à travers une physiopathologie classique, à travers un ensemble d'événements physiques (bronchospasmes, inflammations, toux,
infection) qu'elle combat avec des remèdes exactement indiqués par la médecine qu'elle pratique (broncho-dilatateurs, anti-inflammatoires, anti-tussifs, antibiotiques).
L'observation attentive de la spécialiste.
La spécialiste, avec une compétence louable devant l'absence
d'antécédents respiratoires, veut s'engager dans la recherche d'étiologies rares, maladies auto-immunes
ou autres. Elle a tout de suite vu que les caractéristiques cliniques chez Barbara sont inhabituelles, que cela
mérite des investigations plus approfondies. Elle cherche donc à identifier l'étiologie par des moyens plus
approfondis et elle demande un bilan biologique à la recherche d'une trace inhabituelle.
Mais elle n'ira pas plus
loin. En raison de sa formation, elle ne peut imaginer qu'il puisse y avoir
une cause exclusivement immatérielle dans un fait pathologique, ni considérer la voie subtile et encore moins
isoler un vécu individualisable derrière les symptômes, elle reste déportée sur une conception physico-chimique, seule admise par sa doctrine.
Quand bien même ferait-elle cas
d'une origine psychosomatique derrière l'asthme, ce qui est largement admis, la médecine classique ne permet ni de lire l'empreinte causale, ni
de lier les signes mentaux et les symptômes corporels autour d'un même "génie" morbide.
La médecine classique calée sur une conception rationnelle.
La médecine classique n'envisage
le fait pathologique qu'à travers le seul dysfonctionnement corporel et n'accepte que ce qui est
visible, vérifiable, reproductible. Sa ( page n° 92) méthode est celle de la science positiviste, pour elle, les maladies sont des
choses mesurables, quantifiables, ses connaissances vont aux mécanismes objectifs, sa pensée est courbée sur
le corps, sur le plein, sur le lourd, et c'est bien sûr là son écart et ses limites.
En clair, la médecine classique, détournée de ce qui est émané dans la maladie, ignorant la raison d'être d'un affect,
ne s'impliquant pas dans le sens d'une pathologie, regarde le tangible hors de
la vie qui l'anime, hors du sens qui s'y énonce, hors du but vital qui s'y exprime. Ses
critères reposent sur le dense. En termes alchimiques, on pourrait dire qu'elle nie le subtil et se
borne à l'épais.
Tout autre est la démarche homéopathique...
La démarche homéopathique est
basée sur la loi de la similitude :
le remède semblable guérit la
maladie semblable, les symptômes éprouvés par l'individu malade doivent être semblables à ceux éprouvés au
cours de l'expérimentation du remède à prescrire. Sans cette analogie remède/maladie, il n'y a pas d'homéopathie, c'est la loi du tout ou rien, une
condition délicate car la superposition les deux états relève d'une longue enquête. Il faut une connaissance
approfondie de la matière médicale homéopathique, une étude détaillée de chaque cas, une grande rigueur
dans la consultation, de la loyauté vis-à-vis de la doctrine et si possible de
l'expérience, de la pertinence et du feeling. L'homéopathie est une école, une
pratique et un art.
Docteur Moulay Kaici
POUR EN SAVOIR PLUS :
Les lieux de la maladie
"Quand un regard homéopathique livre le secret des localizations pathologiques"
Docteur Moulay Kaici
Editions Iprédis.
MEDECINES
NOUVELLES
B.P. N°
19
14360
Trouville-Sur-Mer
Tél : 02 31 87 58
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